Critiques

LE MYSTÈRE DU LAC (Critique) Traversée en eaux troubles

3 STARS BIEN

le mystere du lac

SYNOPSIS: Lise Stocker, flic de la crim’, revient dans sa ville natale pour s’occuper de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer… Une jeune fille de 17 ans disparaît après la fête du village. Cette disparition bouleverse Lise : il y a quinze ans presque jour pour jour ses deux meilleures amies ont disparu sans laisser de traces… Les deux affaires sont-elles liées ? Lise va-t-elle pouvoir faire la paix avec son passé?

Avertissement: Nous avons pu voir 5 épisodes sur 6.

Alors que la rentrée télé s’apprête à battre son plein, TF1 dégainera le jeudi 3 septembre prochain une mini série évènement, Le mystère du lac. Programmation atypique et diffusion quasi automnale pour la chaine qui avait délaissé ce type de série de prestige (habituellement estivale) depuis quelques années déjà pour se recentrer sur ses programmes maison ou des unitaires exceptionnels. Tous les ingrédients propices donc aux fameuses sagas de l’été qui connurent leur heure de gloire par le passé sont réunis dans une intrigue policière nimbée de secrets farouchement gardés. Après les grandes sagas familiales dans les années 90 (Les cœurs brûlés, Les grandes marées et autre Terre Indigo…) la chaine avait misé au cœur des années 2000 sur des séries à suspense qui remportèrent d’immenses succès d’audience (L’été rouge, Zodiaque, Dolmen…). Le mystère du lac est clairement dans cette même veine et son seul tort est peut-être d’arriver après la bataille. Car de prime abord, le point de départ est relativement proche des triomphes récents que furent Broadchurch, Top of the Lake ou Disparue sur France 2. S’il serait mensonger de dire que l’on n’y pense pas, si le premier épisode notamment semble présenter de grandes similitudes avec les trois séries sus-mentionnées, Le mystère du lac parvient assez miraculeusement à tirer son épingle du jeu grâce à un scénario solide qui ménage ses effets et qui prend son temps pour savamment distiller des détails qui permettent en creux de dessiner la psychologie des différents personnages.

LE MYSTERE DU LAC 4L’autre force de la série c’est sa distribution: Barbara Schulz, Lannick Gautry, Armelle Deutsch, Arié Elmaleh, ou encore Marie-Anne Chazel, aucune star ne phagocyte le récit, ni ne tire la couverture à elle, gênant ainsi l’avancée de l’intrigue. Au contraire la solidité d’un casting qui n’est jamais dans la surenchère est l’un des grands plaisirs de la série. Obligé de resserrer leurs révélations pour tenir dans le format des six épisodes, les créateurs, Jeanne Le Guillou et Bruno Dega n’étirent pas artificiellement les épisodes avec des mini cliffhangers qui relanceraient un récit moribond. Au contraire, d’une sobriété bienvenue, c’est bien l’enquête policière qui reste le centre névralgique des épisodes et le suspense a le mérite d’être fort bien charpenté. En effet, au fur et à mesure des épisodes, on ne se dirige pas vers un suspect plutôt qu’un autre mais au contraire le champ des possibles s’élargit nous laissant à l’aube du dernier épisode bien en peine de désigner le ou les coupables. Alors bien évidemment, l’enquête n’est pas d’une grande originalité et l’on est dans un genre très codifié qu’il est particulièrement compliqué de transcender par un traitement totalement nouveau. Mais on se retrouve avec une série qui fonctionne vraiment bien et que le réalisateur Jérôme Cornuau filme sobrement, sans effets ostentatoires en vue de rechercher une certaine modernité. Aucune fioriture ou tentation d’attirer le téléspectateur en flattant ses bas instincts, Le Mystère du Lac se pare d’une efficacité remarquable qui monte crescendo.

le mystere du lac 1

On l’a dit, la distribution est pour beaucoup dans la réussite de l’entreprise. Revoir la trop rare Barbara Schulz dans un beau premier rôle comme celui de Lise Stocker c’est vraiment une belle et bonne idée. Elle y est d’une sobriété qui l’honore et sa beauté comme sa justesse de jeu en font la figure de proue idéale. Lannick Gautry dans le rôle du flic chargé de l’enquête est lui aussi particulièrement bon,  plein d’humanité et offrant un jeu tout en nuances. A noter aussi les très beaux autres rôles féminins confiées à Armelle Deutsch émouvante et vibrante et Marie-Anne Chazel, qui trouve ici un personnage bien loin des rôles de comédie auxquels elle nous a habitués, mais qui lui offre l’occasion de démontrer l’étendue de son talent. Sans tomber dans la dithyrambe, avouons que notre scepticisme initial a laissé place à une bien agréable réussite qui ne révolutionne pas le genre mais qui est performante dans toutes les composantes que l’on attend de ce type de programme. Souhaitons que l’épilogue confirme la qualité de la traversée et de la bien belle ouvrage.

Crédits: TF1

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1 réponse »

  1. Pour ma part, assez voire même très déçue de l’épilogue… Même s’ils envisagent de poursuivre la série, un cliffhanger en fin de saison, sur ce format, c’est très moyen je trouve. Le reste de la saison est honorable, le casting surtout abat un joli boulot.

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