Critiques Cinéma

OUIJA (Critique)

0,5 STARS NUL

ouija afficheSYNOPSIS: Après avoir réveillé les forces ténébreuses d’une antique planche de jeu de spiritisme, un groupe d’amis se voit confronté à ses peurs les plus terribles.

Qui ne connaît pas le Ouija, célèbre planche en bois utilisée pour les séances de spiritisme et régulièrement visible dans les séries ou films de genre (L’exorciste, Paranormal Activity, Apparences, American Horror Story pour ne citer qu’eux) ? Pratiquées généralement en petit comité et dans un cadre ludique mais angoissant (obscurité quasi-totale), les séances se déroulent de la manière suivante : chacun des participants pose deux doigts sur la « goutte » (la flèche qui se dirige vers les lettres gravées sur la planche, le OUI, le NON et l’AU REVOIR) et, à cet instant, si un esprit est présent, cette dernière se déplace seule pour former un message ou répondre aux questions des participants. Il est donc question aujourd’hui de Ouija, adaptation ciné de ce jeu commercial issu de la maison de jouets Hasbro, un projet qui revient de loin. En effet, l’idée remonte à 2008 et a mis du temps avant de se concrétiser (aucun investisseur ou producteur ne souhaitait se mouiller là dedans au départ). Initialement prévu pour être un long-métrage d’aventures à la Pirates des Caraïbes réalisé par McG (Pierre Morel, Sylvain White, Scott Stewart, Breck Eisner furent également sur la short-list), écrit par Simon Kinberg et à l’investissement pharaonique (plus de 100 millions de billets verts en jeu), Ouija a finalement revu ses ambitions extrêmement à la baisse pour devenir progressivement au fil du temps un film d’épouvante mini budget (5 millions de dollars, une paille!), maxi rentabilité, produit main dans la main par Jason Blum (Blumhouse Productions, boîte derrière les cartons horrifiques Insidious, Paranormal Activity, Sinister…), l’entreprise Hasbro (Battleship, Transformers, GI Joe) et Platinum Dunes (firme fondée par Michael Bay, Andrew Form et Brad Fuller, spécialisée dans la mise en chantier de remakes formatés et édulcorés de films d’horreur sauvages des années 70-80 tels que Massacre à la tronçonneuse, Amityville, Hitcher, Vendredi 13, Freddy – Les griffes de la nuit …). Transformé en long-métrage par les scénaristes Juliet Snowden et Stiles White – un tandem au potentiel très limité si l’on en croit leur abominable CV (on leur doit en effet les scripts périlleux de Possédée et Prédictions) – Ouija a déchaîné le box office US lors de sa sortie en octobre dernier en récoltant pas moins de 20 millions de dollars sur le sol américain pour son premier week-end d’exploitation en salles, pour une fin de carrière à plus de 50 millions. Alors, que vaut-il réellement ? Esbroufe totale ou frissons garantis ? OUIJA 1Première erreur qui frappe d’emblée : l’histoire de Ouija est très (trop) basique et ne mène à rien (ou presque). Laine, lycéenne sans problème et bien entourée socialement parlant, voit sa vie basculer le jour où sa meilleure amie Debbie commence à devenir bizarre et que son corps est soudainement retrouvé inanimé, pendu au lustre du salon. Pour Laine – et son entourage – il ne s’agit pas d’un suicide mais bien d’une malédiction en lien avec le Ouija, qu’elle a retrouvé cachée dans la penderie de son défunte amie. En effet, elle se souvient qu’étant plus jeune, elle avait pour habitude de s’amuser avec Debbie à convoquer des esprits maléfiques à l’aide de la planche. Elle décide alors d’utiliser le Ouija pour entrer en contact avec Debbie afin de connaître la vérité sur son décès. De ce postulat, Stiles White, le réalisateur, tire un film d’horreur archi convenu, aux fausses bonnes idées, qui n’apportent strictement rien au genre. Le récit se déroule de façon mécanique et sans rythme, sur les bases d’un slasher surnaturel prévisible type Destination Finale, pour ensuite devenir lors de sa seconde moitié un film de possession ultra calibré, tant à travers les codes utilisés qu’au regard du propos soutenu ou de la mise en scène, impersonnelle au possible. L’arnaque réside également dans l’absence de véritables moments de frousse, puisque la peur est ici bâtie uniquement sur des effets de jump-scare agaçants et éculés. Les mises à mort sont répétitives et très mal orchestrées, l’ambiance n’y est pas, l’ennui nous guette. Si l’histoire n’est guère convaincante – on en a strictement rien à battre du passif de cette jeune fille possédée par on-ne-sait-quel-esprit-démoniaque ayant envahi le Ouija afin de zigouiller des djeun’s avides de sensations – les acteurs (de seconde zone) ne font hélas pas mieux. Il faut dire qu’ils sont peu aidés par l’écriture grossière des personnages, tous des archétypes, par ailleurs pas attachants pour un sou (hormis peut-être l’héroïne, campée par une Olivia Cooke au joli minois et sortant un peu du lot). De fait, on ne se soucie jamais en tant que spectateurs de leur devenir, ni même de leurs intentions et motivations à vrai dire, qui apparaissent souvent peu claires, voire à contre-sens de la caractérisation initiale. Ainsi, on se demande sans cesse pourquoi est-ce que les membres de la bande s’acharnent à appeler les esprits avec la planche lorsque cela leur est fortement préjudiciable depuis le début. Ce qui soulève en réalité la question de l’existence même d’un film Ouija, concept abracadabrant lorsqu’on y réfléchit un poil.

 OUIJA 2

La forme est aussi hautement attaquable : outre la mise en scène totalement dénuée de surprise, il est de notre devoir de critiquer les effets spéciaux, vraiment bâclés par moments, ainsi que l’éclairage du long-métrage, presque jamais adéquat, et la musique, martelée à grands renforts de notes de piano détestables. On se demande aujourd’hui ce qu’aurait donné le Ouija initialement programmé, envisagé comme une sorte de « Jumanji du film d’horreur ». Malheureusement ou heureusement, on n’aura jamais la réponse à cette question, mais seulement cet épouvantable film d’horreur, quintessence du vide et incarnation de l’opportunisme cynique hollywoodien.

ouija afficheTitre Original: OUIJA

Réalisé par: STILES WHITE

Casting: Olivia Cooke (II), Ana Coto, Daren Kagasoff,

Bianca Santos, Douglas Smith, Shelley Hennig. …

Genre:  Épouvante – Horreur, Thriller

Sortie le: 29 avril 2015

Distribué par: Universal Pictures International France

0,5 STARS NULNUL

 

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