Critiques

CAÏN (Critique Saison 4) LABEL CAÏN

4 STARS EXCELLENT

cain saison 4

SYNOPSIS: Dans cette quatrième saison, Caïn aura beau jouer de ses deux roues et les faire grincer pour écraser ses adversaires, faire le fanfaron avec son ironie mordante et son humour noir, prétendre être encore cet électron libre qui puise sa vitalité dans les méandres de l’âme humaine et en tirer une forme de jubilation qui alimente ses intuitions, notre héros va devoir enfin lâcher prise et grandir un peu.

Avec son excellente saison 3, Caïn avait passé le cap des séries qui se cherchent et finissent par se trouver une belle maturité. Avec son fil rouge particulièrement retors et bien mené jusqu’à l’issue du huitième épisode, la saison 3 avait convaincu les plus sceptiques et, c’est débarrassé de nos à priori, que nous avons abordé cette nouvelle salve de dix épisodes. Presque un an jour pour jour, soit dès ce vendredi 1er avril à 20h55 sur France 2, on retrouve nos héros et l’on découvre ce qu’il est advenu notamment de Lucie et de Borel que l’on avait laissés dans une posture plus que délicate. La mue de Caïn avait donné une saison 3 haletante en mettant le fils de notre héros dans de beaux draps, mais les nouvelles arches narratives développées par Bertrand Arthuys  et Claude Scasso renouvellent les intrigues et rebattent également les cartes d’un jeu qui se brouille pour mieux avancer ses pions jusqu’à la fin et nous laisser à nouveau sur un cliffhanger de haut vol qui, s’il nous frustre violemment comme c’est le jeu, nous donne aussi l’irrésistible envie de découvrir la suite. Les intrigues de cette nouvelle saison montent d’un cran dans l’épaisseur dramatique et la perspective qu’elles ouvrent pour en découvrir plus sur les relations de Lucie et Caïn. A la fois tortueuses et barrées les histoires extrêmement bien écrites et mises en images sont cette saison le centre névralgique de la série et si le nouveau fil rouge qui dévide le fil de sa bobine n’est pas moins passionnant que la saison passée il s’éloigne de l’intime et du cadre très précis de la saison 3. La relation entre Caïn et Lucie prend un nouveau tournant où ils se retrouvent enfin d’égal à égal, en dehors de leur relation hiérarchique, ce qui permet aux personnages de densifier leur caractérisation et de dépasser leur fonction tout en dévoilant leurs failles et ainsi de permettre de creuser leur intimité et leurs zones d’ombre. Cette relation qui les dépasse permet des moments savoureux et alors que le jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes se développe de manière croissante, les épreuves qu’ils vont traverser lors de leurs nouvelles enquêtes vont les aider à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, donnant une dimension supplémentaire à la tension dramatico-comique qui les lie.

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Si en saison 3 Caïn se trouvait malmené par procuration à travers les épreuves subies par son fils, c’est cette fois lui (tout autant que Lucie) qui morfle physiquement et moralement. Le personnage de Caïn finit par s’émanciper totalement des inspirations que l’on soupçonnait au début de la série. Si la confrontation avec les suspects peut continuer d’évoquer quelque peu les passes d’arme de Columbo avec ceux qu’il traquait, le côté House et L’homme de fer s’estompe complètement. Caïn est dans l’action et n’est jamais passif même s’il subit parfois les situations. Son humour mordant, son appétit pour les bons mots et son sens de l’à-propos, Bruno Debrandt les manient avec virtuosité, se permettant même d’ajouter de nouvelles nuances à son jeu et de laisser poindre encore plus d’émotion. Le comédien se délecte, cela se ressent, des joutes verbales savoureuses qu’il livre aux guests de cette saison. Des guests avec des personnages forts et qui ne servent jamais de faire valoir aux vedettes de la série, mais qui ne prennent jamais le pas sur eux non plus, tout le monde permettant le maintien de ce savant dosage. Que ce soit face à Bruno Wolkowitch ou Gérard Desarthe dans le premier épisode ou ensuite Thierry Godard,  Guillaume Cramoisan, Sophie-Charlotte Husson, Quentin Baillot, Sébastien Lalanne, Florence Pernel, Nicolas Grandhomme, Gwendoline Hamon ou Stéphan Wojtowicz, Caïn a du fil à retordre avec ses adversaires et le plaisir et la jubilation de Bruno Debrandt sont contagieux pour le téléspectateur. Par ailleurs, une nouvelle relation qu’il va nouer dans cette saison va mettre à mal ses sentiments pour Lucie qui commençaient pourtant à se développer. Julie Delarme (Lucie) est dans la continuité de la saison précédente et notamment dans le double épisode Infiltrée elle nourrit son personnage avec une palette d’émotions très étendue où elle explore aussi son versant sexy, dévoilant une sensualité renversante et un aplomb de plus en plus affirmé qui augurent du meilleur pour la suite. Quand à Frédéric Pellegeay (Moretti) et Mourad Boudaoud (Borel) s’ils sont toujours essentiels au bon déroulement des affaires, leur présence est quelque peu éclipsée par rapport à la saison 3 et c’est l’un des griefs qui peut être porté à l’encontre de ces nouveaux épisodes car même si la série reste imparfaite, ses qualités intrinsèques n’en finissent pas de transpirer. Paradoxalement cette saison 4 est encore plus surprenante et maîtrisée que la 3, plaçant définitivement Caïn comme l’une des marques pérennes et identifiées de la fiction française sur France 2. On en attend la saison 5 qu’avec encore plus d’impatience.

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Crédits: France 2

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