Critiques Cinéma

TUSK (Critique)

2,5 STARS MOYEN

tusk afficheSYNOPSIS: Un célèbre podcaster américain, connu pour ses sujets farfelus, se rend au Canada pour interviewer un vieil homme totalement fasciné par les morses. Leur rencontre va très vite dégénérer…

Kevin Smith est un touche-à-tout : auteur de comics adulés par une communauté de fans, réalisateur parfois aimé (Clercks 1 et 2, Méprise multiple, Dogma), parfois détesté (Père et fille, Top Cops, Zack et Miri tournent un porno, Red state), acteur à ses heures perdues (Daredevil, Die Hard 4, Ma vie sans lui, Southland Tales), passionné de hockey sur glace, mais surtout orateur public sans langue de bois (qui n’a jamais vu Smith se moquer de personnages ou raconter des anecdotes personnelles lors de différentes conférences). Son nouveau long, présenté hors compétition au festival de Gérardmer, est un film burné, au scénario très original, mais qui pêche malheureusement dans son écriture. À l’origine, il y a Smodcast, un podcast humoristique et satirique fondé en 2007 avec son ami Scott Mosier. Ces derniers, probablement un peu défoncés, imaginent lors d’un enregistrement il y a quelques années le script what the fuck d’un long-métrage fictif qui verrait un podcasteur américain se rendre au Canada afin d’interviewer un jeune homme pour son show internet, puis se faire kidnapper par un vieillard barjo qui souhaite le transformer en … morse (what the fuck, vous étiez prévenu). Le délire aurait pu s’arrêter là sauf que Smith décide en 2013 de passer à l’acte en réalisant le dit film sur ce postulat. Tusk – puisque c’est le nom du projet – est né et mis en boîte rapidement avec Justin Long, Michael Parks, Haley Joel Osment et Genesis Rodriguez au générique, ainsi qu’un acteur très connu – dont on taira le nom pour garder l’effet de surprise – dans un rôle hautement improbable. Tusk est probablement le meilleur film de Kevin Smith de ces dernières années. Facile direz vous, mais il faut avouer que son dernier bébé, bien que très maladroit sur plein de plans, possède d’indéniables qualités. Pour commencer, Tusk foisonne d’idées. Le pitch est foufou, mais Smith parvient à maintenir initialement l’attention avec cette histoire invraisemblable de jeune homme kidnappé en vue d’être transformé en morse. La trame est simple, le casting est solide (Michael Parks inquiétant dans son rôle de taré sociopathe, Justin Long bon en hipster à moustache), un vent rafraîchissant souffle sur le spectateur avide de films d’horreur « neufs ». Tusk offre à cet égard quelques jolies scènes de tension ou bien glauques dans la première heure et on perçoit l’amour du réalisateur pour le genre (et ses dénivelés, comme la sous-classe du body horror). On relève toutefois déjà de vilains défauts dans ce premier acte, notamment l’étirement en longueur de certaines scènes ou tirades, sans réelle justification, lui conférant un côté bavard ennuyeux.

tusk 1

Hélas, passé la première moitié, Kevin Smith perd le fil, digresse totalement, se lance dans des ruptures de ton incongrues, saborde son récit avec des flashbacks grossiers (pour donner du background à son héros certes, mais l’écriture de ces séquences pourvu d’un humour stoner balourd est maladroite), des scènes inutiles sur les états d’âmes de ses amis. Surtout, Smith rajoute un arc comique totalement dispensable – même s’il est drôle au départ avec ses vannes sur la poutine et The Big Lebowski – faisant intervenir la fameuse star célèbre, qui frise le hors sujet. À tel point qu’on a du mal à cerner l’intention de Smith à travers cette dernière sous intrigue : se moquer gentiment du Canada ? Offrir une tonalité potache pour désamorcer les moments d’effroi ? Smith se fourvoie et nous perd. Il n’est ensuite aucunement question d’une étude sur la place du corps dans nos sociétés, ou sur la capacité de l’Homme à mentir et tromper son prochain, Tusk vire simplement au gros n’importe nawak vers la fin mais on saluera tout de même le jusqu’au boutisme du réalisateur pour accoucher de son idée folle, digne d’un Human Centipede, et de son talent étonnant sur le plan technique avec au passage des maquillages honorables signés Robert Kurtzman (Army of Darkness, Une nuit en enfer). Au lieu de choisir un genre (drame/body horror façon La Mouche ou Tetsuo/comédie potache), Kevin Smith décide de tout faire en même temps et s’égare. Dommage, son Tusk aurait pu être un grand moment d’horreur audacieux et barré, il n’est au final qu’un film étrange et déstabilisant.

tusk afficheTitre Original: TUSK

Réalisé par: KEVIN SMITH

Casting: Justin Long, Michael Parks, Haley Joel Osment ,

Genesis Rodriguez, Ralph Garman, Harley Morenstein…

Genre: Épouvante-Horreur, Comédie

Sortie le: 11 mars 2015 en DVD

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

2,5 STARS MOYENMOYEN

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