Critiques

IRRESPONSABLE (Critique Saison 1) Drôle de série

4 STARS EXCELLENT

irresponsable affiche

SYNOPSIS: À 31 ans, Julien est loin d’être un adulte responsable : sans emploi, ni argent, il est contraint de retourner vivre chez sa mère, dans sa ville natale. Là, il tombe par hasard sur Marie, son premier grand amour d’adolescent qui avait à l’époque disparu du jour au lendemain, sans explications. Elle lui annonce qu’elle a un fils. Jacques. Il a 15 ans. Et Julien est son père… Une fois le choc passé, Julien se met en tête d’avoir un rôle à jouer dans la vie de Jacques. Mais devenir père n’a rien de facile quand on se comporte soi-même comme un adolescent en crise…

Nouvelle Création originale estampillée OCS Signature, Irresponsable,  produite par Tétra Média Fiction et créée par Frédéric Rosset (ex-étudiant de la FEMIS), débute ce lundi 20 juin à 22h30 sur OCS City et sera disponible en intégralité sur OCS Go. Cette nouvelle série rejoint Lazy Company, In America ou encore France Kbek au rayon des comédies qui réinventent l’humour à la télévision française en proposant des œuvres jusqu’au-boutistes frappées du sceau de l’intelligence et de l’audace ainsi que d’une fraicheur bienvenue. L’espace de liberté offert par OCS et qui permet de faire fi des contraintes qui handicapent trop souvent la fiction française est une opportunité précieuse pour les créateurs, alors que le décalage et l’impertinence sont trop souvent mis à l’index sur les grandes chaines. Si Irresponsable est au départ le portrait d’un trentenaire contraint de retourner vivre chez sa mère et qui va se découvrir un fils de 15 ans qu’il a eu avec sa copine de lycée, ce qui démarre comme un instantané amusant va petit à petit charrier son lot de situations tragi-comiques élevant très nettement le rang de la série et la sortant de son apparente banalité. Car l’écriture de Frédéric Rosset (mais aussi de sa sœur Camille et de Maxime Berthemy) dépasse le constat sociologique que le sujet aurait pu induire, pour se concentrer sur un récit qui ne se perd pas en digressions inutiles et qui véhicule une vraie tendresse pour ses personnages. Il faut noter que le rythme d’Irresponsable ne passe pas uniquement par sa mise en scène (tâche au demeurant parfaitement remplie par Stephen Cafiero (Templeton)) mais notamment par la symbiose entre la réalisation et des  dialogues d’une justesse implacable. Car c’est suffisamment rare pour le souligner, Irresponsable enchaine non seulement les punchlines percutantes mais véhicule aussi un parfum mélancolique et tendre diffusant un vrai pouvoir d’identification et une véritable douceur. La série se réapproprie des codes vus et revus notamment dans les comédies romantiques et autres teens movie, mais elle n’est pas dans l’imitation et propose un vrai ton et un regard neuf lui conférant une véritable identité à l’image de son excellent générique.

irresponsable 1

Il faut malgré tout lui laisser le temps car le premier épisode qui a beaucoup fait parler lors de sa présentation à Séries Mania en 2015 puis dans une nouvelle version en 2016 n’est pas le meilleur, présentant un faux rythme qui peut interpeller. Voilà une série qui doit infuser puis vous prendre dans sa toile, les situations ayant besoin de se distendre sur la durée pour développer tout leur potentiel comique et émotionnel. L’attachement aux personnages est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend devant la série et pour que l’on s’attache il fallait forcément des comédiens qui aient ce pouvoir d’empathie et dans lesquels chacun peut retrouver une part de soi. Et là c’est un carton plein, les quatre acteurs principaux étant parfaitement choisis. Nathalie Cerda, la maman de Julien, est incroyable faisant preuve d’un naturel confondant, sa diction et son ton achevant d’asséner son pouvoir comique. Marie Kauffmann dans le rôle de Marie, l’ex de Julien est elle à la fois douce et déterminée. Si sa beauté gracile nous séduit, elle est bien plus que seulement une jolie jeune femme et  n’ayant pas que des scènes purement comiques à jouer, elle le fait avec une énergie et une grâce du meilleur effet. Théo Fernandez qui joue Jacques l’ado parfois plus responsable et sensé que son père est absolument formidable, tant dans sa nonchalance que dans son tempo. En cela son duo avec Sébastien Chassagne est la grande réussite de la série, leur entente et leur complicité étant totalement palpable et déterminante dans la réussite de l’ensemble. Sébastien Chassagne est lui une incroyable découverte. Non seulement il est drôle mais il ne s’appuie pas que sur le texte, il joue avec son corps et sa gestuelle comme un Pierre Richard des années 2010, capable de faire passer toutes les situations par la gentillesse qui semble l’animer, son côté lunaire ne faisant qu’accentuer notre plaisir à le voir évoluer comme un poisson dans l’eau. Forte de ces nombreux points positifs, Irresponsable est une bien jolie réussite. On se sent bien devant Irresponsable comme avec une série doudou dans laquelle on peut se lover confortablement. C’est ce qui en fait le prix. Certes ce n’est pas une série parfaite, ce n’est pas un ovni totalement novateur, forcément certaines inspirations semblent évidentes (Judd Apatow, Woody Allen…), les enjeux dramatiques mettent un peu de temps à se mettre en place, mais elle fait souffler sur la fiction française un vent de fraicheur tellement agréable qu’on n’a qu’une envie. Vite les retrouver.

Crédits: OCS

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