Critiques Cinéma

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN (Critique)

5 STARS CHEF D'OEUVRE

il faut sauver le soldat ryan

SYNOPSIS: Alors que les forces alliées débarquent à Omaha Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes ennemies pour une mission particulièrement dangereuse : trouver et ramener sain et sauf le simple soldat James Ryan, dont les trois frères sont morts au combat en l’espace de trois jours. Pendant que l’escouade progresse en territoire ennemi, les hommes de Miller se posent des questions. Faut-il risquer la vie de huit hommes pour en sauver un seul ?

Steven Spielberg. Tom Hanks. Si les deux avaient déjà commencé à se tourner autour (Spielberg ayant produit Une Baraque à tout casser et Joe Contre Le Volcan, Hanks fricotant avec toute la joyeuse bande à Spielberg), il n’aura pas fallu patienter si longtemps avant que ces monstres de cinéma ne finissent par croiser leurs talents de conteur. A quelques semaines de la sortie du Pont des Espions, il est l’heure de revenir sur cette grande collaboration aussi généreuse qu’évidente. Commençons par le début. Nous sommes en 1998, l’acteur passé chez Demme, Zemeckis, Howard et Lasseter dispose déjà d’un CV assez glorieux doublé d’une bankabilité à toute épreuve. Pendant ce temps, la carrière de Spielberg opère un sérieux virage quand La Liste De Schindler et Amistad sortent sur les écrans et apportent un changement de ton à la filmo du vendeur de pop-corn. N’abandonnant pas pour autant son statut de « king of entertainment » (les raptors de Jurassic Park peuvent en témoigner), lui vient maintenant l’envie d’aborder des sujets plus graves. C’est dans ce contexte qu’il s’attaquera alors au second conflit mondial dans Il Faut Sauver Le Soldat Ryan. Jusque-là, Spielberg avait maintes fois évoqué cette période, soit de manière détournée (les nazis des Aventuriers de l’Arche Perdue ou de La Dernière Croisade, le monologue de Robert Shaw dans Jaws) soit de manière corollaire (le sort de l’enfant dans Empire du Soleil, les camps d’extermination dans Schindler). Ici, il installe sa caméra pour la première fois dans le quotidien des soldats du front en tranchant radicalement avec la vision comique de 1941. En prenant pour point de départ le décisif débarquement allié de Normandie, il nous transporte manu militari dans l’enfer du combat et prend soin de ne nous épargner aucun détail : la pluie, les tremblements, le sang, le sable, la peur, les balles qui fusent, les explosions, les blessés qui agonisent. A peine quelques secondes et la vocation de la scène d’ouverture est déjà accomplie, tenter de donner une idée de l’épreuve du combat, à travers un réalisme presque insoutenable et une violence sans limite. Un obus qui tombe, un réflexe défaillant, une balle perdue qui ricoche au mauvais endroit, toute la prouesse de la mise en scène réside bien dans la mise en image du caractère si aléatoire de la vie dans une situation où tout peut basculer d’un moment à l’autre. Où le vivant est si incertain, tremblant comme les mains du capitaine Miller et où il y a moins affaire de vie que de survie. La vie, voilà d’ailleurs tout l’objet de la mission de l’escouade et accessoirement celle de toute la carrière de Spielberg : souligner la valeur inestimable de la vie.

il faut sauver le soldat ryan 1

Rappelons le pitch, une mère vient de perdre simultanément 3 de ses fils au combat. Tout part de la prise de conscience passagère d’un être humain (la dactylographe chargé de taper les avis de décès), après laquelle on décidera de tout faire pour préserver l’existence du dernier fils, James Ryan (Matt Damon), et le ramener chez lui. Une certaine idée qui fait écho aux tout frais La Liste de Schindler, Amistad mais également Jurassic Park. Voilà l’intention du cinéaste : au milieu du chaos, filmer la lutte d’êtres vivants mettant tout en œuvre pour faire triompher la vie et échapper à tout contrôle et idéologie étouffante. « La vie trouve toujours son chemin » prévenait le professeur Malcolm. Viennent ensuite les questionnements : pourquoi risquer la perte de plusieurs hommes pour en épargner un ? Comment conserver son humanité ? Déjà rendus fantômes par la photo de Janusz Kaminski, ces personnages expédiés dans le mal de la guerre et chacun servis par une interprétation troublante de justesse, sont confrontés à des dilemmes durement humains. De Barry Pepper (le sniper évangéliste) à Giovanni Ribisi en passant par Jeremy Davies et Tom Sizemore, aucun n’est ignoré par la profondeur de l’écriture et tous ont droit à une caractérisation personnelle et complexe. Loin d’être empreints d’une vision lisse et glamour, les relations entre soldats ne sont plus faites d’une entente toute fraternelle mais bien de conflits entre convictions individuelles et légitimes. Entouré d’une aura mystérieuse, la fonction du capitaine Miller, interprété par un Tom Hanks fragile et bouleversant, sera de guider ses hommes vers le salut et d’assumer un rôle de père pour eux (autre motif propre à Spielberg). Par sa réalisation forte en immersion, son imagerie effrayante et privée de couleurs et la vulnérabilité de ses personnages, le souci de Steven Spielberg n’est pas seulement de donner une leçon d’Histoire, mais aussi de donner une leçon d’humanisme essentielle et nécessaire. Pour le soldat Ryan en pèlerinage, comme pour nous, il s’agit d’un devoir de mémoire, de reconnaissance et de surtout de mériter ce mode de vie qui est devenu le nôtre grâce à tous ces sacrifices faits au service de la liberté. Une œuvre importante à ne pas oublier et une référence du genre, tout simplement.

il faut sauver le soldat ryan

Titre Original: SAVING PRIVATE RYAN

Réalisé par: Steven Spielberg

Casting : Tom Hanks, Matt Damon, Edward Burns,

Tom Sizemore, Barry Pepper, Giovanni Ribisi  …

Genre: Guerre, Drame

Sortie le: 30 Septembre 1998

Distribué par: United International Pictures (UIP

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