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Le Top 10 Ciné 2015 de Joël Crest

1 STAR WARS EPISODE VII : LE REVEIL DE LA FORCE

On l’attendait : 32 ans après la sortie de l’épisode 6 (Le retour du Jedi), c’est J.J. Abrams qui prend les commandes de l’épisode 7 de la saga Star Wars, épaulé au scénario par Lawrence Kasdan, déjà scénariste de L’empire contre-attaque et des Aventuriers de l’arche perdue. Et c’est dans une chronologie débarrassée de l’Univers étendu (ou presque puisque l’action prend place 30 ans après la bataille de Jakku dont les vestiges jonchent encore la planète) que J.J. nous en met plein les mirettes, abusant du fan-service vous diront les esprits chagrins, à quoi je leur réponds : oui et c’est ça qui est bon !

2 MAD MAX FURY ROAD

Ainsi donc George Miller a pris son temps et la planète cinéma se prosterne désormais à ses pieds : non seulement le bougre nous livre un film d’action de belle facture, mais il réussit la prouesse de mettre en scène un film comme on n’en espérait plus : lisibilité des scènes d’actions, personnages féminins forts, scénario en béton. On suit ce fou de Max et sa clique tout au long d’un road movie qui file à grande vitesse d’un point A à un point B … et retour ! A voir cet objet filmique si original dans un paysage cinématographique aseptisé, on en oublierait presque qu’il s’agit du quatrième opus d’une saga quasi quadragénaire (et vous l’avouerez, ça fait beaucoup de mots en « qua » dans une même phrase !)

3 HITCHCOCK/TRUFFAUT

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C’est LE livre que tout cinéphile se doit de posséder. En 1966, François Truffaut rencontre le maître Hitchcock. Autour de la table, les deux hommes, une traductrice, un magnétophone et c’est à peu près tout. Pendant une semaine, Truffaut va passer en revue l’œuvre de Sir Alfred film par film. Le réalisateur Kent Jones a bâti le documentaire éponyme à partir des archives sonores de ces fameux entretiens. Il en résulte un film de 1h20, présenté au Festival de Cannes en 2015, puis diffusé sur Arte la même année. Jones croise le point de vue des deux cinéastes avec celui de réalisateurs contemporains : Wes Anderson, David Fincher, Martin Scorsese, Paul Schrader, Richard Linklater, Kiyoshi Kurosawa, James Gray, Arnaud Desplechin, Olivier Assayas, Peter Bogdanovitch et Mathieu Amalric. Rien que ça ! Les images issues de l’œuvre du grand Hitch illustrant ces entretiens ne nous ont jamais parues aussi modernes.

4  IT FOLLOWS

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Sous des allures de film indépendant parlant des tourments de l’adolescence et des ravages du sida (qui a dit « sous-texte » ?), le premier choc de 2015 reste dans toutes les mémoires. Prenez une bande de jeunes gens trainant leur vague-à-l’âme dans un monde où les adultes semblent étrangement absents. Laissez mijoter cette ambiance glauquissime jusqu’à attirer à vous les critiques élogieuses des journalistes branchés. Et là, sans prévenir, collez à cette sordide histoire un élément d’horreur sous la forme d’une entité dégueulasse prenant la forme dépenaillée du premier venu et vous suivant au ralenti partout où vous allez. Pour sa deuxième réalisation, David Robert Mitchell nous fait flipper avec une peur que chacun d’entre nous a déjà ressenti (ne niez pas, je le sais).

5  KINGSMAN : SERVICES SECRETS

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De film en film, Matthew Vaughn creuse avec obstination le même sillon nous montrant le passage à l’âge dit « adulte » d’une génération plus ou moins perdue. Après l’apprentissage trash de Kick Ass et l’initiation beaucoup plus soft des jeunes X-Men au sein de l’Académie du Professeur Xavier dans X-Men : Le commencement, Kingsman clôt (momentanément ?) sa trilogie initiatique. C’est au tour de Colin Firth, agent spécial so british et habillé sur mesure, d’orchestrer le rite de passage que vont subir de jeunes anglais triés sur le volet afin d’en faire des machines à tuer. Toujours aussi cash dans sa façon de filmer l’action (du sang, beaucoup de sang), Vaughn ne recule devant aucune provocation, battant même le maître Tarantino à celui qui versera le plus grand volume de sang dans une même scène, celle du carnage de l’église.

6 CRIMSON PEAK

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Ce n’est pas Le Labyrinthe de Pan mais ça s’en approche furieusement. Après un Pacific Rim moins intimement lié à l’univers de Guillermo Del Toro, le réalisateur mexicain nous revient avec un conte d’horreur baroque à sa (dé)mesure. Après une première partie respectant les codes du film d’époque dans les moindres détails, Guillermo Del Toro nous fait basculer dans son univers, entre les murs d’une vieille demeure isolée au cœur de l’Angleterre du début du XXième siècle. Crimson Peak n’est pas une histoire de fantômes mais bien une histoire AVEC des fantômes. Et on lui pardonne 2 ou 3 effets numériques imparfaits, tant l’interprétation et les décors sont immersifs.

7  JURASSIC WORLD

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– Hey ! Si on confiait à Colin Treverow la réalisation du premier volet d’une nouvelle trilogie ?
– Ok Steven, mais à condition qu’on lui confie aussi le dernier volet d’une autre trilogie.
C’est donc ce cher Colin qui hérite à la fois de Jurassic World et du futur Star Wars 9. Pour ce qui est du monde des dinosaures, il s’en sort très honorablement, renvoyant l’univers de Jurassic Park sur Isla Nublar, la toute première île que nous avions découverts dans le premier opus de la saga. On ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle avec Star Wars 7 : les fans y trouvent leur compte, les nouveaux venus bénéficient d’un spectacle grandiose et le final fait ressurgir de vieilles connaissances (mais non, je n’ai pas spoilé !) Le cahier des charges de la saga est respecté à la lettre. Toutefois, le réalisateur y apporte un soupçon de film catastrophe, puisque le fameux parc est maintenant ouvert au public sur Isla Nublar (car le nouveau propriétaire a dépensé sans compter. A croire qu’il n’a vraiment rien compris aux autres films !)

8 LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT

le tout nouveau testament top joel

On avait plus ou moins perdu la trace de Jaco Van Dormael depuis Le Huitième jour. Certains, dont je fais partie, diront même que sa dernière fulgurance datait de Toto Le Héros (1991), ce qui ne nous rajeunit pas. Le réalisateur belge nous revient cette année avec un pitch dont on pensait avoir fait le tour au bout de la bande annonce : Dieu est belge et il vit à Bruxelles. On pouvait s’attendre à un show à la gloire de Benoît Poelvoorde, l’interprète d’un Dieu affreux, sale et méchant, délaissant sa femme et battant sa fille. C’est finalement la rayonnante Pili Groyne (Ea, fille de Dieu et sœur de J.C.) et Yolande Moreau (Madame Dieu, divine jusqu’au bout du tuyau de son aspirateur) qui portent le film sur leurs épaules, accompagnées d’une poignée de nouveaux apôtres.

9 THE VOICES

The Voices cover

Pouvait-on s’attendre à une œuvre aussi singulière de la part de la réalisatrice de Persepolis ? Assurément pas. Réalisé par Marjane Satrapi, The Voices raconte l’histoire de Jerry, employé d’une fabrique de baignoires, dont la vie va basculer alors qu’il lutte entre une psychothérapeute, qui tente de sauver ce qui lui reste d’esprit, et des animaux domestiques pour le moins inquiétants. Voir Ryan Reynolds, Mister Nice Guy, incarner un détraqué schizophrène, au point de faire passer Dexter pour un amateur, est extrêmement jouissif. On suit The Voices sans en perdre une miette, tout au long de cette escalade de l’horreur menant à un final pour le moins inattendu. Et puis on a tous rêvé un jour de torturer Gemma Arterton et Anna Kendrick, non ?

10 BIRDMAN

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Prodige technique mais pas que, Birdman est le film du malaise, celui qu’on ressent en découvrant dès la première scène, un Michael Keaton en slip et en lévitation (comme quoi l’un n’empêche pas l’autre !) dans une sordide loge de théâtre. Et c’est cet acteur déchu (pas Keaton mais le personnage qu’il interprète) que nous allons suivre, à tous les sens du terme, au cours d’un vertigineux plan séquence de 1h59 ! Bavard, théâtral, fantastique, dérangeant, Birdman est l’œuvre d’Alejandro González Iñárritu, maîtrisant à merveille le film choral. Il se délecte ici des contre-emplois donnés à Zach Galifianakis, Edward Norton et Naomi Watts. Quand à Emma Stone, elle restera à tous jamais associée dans la mémoire du spectateur à la « thérapie du papier toilette ».

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