Critiques

THE KNICK (Critique) Traitement de choc !

3 STARS BIEN

the knick

SYNOPSIS: Le staff de l’hôpital Knickerbocker de New York, des chirurgiens aux infirmières, doit repousser les limites de la médecine au début du 20ème siècle, à une époque où le taux de mortalité a soudainement augmenté et où les antibiotiques n’existent pas encore…

The Knick est, en dépit de son acteur principal et de son créateur, une série dont vous n’avez peut-être pas entendu parler. La chaîne Cinemax, qui appartient à HBO, a donné son feu vert à la série l’année dernière, et a signé cette année pour une deuxième saison, diffusée aux États-Unis depuis Octobre (et en France sur OCS). Aux commandes, on retrouve l’équipe de scénaristes Jack Amiel et Michael Begler (Le Prince et Moi, Malcolm) et le réalisateur qu’on ne présente plus : Steven Soderbergh. L’intrigue se déroule à New York, au tournant du XXème siècle et décrit les débuts de la chirurgie à une époque où l’électricité fait encore figure de sortilège. Les docteurs et infirmières du Knickerbocker Hospital ont bien l’intention de révolutionner leur discipline sous la tutelle de John Thackery (Clive Owen), un personnage inspiré par le médecin William Stewart Halsted, qui dirige son service d’une main de fer, tout en souffrant d’une sacrée addiction à la cocaïne. L’arrivée d’Algernon Edwards (Andre Holland) un médecin noir revenant d’Europe va secouer tout ce petit monde, d’autant plus qu’il ne faudra pas longtemps à Thackery et son équipe pour se rendre compte des compétences du nouveau venu. Mais racisme et préjudices étant ce qu’ils sont, le chemin ne sera pas facile pour Edwards.

the knick saison 2

Le casting est de premier choix. Clive Owen bien sûr, ténébreux en diable et investi à cent pour cent, mais aussi Juliet Rylance (Cornelia Robertson) qui livre une belle performance en femme privilégiée qui n’hésite pas à imposer ses choix, ou l’excellent Jeremy Bobb (Herman Barrow), louche et lâche à souhait en administrateur véreux. Eve Hawson (Lucy Elkins) fait ce qu’elle peut avec un rôle un peu mou, qui prend bien du temps à se développer, et c’est là qu’on se rend compte à quel point il peut être difficile de rendre les ingénues intéressantes. Elle se débrouille bien cela dit, et gagne en aplomb au fil des épisodes. On peut également mentionner Michael Angarano (Bertram « Bertie » Chickering, Jr.), jeune chirurgien en admiration complète devant Thackery, Cara Seymour (Soeur Harriet), plus catholique qu’il n’y paraît, ou encore David Fierro en sirupeux inspecteur sanitaire. Tout se petit monde se croise, se recroise, se manipule et s’impressionne avec plus ou moins de subtilité. Car si l’intrigue se veut choquante et sombre, elle tombe parfois un peu dans la caricature façon soap opera.. Pas qu’ils manquent de profondeur dans le propos, mais le traitement de certaines scènes privilégie l’impact, ce qui parfois dérive un peu trop vers le sensationnel. Le gros avantage de la série, c’est la signature de Soderbergh. La mise en scène est nerveuse, précise, et glacée, et le réalisateur manie son montage comme nos chirurgiens manient le scalpel : d’une main ferme et sans trembler. Le New York des années 1900 est peint comme un univers froid, aseptisé et parfois même franchement hostile. Hostile aux Noirs, hostile aux femmes, hostile aux Juifs, mais hostile également au changement et au progrès, qu’il soit social ou scientifique. La photographie, de Soderbergh encore, ajoute à l’ambiance menaçante, et les couleurs sont si fades qu’on a presque l’impression que la série est filmée en noir et blanc. D’un point de vue stylistique, The Knick est une réussite. D’un point de vue un petit peu plus humain, quand il s’agit de s’attacher aux personnages, de les soutenir et de s’investir dans leurs arcs… c’est nettement moins efficace. Car là est le problème avec la chirurgie, comme avec le travail des poètes du Parnasse : techniquement, c’est extraordinaire, mais humainement, c’est assez froid. Et malgré son casting cinq étoiles qui se débat comme il peut avec des scripts assez inégaux, la série tombe un peu trop souvent dans le piège du style-par-delà-la-substance.

Crédits: Cinemax/OCS

 

 

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