Critiques Cinéma

AGENTS TRES SPECIAUX – CODE U.N.C.L.E (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

AGENTS TRES SPECIAUX

SYNOPSIS: Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. retrace l’histoire de l’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire. 

L’adaptation de la série Man from U.N.C.L.E (Des agents très spéciaux) est un serpent de mer à Hollywood et c’est finalement à la paire gagnante de Sherlock Holmes les anglais Guy Ritchie (Snatch) et son producteur co-scénariste Lionel Wigram que la Warner confie le soin de porter à l’écran les aventures de Napoléon Solo et d’Illya Kuryakin. Leur traitement de la guerre froide est il aussi réussi que celui qu’ils ont apportés à l’époque victorienne ?

La résurgence récente de l‘espionnage cinématographique (Kingsman, Mission: Impossible, Bond) a ranimé le projet d’adaptation de la série  Man from U.N.C.L.E (Des agents trés spéciaux en VF).  La série étant elle même née en pleine folie de l’espionnage qui a fait suite au triomphe des James Bond dans les années soixante (pour l’anecdote c’est le créateur de Bond Ian Fleming lui-même qui concevra l’ébauche de la série et créera son héros Napoléon Solo). La tentative la plus avancée fut une adaptation par l’équipe de Contagion et Effets Secondaires Steven Soderbergh et son scénariste Scott Z. Burns qui aurait mis en vedette George Clooney avec pour parti pris d’en situer l’action à l’époque de la guerre froide sans moderniser le propos. Au final le tandem Guy Ritchie / Lionel Wigram conserve l’idée de Soderbergh alors que la Warner avait été réticente à l’époque, sans doute le succès de leur vision moderne de l’époque victorienne dans les Sherlock Holmes a convaincu la major qu’ils pourraient en faire de même avec les swinging sixties. Pourtant leur approche est assez différente de celle adoptée sur les deux aventures du détective de Baker Street ou ils misaient sur un traitement basé sur l’action pour le plus cérébral des détectives alors qu’ils s’en détournent ici pour privilégier le style et l’ambiance.

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En se présentant comme une prequelle de la série, le film s’affranchit d’une adaptation où l’on retrouve certes les personnages (Solo, Kuryakin et Waverly) mais dans une dynamique différente et pour tout dire il n’y a même pas d’ U.N.C.L.E.  Le personnage de Napoléon Solo (Henry Cavill) dans le film est un profiteur de guerre qui doit  travailler pour la CIA pour échapper à la prison et Illya Kuryakin (Armie Hammer) est un surhomme du KGB hanté par son passé et tourmenté par des pulsions violentes. L’intrigue voit les deux rivaux contraints d’unir leur force pour retrouver un physicien  avant que celui-ci ne construise un engin nucléaire pour une mystérieuse organisation néo-nazie. Ils vont utiliser pour cela de la fille du savant Gaby (Alicia Vikander). S’ouvrant de l’autre coté du rideau de fer dans Berlin-Est le film s’installe ensuite durablement dans le Rome de la Dolce Vita ou Guy Ritchie donne libre court à son fétichisme des années soixante qu’il recrée dans ses moindres détails objets, vêtements et bien sur visuellement. Que ce soit la photographie Kodachrome-esque de John Mathieson (déjà habitué au rétro sur X-Men First Class) ou des transitions géométriques à la Mondrian et de nombreux effets de split-screen  tout colle parfaitement au style de l’époque. Ritchie se désintéresse des scènes d’action au profit de l’humour et des gags visuels ainsi  une des séquences d’action majeure se déroule quasiment en fond alors qu’au premier plan un personnage s’offre un moment de relaxation hédoniste. Cette séquence est une véritable métaphore de l’attitude du réalisateur décidé lui-aussi à prendre du bon temps plutôt que de céder à la pression d’un blockbuster. Au final de  manière étonnante quand on considère les deux cinéastes, la version Guy Ritchie ne semble pas si éloignée de ce qu’en aurait sans doute fait Steven Soderbergh.

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Henry Cavill  (un peu engoncé dans ses costumes pour cause de proximité du tournage avec celui de Batman v Superman) excelle en espion suave si imperturbable qu’il reste flegmatique même quand il succombe à des tranquillisants. Armie Hammer s’amuse en jouant du tempérament explosif de son personnage souvent contraint de se contenir. Le film utilise parfaitement son physique et le contraste avec celui d’Alicia Virkander qui joue à fond la It-girl agaçante. Le trio de comédiens, bons individuellement, semble avoir un peu de mal à s’accorder. La méchante incarnée par la svelte et blonde  australienne Elizabeth Debicki, qui fait de son personnage une sorte de Marisa Berenson maléfique très réussie. Une mention toute particulière enfin au travail énorme du compositeur Daniel Pemberton dont le score rétro cite Roberta Flack, le crooner italien Peppino Gagliardi et bien sur le grand Ennio Morricone quand il bascule soudainement dans un son de film d’horreur italien. Il donne au film une texture sonore digne des films de Tarantino ! En conclusion : Définitivement plus de style que de substance dans ce Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E tant Guy Ritchie se laisse emporter par son fétichisme sixties! Mais quel style!

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Le film est disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 3 février 2016

DÉTAIL DES SUPPLÉMENTS:

Les gars de U.N.C.L.E : Jetez un œil dans les coulisses du film pour découvrir un making-of plein de style!

Vue d’espion : Recréer les années 60 La musique, les vêtements, le design, les voitures… les années 60 ont toujours été l’époque la plus cool

Plus : Une classe supérieure de héros

Les motos Métisse: Classes et très british

Un homme aux talents extraordinaires

U.N.C.L.E : espion sur le plateau

AGENTS TRES SPECIAUX

Titre Original: THE MAN FROM U.N.C.L.E

Réalisé par:  Guy Ritchie

Casting : Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander,

Elizabeth Debicki, Hugh Grant, Jared Harris …

Genre: Espionnage, Action, Comédie

Sortie le: 16 septembre 2015

Distribué par: Warner Bros. France

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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