Critiques Cinéma

HUNGER GAMES – LA REVOLTE : PARTIE 2 (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

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SYNOPSIS: Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

Nous y voilà. Trois ans après la sortie du tout premier Hunger Games la trilogie, étirée en quadrilogie à l’écran pour satisfaire l’appétit vénal des studios (à l’instar des bankables Harry Potter et Twilight), connaît enfin sa conclusion. Katniss, la fille du feu, le geai moqueur symbole de la rébellion, aura enduré mille souffrances et autant de pertes pour arriver à ce moment clé entre tous : l’ultime confrontation avec le président Snow, leader du Capitole, dictateur sous la coupe duquel tremble tout Panem. Fin de partie, les jeux sont faits. Et le tout premier constat que l’on peut faire, c’est que scinder le dernier tome de Suzanne Collins en deux parties était une mauvaise, une très mauvaise idée. Alors, certes, on a sous les yeux la copie carbone – ou peu s’en faut – du roman, avec un matériau ultra fidèle au bouquin malgré quelques inévitables coupes, puisque très soigneusement adapté pour le grand écran par Collins elle-même (Danny Strong l’y a un tout petit peu aidé). Sauf que La Révolte, partie 1 a fait beaucoup de tort à l’ensemble de la saga. A vouloir trop étirer la confiote sur une tartine ultra longue, les problèmes de rythme se font très vite ressentir, et le manque de souffle se fait même pesant par moments. Il faut savoir que le tome 3 est en rupture totale avec les deux précédents avec, du même coup, un contenu plus dense, plus consistant et donc, plus ambitieux à mettre en scène. Mais entre un film quali de 2h45 mettons, et deux films de 2h03 et 2h17 qui n’arrivent clairement pas à pallier à leurs lacunes scénaristiques « histoire de faire durer le plaisir », il y a un grand écart qui ne fait pas du bien. On se retrouve donc, après un prologue plutôt tiédasse à la conclusion, avec un épilogue qui tient bon la barre, mais pas toutes ses promesses.

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On assiste là à un final très sombre, extrêmement désenchanté, mettant en scène des personnages qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes ; des résidus d’êtres humains, brisés par un système retors qui se gargarise de son pouvoir quasi absolu sur la nation. Si ce sont d’archaïques jeux du cirque qui ont mis le feu aux poudres, et si c’est l’un de ces gladiateurs modernes élus au rang de martyrs qui a su allumer la mèche de la révolte, c’est bien d’une guerre et de soldats dont il s’agit désormais. Et l’indépendance se conquiert âprement. Si les Hunger Games reposaient sur un divertissement malsain en proposant des olympiades « choc » relayées sur tous les écrans de la nation prise en otage par cette célébration sanguinaire, les caméras qui suivent les rebelles lors de cette révolution font désormais propagande de la rudesse du combat, de sa cruelle réalité, en passant sous silence les « pertes nécessaires » et autres manœuvres politiques perverses dont on peut accuser les deux camps. Pas d’autre idéologie ici que celle de la liberté, à tout prix, mais la stratégie pour l’emporter reste rebutante. C’est le fil rouge de la saga de Collins : donner à réfléchir aux teenagers sur l’ignominie, qu’elle passe par les manipulations médiatiques promptes à malmener la pensée de chacun, par le visage patriarcal d’un despote en puissance ou par les promesses d’opposants prétendument meilleurs, usant de procédés tout aussi immoraux que ceux qu’ils prétendent supplanter. Je n’ai plus quinze ans, bien sûr, mais je pense que sur ce point elle s’en sort plutôt bien. Faire réfléchir. Difficile de ne pas mettre les rouages de son cerveau en marche après avoir digéré l’ensemble de l’œuvre, qui se veut un pamphlet sous-jacent et vigoureux de la lutte contre l’oppression, quelque forme qu’elle puisse prendre. Et même si l’on reste dans le domaine de la dystopie adolescente (mélange de S.F., romance & cie) celle-ci se révèle suffisamment consistante pour s’occuper l’esprit un temps raisonnablement long, n’en déplaise aux esprits chagrins. On est quand même à des années lumières de la bluette concon noyée sous de l’action gratis et enrobée d’une morale à deux ronds. Le récit se tient et, à l’instar de la version papier, le film aussi. Moins bien, cependant.

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Évidemment, il y aura deux écoles : ceux qui ont lu, et ceux qui n’ont fait que voir. Pour les premiers, quelques (menues) déceptions seront, hélas, inévitables. Avec, notamment, la sous-exploitation frustrante des seconds rôles, dont certains sont pour le coup trop secondaires. Je pense à Haymitch bien entendu (Woody Harrelson), mais aussi à Beetee (Jeffrey Wright), Primrose (Willow Shields), Finnick (Sam Claflin) et, plus grave encore, à Peeta (Josh Hutcherson). Autant de personnages pourtant essentiels à la mise en place de l’échiquier final. Trop centré sur Katniss (Jennifer Lawrence), le film perd en force ce qu’il aurait gagné en points de vue contrastés en rééquilibrant le temps de présence de chacun, même si la focalisation se justifie par le point de vue exclusif concédé à l’héroïne, narratrice des bouquins. De même, trop de détails passés en revue « à la va-vite », comme cochés à la hâte sur une check-list qui veut tout caser à l’écran. Les morts, nombreuses, sont traitées trop vite, trop succinctement pour générer une vraie empathie. On n’a, en vérité, le temps de rien, et surtout pas de dire adieu. Tout va, ironiquement pour un film de cette longueur, trop vite. Cela peut passer aussi pour un parti pris en accord avec la vision très sombre et réaliste du conflit : les pertes se succèdent, mais le combat continue inlassablement, sans laisser à ceux qui restent le temps de pleurer leurs morts. On retiendra que tout ce qui a trait à la conquête du Capitole et aux dilemmes de guerre est parfaitement dans le ton, malgré l’environnement particulier dans lequel les événements se déroulent : les concepteurs des jeux ont œuvré à transformer la capitale en une gigantesque et meurtrière arène, dans une ultime bravade aux rebelles. Ce qui nous vaut pas mal d’excellentes scènes d’action, très intenses (mais que dessert une 3D de chiotte), avec notamment une séquence sous très haute tension qui se moque des codes du genre dans un petit jeu de patience retors. Malgré cela, et toujours à imputer aux soucis de rythme engendrés par la scission du dernier volet, on notera un décalage assez fort avec la bande-annonce qui annonçait du très lourd, quand on se retrouve au final avec un film plus modéré dans ses effets.

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Là où ça pèche très franchement, c’est au niveau de la romance contrariée (et contrariante) dont les protagonistes principaux font l’objet depuis le tout premier film. Il s’agit moins du soi-disant triangle amoureux avec Gale (Liam Hemsworth) que de l’attachement particulier, à la fois fragile et tenace, entre les deux vainqueurs des 74ème Hunger Games, fortement chahuté par les viles manœuvres du madré président Snow. Si le précédent volet, partiellement dispensable, servait essentiellement, en marge de l’organisation de la rébellion, à étoffer la relation singulière entre Katniss et Peeta, dans ce dernier acte où elle aurait dû exprimer toute son amère complexité, elle se révèle un handicap plutôt qu’un leitmotiv dans la résolution du conflit, et se trouve extrêmement mal adjuvée au reste. Les « beaux » moments, ceux qui sont censés nous faire battre le cœur ou nous faire venir la larme à l’œil, sont au mieux d’une platitude gênante et au pire, carrément risibles. Amenée comme un cheveu sur la soupe, cette romance qui sous-tend tant de choses a priori insondables n’est plus qu’un faire-valoir scénaristique ne conférant pas la force qu’il devrait à l’ensemble. Et c’est vraiment très dommage. Et pas simplement parce que je suis une midinette dans l’âme, mais parce que… voilà. C’était important et, pour le coup, c’est raté. Et ça n’est pas la peine de soupirer. Je finirais en distribuant un compliment concernant la silhouette numérique véritablement bluffante de l’immensément regretté Philip Seymour Hoffman qui campait Plutarch Heavensbee ; et un bémol à l’épilogue très mou du genou, avec un face à face manqué entre Alma Coin (Julianne Moore) et Snow (Donald Sutherland), et une prise de pouvoir des plus déconcertantes dans son traitement. Le moment du dénouement qui aurait dû revêtir le plus d’envergure manque véritablement de sel lorsque l’on se remémore tout ce qui l’a précédé. Et c’est un tantinet frustrant. Peut-être, aussi, parce que c’est véritablement le mot de la fin ?

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Hunger Games aura été, à mes yeux, une saga de très haute volée dans le genre qu’elle représente, souvent décrié, et pourtant si riche d’idées fortes à même d’élever le débat idéologique. Dans sa version papier, elle m’aura aliéné pour jamais avec des personnages remarquables, des rebondissements éclatants, une morale percutante et un épilogue qui se refuse à tout happy end, impossible après de telles épreuves. Les films auront su, à quelques fioritures près, rendre à la perfection les émotions fortes distillées au fil des pages, des plans, et se hisser à un niveau de qualité que des Ender’s Game et Divergent n’auront pas su égaler. Le souffle d’insurrection qui couve en eux est, quant à lui, irrésistible, et je chérirais, pour ma part, chaque minute passée à le ressentir, à les lire et à les voir. N’oublions jamais que les Hunger Games ont élevé le niveau. Et puisse le sort nous être toujours aussi favorable.

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Titre Original: THE HUNGER GAMES – MOCKINGJAY : PART 2

Réalisé par: FRANCIS LAWRENCE

Casting: Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth,

Woody Harrelson, Elisabeth Banks, Julianne Moore,

Philip Seymour Hoffman, Donald Sutherland

Genre: Aventure, Science-Fiction, Guerre

Sortie le: 18 novembre 2015

Distribué par: Metropolitan FilmExport

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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4 réponses »

  1. Je ne sais pas si un jour j’oserai affront les opus 3 et 4 de cette franchise qui m’avait tant insupporté. D’autant plus que toi, grande assidue de ces aventures, les fustige un petit peu… Donc, heu… je vais attendre une promo. Ou alors qu’on me les offre. Ou que je les trouve près d’une poubelle. On ne sait jamais, après tout, la vie est pleine de surprises. ^^

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