Au commencement...

Au commencement… (Séries) Crazy Ex-Girlfriend 1×01

crazy_ex_girlfriend au commencement

3 STARS BIEN

SYNOPSIS: Rebecca Bunch est une jeune femme brillante, déterminée et aussi un peu folle qui abandonne tout sur un coup de tête, dans une tentative désespérée de trouver l’amour et le bonheur dans la banlieue de West Covina…

La CW doit beaucoup à Mark Pedowitz. Président depuis quatre ans seulement, l’ancien Vice-Président d’ABC Entertainment est en train de révolutionner l’image et la qualité des séries produites par la chaîne. Il y a quatre ans, la CW était connue pour ses séries « background », celles que l’on laissait jouer pendant qu’on faisait la vaisselle, pas vraiment impliqué dans les problèmes de cœur des protagonistes. Puis arrive Pedowitz qui impose Arrow, The Flash ou le dernier chouchou des critiques : Jane the Virgin. Et tout à coup, CW devient synonyme de qualité et nouveauté. En cette rentrée 2015, c’est la nouvelle série Crazy Ex-Girlfriend qui retient l’attention. Le concept, ultra girly, est centré sur le personnage de Rebecca Bunch (Rachel Bloom), qui décide de renoncer à un prestigieux poste d’avocate pour suivre la trace de son amour de lycée. Pas une idée des plus originales, donc, et même assez franchement désuète, mais traitée avec beaucoup de cœur et d’humour.

Si vous ne connaissez pas le visage de Rachel Bloom, sa voix vous dit peut-être quelque chose. L’actrice originaire de Californie a fait ses armes en prêtant sa voix aux personnages de Robot Chicken (série pour laquelle elle a écrit quelque épisodes) ou Bojack Horseman. Crazy Ex Girlfriend était clairement un projet qui lui tenait à cœur. Co-créée avec Aline Brosh McKenna, la scénariste de 27 Robes et Le diable s’habille en Prada, la série est un véhicule de choix pour Bloom, qui s’amuse clairement comme une petite folle. Tour à tour sexy, drôle et émouvante, Rebecca est un personnage complexe, pas forcément sympathique au premier abord, mais dont les bouffonneries font sourire.

Ce premier épisode réalisé par Marc Webb (500 jours ensemble, The Amazing Spiderman et plus récemment la série Limitless), se focalise sur le départ de Rebecca pour la Californie. On manque un tout petit peu de conflit, ce qui rend les choses un tout petit peu mièvres, mais quand on considère la quantité d’exposition nécessaire à l’intrigue, il est facile de pardonner. Il faut en effet justifier le déplacement de Rebecca, mais aussi son aspect « crazy », qui n’a pour ainsi dire aucun sens au vingt et unième siècle (qui déménagerait de l’autre côté du pays pour un ex petit ami perdu de vue depuis dix ans ?). Certes, Josh (Vincent Rodriguez III) est beau garçon, mais de là à renoncer à un salaire aux multiples zéros ? Si le geste a un côté romantique, il est complètement insensé dans le monde pragmatique d’aujourd’hui. L’esthétique de la série joue à fond la carte du bonbon avec une photographie sucrée et des décors mignards mis encore plus en avant par le soleil californien, des visuels qui préviennent gentiment : « le réalisme n’est pas notre problème ».

Si au premier abord, les visuels donnent un petit peu envie de vomir, le scénario parvient à déjouer les pièges du genre. Certes, c’est (encore) une série centrée sur une femme professionnelle qui court après un homme, mais grâce à cette scène magique du dernier acte, l’intrigue devient nettement plus La Revanche d’un Blonde que Sex and The City. Rebecca vit ses fantaisies sous forme de numéro musicaux à la Broadway, et n’est pas peu surprise quand sa collègue Paula (la parfaite Donna Lynne Champlin) chante les harmonies avec elle. C’est le point-clé de l’épisode, où l’on se rend compte que bien plus qu’une énième histoire qui tourne autour de l’homme parfait, il s’agit plutôt de ce que Bogart appelait « le début d’une merveilleuse amitié ». La grande séduction de Josh est en fait un prétexte, et il est à parier que Rebecca se rendra compte d’ici peu qu’il ne valait pas le déplacement. Une formule prévisible certes, mais qui n’est pas sans charme. Ça ne plaira pas forcément à tout le monde, et on est loin de l’intelligence enchantée de Jane The Virgin, mais pour une série du lundi soir, Crazy Ex Girlfriend fait parfaitement l’affaire.

Crédits: CW

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