Au commencement...

Au commencement… (Séries) Bosch 1X01 & 1X02 SÉRIES MANIA 2015

bosch Au commencement

4 STARS EXCELLENT

SYNOPSIS: Harry Bosch est un détective aux homicides à Los Angeles. Bien qu’il a été lavé de tout soupçon par les forces de l’ordre, il est toujours en procès, accusé d’avoir tué de sang-froid un potentiel tueur. Malgré cette affaire, qui s’avère médiatique, Harry refuse de s’éloigner de son travail et enquête sur des ossements qui viennent d’être retrouvés.

En février 2014, Amazon lançait le pilote de la série Bosch. Un an plus tard, la première saison prend son réel départ. La série est créée par Michael Connelly, l’auteur des romans mettant en vedette le détective Harry Bosch, par ailleurs directeur artistique sur le show et par Eric Overmyer, producteur et scénariste sur New York unité spéciale, Treme, Boardwalk Empire ou The wire. On retrouve au casting Titus Welliver dans le rôle-titre (Argo, The town, The good wife, Lost, Sons of anarchy), Jamie Hector (Marlo Stanfield dans The wire, vu également dans les séries Heroes, The strain, Person of interest ou Power), Lance Reddick (vu dans Lost, Fringe et The wire dans le rôle de Cedric Daniels) et Annie Wersching (Renee Walker dans 24, vue également dans Dallas, Extant ou Castle).

Si l’œuvre de Connelly avait déjà été adaptée au cinéma par Clint Eastwood en 2002 avec Créances de sang, ou par Brad Furman avec La défense Lincoln en 2011, ces histoires ne mettaient pas en scène le détective Harry Bosch, héros récurrent d’une vingtaine de romans de l’auteur. La série Bosch est atypique et se démarque de ses concurrentes contemporaines dans le style policier ou procédural. Elle ressemble en effet davantage aux productions des années 1990-2000, de par son univers de polar sombre et parfois un peu glauque. Ici, pas de second degré, on est immergés sans concessions et sans échappatoire dans une histoire sinistre et tragique. Le héros est lancé aux trousses d’un serial killer et enquête sur un « cold case » de vingt ans autour de la mort d’un enfant de 13 ans.

Hieronymus « Harry » Bosch est un père de famille divorcé, n’entretenant que peu de rapports avec son ex-femme et sa fille de 15 ans, préférant se consacrer corps et âme à son travail et à ses enquêtes, quitte à se mettre en danger personnellement ou dans sa posture professionnelle. La série débutera d’ailleurs avec le procès de son héros, suspecté d’avoir tué un homme non armé. On reconnaîtra le style de personnage principal classique de la fin du siècle dernier : un flic aux méthodes borderline, bourru, au passé tortueux et à la vie personnelle chaotique. S’ajoute ici un élément important avec la question politique que l’on imagine gagner en importance au fil des épisodes. Bosch entretient des rapports particuliers avec sa hiérarchie, ce qui permettra de faire le lien avec les hautes sphères de la police de Los Angeles et le pouvoir politique. On retrouve ici un concept utilisé avec grande intelligence dans The wire. Il n’est d’ailleurs pas étonnant à ce titre qu’Eric Overmeyer ait utilisé le même acteur, Lance Reddick, pour jouer le policier gradé qui matérialise ce lien entre les deux univers. L’acteur se retrouve d’ailleurs à tenir un rôle tellement similaire entre les deux séries qu’on a clairement l’impression de le voir jouer de nouveau la partition du personnage de Cedric Daniels (The wire).

Si le traitement de la série Bosch apparaît dans un premier temps classique et proche de celui des polars des années 90 (on pense à Michael Mann et à David Fincher pour l’univers), la progression narrative s’avère vite passionnante. Au-delà de l’écriture d’un personnage à l’épaisseur très intéressante avec Harry Bosch, la tournure que prend l‘enquête principale est captivante et les multiples rebondissements donnent de l’ampleur à des sous intrigues que l’on imaginait volontiers secondaires. Il ne vous faudra ainsi pas plus de deux épisodes pour devenir accro aux aventures d’Harry Bosch, pour peu que le style old school vous ait plu.

La série a pour cadre Los Angeles, ville qui semble devenir petit à petit l’un des personnages principaux de l’histoire. Le tournage a réellement été réalisé dans la cité des anges et le résultat est saisissant. Tout comme Dexter bénéficiait d’une ambiance particulière à Miami, Bosch jouit d’un univers propre et marqué à L.A. Reste à louer la qualité du jeu des acteurs, Titus Welliver en tête, incarnant un Harry Bosch parfait et passionnant. Bosch est donc une série très réussie, bénéficiant d’un casting de choix et d’une écriture aux petits oignons. La richesse du personnage principal et du terreau de base (les romans de Connelly) peuvent laisser espérer un futur radieux à cette série, qui tranche quelque peu avec l’univers sériel actuel. Les studios Amazon détiennent donc là un concept à même de concurrencer les productions estampillées Netflix. La bataille est lancée, pour le plus grand plaisir du spectateur, qui voit de nombreux projets ambitieux et de qualité se profiler.

Crédits: Amazon

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