Analyse

LA CHRONIQUE DE CLIFFHANGER (Édito et Bilan)

2014 s’est à peine éclipsé que nos yeux voraces sont déjà tournés sur 2015 et ses affiches clinquantes. Si l’année qui vient de s’achever aura fait la part belle au Bon Dieu, rien n’indique pourtant un retour vers la foi. Car cette année cinéma, si elle aura charriée son lot de réussites, s’est surtout remarquablement faite remarquée par son absence de plusieurs films incontestables et incontestés. Combien de succès pharaoniques, de films qui, telle une claque, vous laissent pantelant ? Pas tant que cela si l’on se retourne sur nos favoris ! Bien sûr, certaines traces de 2014 resteront indélébiles et leur place dans notre panthéon personnel est d’ores et déjà réservée (Whiplash, Boyhood, Her, Gone girl…), mais si l’on embrasse d’un regard tous les films vus en 2014, il y en a beaucoup de bons, même de très bons, mais l’excellence ne fut pour nous au rendez-vous qu’à de rares exceptions. 2015, sur le papier, promet déjà de reléguer 2014 au rang d’aimable divertissement. Sans pour autant vouloir faire la fine bouche, les salles obscures nous auront réservées malgré tout de beaux moments que l’on vous résume ici en mettant mois après mois en avant certains des films qui nous auront enchantés, mais également quelques unes de nos cruelles déceptions. Car les amours déçues étaient aussi des espérances en début d’année dernière.

JANVIER 2014

L’année avait pourtant commencée sous les meilleures auspices avec la course folle vers l’aventure de Walter Mitty et ses promesses de grand voyage. Le Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert nous aura bluffé par l’interprétation exceptionnelle de Pierre Niney et de Guillaume Gallienne, au même titre que Dallas Buyers Club qui nous aura laissé KO devant les prestations de Matthew McConaughey et de Jared Leto. Le drame ordinaire de Fruitvale Station aura été un moment saisissant avec son épilogue tétanisant et 12 Years a slave aura confirmé que Steve McQueen sait agencer les séquences chocs pour mieux nous scotcher. The Spectacular Now qui n’aura malheureusement pas trouvé son public est pourtant de la veine de ces films qui parlent de l’adolescence sans mièvrerie ni condescendance. Les Brasiers de la colère non plus n’aura pas rencontré le public pour ce qui reste pourtant comme l’un des drames les plus intenses de l’année. En janvier, seul The Ryan Initiative nous aura fait soupirer de déception. La vacuité et le rythme de cette énième adaptation de Tom Clancy auront eues raison de notre patience même si le film n’est pas entièrement à jeter.

FEVRIER 2014

Petit mois de février cette année avec d’entrée la méga déception que représente American Bluff, le nouveau David O.Russell. Disposant pourtant d’un casting phénoménal, il ne nous sert qu’une pantalonnade insignifiante qui fait la gloire aux perruques et aux moustaches. Heureusement La Grande Aventure Lego vient remettre les choses en place avec folie et inventivité pour le film d’animation le plus fou, le plus drôle et le plus référencé depuis belle lurette. Un été à Osage County nous aura permis d’admirer une excellente distribution déclamer des dialogues admirables même si le rendu final nous aura laissé un sentiment mitigé. Liam Neeson continue Non-Stop de faire ce qu’il sait faire et il le fait bien, même s’il devrait se méfier du retour de bâton. De retour parlons-en justement avec celui des Inconnus et de leurs Trois Frères, qui, s’il n’est pas le ratage intersidéral que tout le monde attendait, n’en reste pas moins que moyen et vieillot (même si nous avons ri à certains gags, ne le cachons pas). Mea Culpa de Fred Cavayé était sans doute le film d’action le plus impressionnant et confirmait la virtuosité du metteur en scène et il est l’un des échecs publics de l’année les plus injustes.

MARS 2014

Mars nous aura ouvert le coeur en deux avec le sublime Her. Le film de Spike Jonze est indéniablement la plus bouleversante histoire d’amour de 2014. Dans un autre registre, le Situation amoureuse: C’est compliqué de Manu Payet nous aura bien fait rire et aura parfaitement caractérisé le désordre amoureux, tout comme Les Gazelles qui en célébrant avec vivacité et entrain la trentenaire aurait dû trouver un public bien plus large pour rire à ces pérégrinations. De toutes nos forces, on aurait souhaité que le film de Nils Tavernier parle également à plus de monde, car on est très loin du pathos que l’on aurait pu craindre et ce film célèbre la vie de façon magistrale. Dans l’ombre de Mary nous aura fait découvrir une histoire totalement surprenante mais son classicisme nous aura au final laissé un sentiment diffus. Diplomatie avait un mal fou à se sortir de son côté théâtre filmé, malgré le fabuleux duo Dussolier-Arestrup et le joli All About Albert, est une comédie sentimentale on ne peut plus lambda, mais Julia Louis-Dreyfus y est magnifique et c’est surtout l’une des dernières apparitions de James Gandolfini qui nous manque tant. Le premier Marvel de l’année est également l’un des tous meilleurs puisque ce second volet de Captain America, est autant un film de super-héros, qu’une histoire d’espionnage et un film d’action tonitruant. Un vrai bonheur.

AVRIL 2014

En avril le Nebraska d’Alexander Payne est enfin venu enchanter les salles obscures presqu’un an après sa présentation à Cannes. La rencontre totalement ratée entre François Cluzet et Sophie Marceau aura bien déçue alors que Rio 2 nous aura séduit par ses couleurs et son énergie. Need for Speed n’aura pas apporté grand chose d’autre que quelques accélérations inutiles tandis que Dans la cour de Pierre Salvadori, malgré un sujet très sombre aura permis une magnifique performance à Catherine Deneuve et Gustave Kerven. Jason Reitman a réussi un très beau Last Days of Summer, son premier film de l’année et Pas son genre de Lucas Belvaux aura joliment rebattu les cartes de la comédie romantique. The Amazing Spider-Man 2 aura été bien au-dessus de son prédécesseur avec des scènes vraiment réussies et le nouveau Lelouch, si l’on excepte son dernier tiers était un fort bon cru. 96 Heures, malgré son beau duo d’acteurs était loin d’être innovant et la force du sujet de 24 Jours de Alexandre Arcady  n’aura pas permis de rencontrer le grand public qu’il aurait mérité. La tornade Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? nous aura fait sourire même si les proportions de son triomphe nous échappent.

MAI 2014

Mai aura été l’occasion de voir le nouveau et spectaculaire volet des X-Men, exceptionnelle réussite de Bryan Singer ainsi que le ratage hallucinant de Grace de Monaco. Godzilla aura rugit de la plus belle des manières tandis que David Cronenberg nous aura perdu dans les méandres de Maps to the Stars. De guerre lasse d’Olvier Panchot n’aura pas fonctionné auprès du grand public malgré ses qualités et Tommy Lee Jones aura réussi de façon surprenante à réinventer le western avec le sublime The Homesman. L’énième retour de Schwarzenegger sous la houlette de David Ayer était balisé mais efficace et Amour Sur Place ou à emporter avait un vrai charme qui n’aura pas parlé au plus grand nombre malgré ses qualités.

juin 2014

Juin nous aura permis de voir la pire comédie romantique de l’année, jamais drôle ni intéressante, L’ex de ma vie. On se sera vraiment amusés avec Triple Alliance sur lequel on n’aurait pas misé grand chose au départ alors que Sous Les Jupes des Filles dont on attendait beaucoup aura été une cruelle déception. Palo Alto aura permis à Gia Coppola de parler avec sensibilité et acuité de l’adolescence et le Maître Clint Eastwood en a toujours sous le pied en témoigne son très beau bien que classique Jersey Boys. Enfin le très efficace et sympathique Edge Of Tomorrow aura fait passer un beau début d’été.

juillet 2014

The Raid 2 aura été une vraie claque en juillet, nous laissant KO d’entrée. Dragons 2 est notre film d’animation préféré en 2014, sublime visuellement et au scénario maitrisé de bout en bout. Si A toute épreuve était une vraie surprise ultra sympathique qui n’a pas eu l’écho mérité, La Planète des Singes: L’affrontement aura surpassé son prédécesseur pourtant déjà excellent. Albert à L’Ouest n’aura pas permis à Seth McFarlane de réitérer l’exploit de Ted, malgré plusieurs éclats de rire et Blue Ruin aura surpris par sa force visuelle et s’impose comme un très fort revenge movie. Le nouveau et formidable Téchiné aura laissé le public de marbre tandis que le dynamique et délicieux New-York Melody nous aura séduit. Enfin, si Locke était un exercice de style intéressant avec un formidable Tom Hardy, le surprenant et magnifique Boyhood aura été l’un des évènements majeurs de 2014.

août 2014

Au coeur de l’été nos éclats de rire auront raisonnés grâce à 22 Jump Street et notamment son extraordinaire générique de fin, mais aussi par la folie de Nos pires voisins et de certaines séquences parmi les plus hilarantes de l’année. Les gardiens de la galaxie auront imposé une nouvelle équipe de super-héros qui nous auront fait vivre d’excellents moments, tandis que l’équipe d’Expendables 3 s’est enrichie de nouveaux venus pour un troisième épisode plutôt pas mal mais en deçà du 2. Nos étoiles contraires auront eues raison de nos cœurs de midinette tout comme Le rôle de ma vie de Zach Braff qui n’a pas rencontré son public malheureusement. Colt 45 aura assuré avec quelques fusillades bien senties et un jeune premier formidable et Enemy nous aura retourné le cerveau avec son scénario alambiqué mais passionnant. Des lendemains qui chantent était une sympathique chronique alors que Les combattants était un remarquable premier film transcendé par Adèle Haenel, tout bonnement exceptionnelle.

SEPTEMBRE 2014 DEF

Elle l’adore et nous aussi. Le premier film de Jeanne Herry nous aura montré la voie d’une rentrée foisonnante. Pride aura retrouvé la verve des comédies sociales britanniques où sens, rire et énergie font bon ménage mais Brèves de comptoir aurait mieux fait de conserver son titre et son format plutôt que de s’étirer en un interminable pensum. Gemma Bovery avait un charme indéniable, mais il lui manquait un petit quelque chose pour s’élever au rang d’incontournable. Get on up avait l’énergie de James Brown et Chadwick Boseman y était saisissant, tout comme Gaspard Ulliel dans le Saint-Laurent de Bonello qui malgré ses nombreux atouts ne nous aura pas touché. Maintenant ou jamais en tous les cas pas tout de suite, car si les acteurs sont formidables, l’écriture du film de Serge Frydman laissait à désirer au contraire du sublime 3 cœurs de Benoit Jacquot, splendide triangle amoureux aux échos de Truffaut et Sautet. Si je reste était un joli film avec trop de défauts pour résister au temps alors que le Bon rétablissement de Jean Becker fleurait bon la comédie française traditionnelle à son meilleur. Hippocrate, enfin, formidable premier film confirme que sens et cinéma populaire sont loin d’être incompatibles.

OCTOBRE 2014 DEF

Gros mois qu’Octobre avec pléthore de sorties, incontestablement marquée par le nouveau coup de maître de David Fincher, Gone Girl. Après Intouchables, Toledano et Nakache nous font danser la Samba avec un nouveau film plus sombre, mais pas moins bon alors que Keanu Reeves revient et défouraille à tout va dans un John Wick pulp et sympathique. Le foisonnant univers visuel de Lou Journal infime nous aura séduit par ses myriades de couleurs et son esprit BD parfaitement restitué tandis que le #Chef Jon Favreau nous aura fait saliver de bout en bout. L’efficace The November Man n’en reste pas moins ultra classique et prévisible alors que Le labyrinthe est une excellente surprise à l’efficacité redoutable. Mommy est à n’en pas douter l’un des chocs de l’année, tant il nous aura bouleversé alors que Tu veux ou tu veux pas est une comédie ratée où rien n’est à sauver. White Bird est sans doute le plus accessible des films d’Araki et une des indéniables réussites de 2014, au contraire des Boxtrolls qui n’auront pas su reproduire le miracle de Paranorman. Papa was not a Rolling Stone est une chronique réussie bien qu’un peu naïve et Bande De Filles nous aura mis une claque salutaire en proposant un cinéma coup de poing en prise avec le réel, mais jamais ni didactique, ni pontifiant. La légende de Manolo, feu d’artifices de couleurs et somptueuse merveille visuelle nous aura ébloui la rétine et l’on aura aimé Daniel Radcliffe dans les deux univers opposés où on a pu le retrouver cette année: Horns et Et Beaucoup plus si affinités. Harry Potter est bien loin.

NOVEMBRE 2014 DEFNovembre arrive et nous scotche d’entrée avec le nouveau François Ozon. La Nouvelle amie interprétée par Romain Duris vaut au comédien une de ses plus incroyables performances. Tout aussi incroyables les prestations de Guillaume Canet et de Benicio Del Toro, même si La prochaine fois je viserai le cœur et Paradise Lost sont parasités par d’énormes problèmes d’écriture et de mise en scènes. C’est tout le contraire de Night Call où l’interprétation phénoménale de Jake Gylenhaal laisse béat d’admiration, tout comme le traitement choisi par Dan Gilroy. Respire la nouvelle réalisation de Mélanie Laurent nous aura tétanisé jusqu’à son asphyxiant final tandis que le brillant et majestueux Interstellar confirme la patte magique de Christopher Nolan. Un illustre inconnu aura permis à Mathieu Kassovitz de rappeler aux réalisateurs français qu’il est un remarquable comédien et aux auteurs du Prénom de se faire un nom. Quand vient la nuit nous permet de faire dignement nos adieux à James Gandolfini et le nouvel Astérix animé signé Louis Clichy et Alexandre Astier est une réussite imparfaite, mais largement au dessus de ses prédécesseurs.

decembre 2014 defPour clore l’année rien de tel qu’un Hobbit qui vient signer la fin d’une saga hors normes dans un épisode sombre, épique et crépusculaire. Dumb and Dumber De est loin de retrouver la magie d’il y a vingt ans et Exodus est bien trop lent et démonstratif pour nous emporter sur sa vague. Men, Women & Children divise mais l’on aime ce qu’en a fait Jason Reitman tandis que The Riot Club nous a laissé assez froid avec son côté Cercle des Poètes disparus sous acide par trop inoffensif. Heureusement Paddington est venu apaiser tout ça avec son humour irrésistible so brithish et La Famille Bélier nous a emporté dans un torrent de rires et de larmes pile poil pour les fêtes. La French et Cold in July ressuscitent une manière de faire d’antan avec talent et réussite tandis que Whiplash est définitivement LA claque 2014, notre coup de cœur, qui indéniablement passera l’épreuve du temps.

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Catégories :Analyse, Edito, La Chronique de Cliffhanger

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