Critiques Cinéma

HIGH-RISE (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

high rise affiche

SYNOPSIS: 1975. Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix… Bientôt, il se prend à leur jeu. Et alors qu’il se démène pour faire respecter sa position sociale; ses bonnes manières et sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l’immeuble : les éclairages et l’ascenseur ne fonctionnent plus mais la fête continue! L’alcool est devenu la première monnaie d’échange et le sexe la panacée. Ce n’est que bien plus tard que le Dr Laing, assis sur son balcon en train de faire rôtir le chien de l’architecte du 40ème étage, se sent enfin chez lui. 

Le Dr Robert Laing, fuyant un drame de son passé emménage dans un nouvel appartement d’un gigantesque édifice expérimental. Les occupants issus de toutes classes sociales se divisent selon leur rang, les plus populaires vivent dans les étages les plus bas là ou les plus aisés occupent des appartements luxueux aux étages supérieurs.Il fait la rencontre de voisins comme Richard et Helen Wilder (Luke Evans et Elisabeth Moss), la libre et fougueuse Charlotte Melville (Sienna Miller) et même l’architecte du projet Anthony Royal (Jeremy Irons). Mais la vie dans le gratte-ciel commence à se dégrader avec l’état de l’immeuble : des pannes de courant mineures et des petites querelles entre voisins dégénèrent en une orgie de violence. Il ne faut pas longtemps aux occupants, qui se coupent peu à peu du monde extérieur pour abandonner toutes contraintes sociales, et céder à leurs pulsions les plus primaires. Laing va devoir lutter pour conserver sa dignité et sa santé mentale. High-Rise est adapté du roman éponyme de J.G Ballard (Crash ,Empire du Soleil), où il décrit la façon dont l’urbanisme et les progrès de la technologie pourraient déformer l’esprit humain de manière inattendue et s’inspire comme beaucoup de ses livres de son expérience enfant dans un camp de prisonniers japonais . Publié en 1975 le roman est futuriste mais Wheatley et son producteur Jeremy Thomas (Crash, Le Dernier Empereur) décident d’en situer son adaptation dans les années 70 lui conférant un air rétro-futuriste.

high rise 1

Dès les premières minutes, avec cette esthétique 70’s, le ton étrange, les thèmes inquiétants de Clint Mansell (compositeur de Darren Aronofsky que Wheatley a contacté via Twitter) et bien sûr le mélange de sexe et de violence, ce choix fait penser à l’Orange Mécanique de Stanley Kubrick. High-Rise comme le film de Kubrick va beaucoup diviser. Il entre dans la longue tradition d’un surréalisme absurde et cruel propre a l’esprit anglais qu’on retrouve aussi dans les séries comme Le prisonnier ou au cinéma de Kubrick à Terry Gilliam en passant par John Boorman ou Nicolas Roeg, ce dernier ayant failli adapter le livre dès les années 70 avec le même producteur. Quand le film bascule dans une hystérie orgiaque et musicale on pense inévitablement au cinéma de Ken Russell, le look de Luke Evans évoquant d’ailleurs Oliver Reed acteur fétiche du cinéaste. Cette descente anarchique vers l’absurde nous perd parfois mais le film à le mérite d’avoir des thématiques claires qui nous servent de fils d’Ariane au milieu du chaos. Si il se refuse a livrer une interprétation à son film Ben Wheatley nous en donne une clé avec un extrait sonore d’un discours de Margaret Thatcher qui accompagne les dernières images du film et nous éclaire sur la nature du mal qui a saisi les habitants du High-Rise. Le tableau « Le Sabbat des sorcières » de Goya figure en bonne place dans le film et Thatcher incarne pour le réalisateur une sorcière qui a libéré une idéologie qui fera basculer la société libérale et progressiste de l’après guerre vers l’horreur économique des années 80 dont nous ne sommes toujours pas sortis aujourd’hui. Le monde de 1975 avec sa crise économique, sociale et climatique semble être le reflet de la notre.

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Le casting assemblé par Wheatley, mené par un excellent Tom Hiddelston qui voit son humanité s’effriter et un Luke Evans déchaîné, contribue à ancrer le film dans une réalité émotionnelle. Plaisir aussi de retrouver Jeremy Irons dans un rôle ambigu comme il les aime. Wheatley travaille avec la même directrice de la photographie Laurie Rose mais la photographie riche et sophistiquée tranche avec celle de leurs premiers films. La direction artistique de Mark Tildesley rend aussi bien la froideur de l’architecture brutaliste que le chaos du retour à l’état sauvage. La musique joue un grand rôle dans le film en particulier une reprise déchirante du tube d’Abba SOS par Portishead (que Wheatley a contacté via twitter comme Mansell). Délicat de se faire un avis sur un film aussi particulier qu’High-Rise mais la qualité de son interprétation et sa direction artistique en font une expérience à tenter.

high rise affiche

Titre Original: HIGH-RISE

Réalisé par: Ben Wheatley

Casting : Tom Hiddelston, Sienna Miller, Elisabeth Moss,

Luke Evans, Jeremy Irons, James Purefoy…

Genre: Drame, Science Fiction

Sortie le: 06 avril 2016

Distribué par: The Jokers / Le Pacte

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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