Critiques Cinéma

THE VOICES (Critique)

4,5 STARS TOP NIVEAU

THE VOICES AFFICHESYNOPSIS: Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments…

Marjane Satrapi. Si ce nom ne vous est pas familier, il le sera forcément dans les prochaines semaines lors de la sortie ciné de The Voices, son premier long métrage américain. Auteur en duo avec Vincent Paronnaud du succès Persepolis puis des déceptions Poulet aux prunes et La Bande à Jotas, la cinéaste s’affranchit aujourd’hui de son co-réalisateur, traverse l’Atlantique et livre son premier film tourné en langue anglaise, écrit par Michael R. Perry (Paranormal Activity 2 sur son CV). Largement plésbiscité lors de son passage à l’Étrange Festival en 2014 où il est reparti avec le prix Nouveau Genre et le prix du public, The Voices est présenté en compétition au 22ème festival de Gerardmer. En tête d’affiche, un casting tout à fait sexy composé du charmeur Ryan Reynolds et des délicieuses Gemma Arterton et Anna Kendrick. Hilarante. Tel est le premier mot qui vient à la bouche en sortie de séance pour définir The Voices. Ryan Reynolds incarne Jerry, un employé timide et gauche d’une usine de confection de baignoires dans un bled paumé. Il en pince pour la comptable de son travail. Problème : Jerry est schizophrène, parle à ses animaux de compagnie qui lui répondent en retour le soir lorsqu’il rentre chez lui dans son appartement miteux. Son chat, Mr Whiskers, le pousse à commettre des meurtres en série ; son chien, Bosco, nettement plus affable, le raisonne. Tourmenté par les discours de cet ange et de ce vilain diable, Jerry est prêt à commettre l’irréparable.

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Sur ce postulat décalé, Marjane Satrapi livre une comédie macabre décapante, fraîche et réjouissante, dans la lignée du Bal des vampires de Polanski (en plus drôle et mieux réalisée) ou de l’humour noir des frères Coen. Les dialogues, très bien écrits, fusent pour notre plus grand plaisir ; l’univers visuel et l’ambiance baignent dans une originalité bienvenue, avec des couleurs flashy marrantes, des costumes et décors kitsch, dignes d’une bande-dessinée. La réalisatrice fait preuve d’un savoir-faire indéniable, tant dans la direction d’acteurs que dans la production design accomplie, la gestion réfléchie des effets numériques (les incrustations animées sont géniales, de même que les mouvements de bouche des animaux), ou bien, lorsqu’elle se permet des ruptures de ton, souvent très habiles. Car derrière la farce se cache un propos très sombre sur la difficulté à surmonter un trauma (le passif du héros en surprendra plus d’un) et à résister contre ses propres démons (le tiraillement entre les « conseils » contradictoires dictés par les voix). The Voices bascule d’ailleurs dans une bizarrerie dérangeante dans sa seconde moitié, mais là encore, Marjane Satrapi trouve intelligemment l’équilibre entre la fantaisie satirique et la tragédie noire, même si certains gags ont tendance à devenir répétitifs à la longue. Sur ce dernier point, la cinéaste parvient toutefois à se renouveler suffisamment ailleurs (le générique de fin totalement improbable, limite hors sujet, mais tellement fun) pour que cela ne soit en rien préjudiciable.

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Si The Voices est une telle réussite, il le doit en partie à sa distribution en or dont il est indispensable de parler, à commencer par Ryan Reynolds, qui n’a jamais été aussi bon. L’acteur, qui n’avait plus convaincu depuis Buried, s’avère touchant et drôle dans ce rôle délicat et fragile, à la fois démonstratif (les pétages de plomb, l’inquiétude) et tout en retenue (la candeur, la naïveté, la tête de benêt). Sa composition illustre à la perfection les difficultés de discernement entre le bien et le mal du personnage. Il est du reste bien assorti à ses partenaires : Gemma Arterton et Anna Kendrick composent respectivement des personnages de femme fatale et de tendre collègue de boulot avec beaucoup de brio. Aucun doute, The Voices est assurément LE coup de cœur de la 22ème édition du festival du film fantastique de Gérardmer où il a décroché le Prix du Jury et du Public.

THE VOICES AFFICHETitre Original: THE VOICES

Réalisé par: MARJANE SATRAPI

Casting: Ryan Reynolds, Gemma Aterton, Anna Kendrick,

Jacki Weaver, Gulliver McGrath, Stephanie Vogt…

Genre: Comédie, Policier, Thriller

Sortie le: 11 mars 2015

Distribué par: Le Pacte

4,5 STARS TOP NIVEAUTOP NIVEAU

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2 réponses »

  1. Pour ma part, je dois dire que j’ai été quand même déroutée par le mélange des genres, pourtant je savais à quoi m’attendre ! C’est étonnant de rire en savourant les scènes comiques avec les animaux (les meilleures selon moi !) et d’angoisser voire d’avoir de la peine pour ce personnage qui est torturé et tout sauf drôle en fait ! Mais au final cela m’a plu et je salue encore la grande Marjane Satrapi ! Super casting effectivement, chacun collait parfaitement à son rôle. Et oui, l’idée du générique de fin est chouette, bien rester jusqu’au bout 😉

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