Critiques

FARGO (Critique) Une bouffée d’air frais

4,5 STARS TOP NIVEAU

fargo

SYNOPSIS:

Saison 1

2006, Minnesota. « Lorne Malvo », tueur à gages et manipulateur hors-pair, verse le sang sur son passage. Notamment dans une petite ville du Minnesota, en émoi suite à quelques cadavres laissés ici et là. Très futée, l’adjointe Molly Solverson mène son enquête. Parviendra-t-elle à faire éclater la vérité ?

Saison 2

1979, Minnesota. A la suite d’une tuerie dans un restaurant, le destin de plusieurs personnages s’entrecroise : Lou Solverson, un policier et son supérieur Hank Larsson; Peggy et Ed Blomquist, un couple sans histoire jusqu’ici; ou encore la famille mafieuse locale des Gerhardt.

Dans un monde télévisé dominé par les séries d’action policières et autres structures procédurales, Fargo fait figure d’OVNI rafraîchissant et insolite. Créée par le touche-à-tout Noah Hawley (Bones, The Unusuals) et inspirée par le film éponyme des frères Coen sorti en 1996, la série funambule danse sur le fil d’acier qui sépare la comédie franche d’un univers carrément sombre. Bardée d’une liste de producteur exécutifs longue comme le bras (dont Ethan et Joel Coen évidemment) et bénéficiant de la photographie ténébreuse de Dana Gonzales, Fargo ne se contente pas d’être une suite ou un prequel du film, mais une histoire indépendante qui se déroule dans le même univers. Inspirée par des faits réels, la série réussit là où Gotham a du mal, en recréant le monde et en respectant le ton général du long-métrage, mais sans tomber dans la copie ou la surenchère de clins d’œil. La distribution est de premier ordre : Martin Freeman, Billy Bob Thornton, Allison Tolman, Colin Hanks, Kirsten Dunst, Cristin Milioti, Jesse Plemmons, Bob Odenkirk… on pourrait faire la liste complète mais il n’y aurait plus de place pour le reste de cet article.

La première saison est construite autour d’un crime commis dans le Minnesota en 2006. Pour ceux qui ne connaissent pas le Minnesota, c’est un état du nord des États-Unis, où il neige pratiquement toute l’année. Parfait endroit pour camoufler un crime en accident, surtout quand les victimes du meurtrier s’échappent du coffre de la voiture et meurent ensuite de froid. Notre protagoniste, Lester Nygaard (Martin Freeman) est un homme humble et docile, qui à la suite de deux rencontres, voit sa vie complètement bouleversée. L’une de ces rencontres se fait dans une salle d’attente des urgences avec Lorne Malvo (Billy Bob Thornton) un homme dangereux qui se prend d’une étrange sympathie pour Lester. Si le point de départ paraît bénin, l’intrigue se révèle très vite fantastiquement complexe. Dans ce coin paumé, isolé du reste du monde, tueurs à gages, policiers aux compétences variables et citoyens lambda se croisent, se nuisent, s’entraident et font remonter leurs secrets au grand jour. Le montage de Skip Macdonald, Bridget Durnford et Regis Kimble et la musique obsédante de Jeff Russo, contribuent à l’atmosphère hypnotique de la série, soutenue par un script sans failles et des acteurs formidables. Les critiques ne s’y trompent pas et les récompenses pleuvent : Critic’s choice Awards, Emmys, SAG Awards, Golden Globes… tout le monde apprécie Fargo.

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Fort du succès et des éloges de leurs pairs, les créateurs en remettent une couche avec la saison deux. On est toujours au Minnesota, mais on a à faire cette fois-ci à une histoire bien différente. On est en 1979. Rye Gerhardt (Kieran Culkin) est un petit arnaqueur aussi ambitieux que faiblard, et à coups de malchance et de manque de jugement, il finit par tuer trois personnes. Il croise le chemin de Peggy Blomquist (Kirsten Dunst) et son mari Ed (Jesse Plemmons) et les choses ne tardent pas à prendre mauvaise tournure. Rye attaque Ed, Ed tue Rye et Peggy convainc son mari de fourrer le corps dans leur frigo. Les dés sont jetés. On retrouve la même atmosphère oppressante, ponctuée de moments d’humour noir et de séquences absurdes où l’on ne peut que s’émerveiller devant les profondeurs de la stupidité humaine. Tout comme avec la saison un, les personnages sont touchants, complexes, capables du meilleur comme du pire et foncièrement humains. Le thème de la masculinité offensée, très cher à la série et à l’esprit du film, est traité avec beaucoup de compassion mais sans sentimentalité. On compatit aux états d’âme des criminels, mais la question de la moralité ne se pose pas. Dans ce monde, tuer n’est jamais une solution, et alors que tant de séries se tournent vers la violence gratuite pour régler leurs problèmes d’intrigue, la subtilité de Fargo est une grande bouffée d’air frais.

S’il est une chose que l’on peut reprocher à la série, c’est sans doute le manque de rigueur quant à la façon dont certains épisodes sont conclus. Il semblerait que les créateurs aient fait le choix artistique de terminer chaque épisode sur une note existentialiste. Un personnage, dont le regard perdu au loin, est certainement censé nous pousser à nous demander ce que ledit personnage peut bien penser ; ce qui, après une heure d’avancée indolente dans les méandres de l’intrigue, manque singulièrement d’aplomb. Mais face à la qualité de la série en général, on fermera les yeux sur ce genre de détails.

Crédits: FX

 

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