Critiques Cinéma

WHITE BIRD (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

WHITE BIRD AFFICHE

SYNOPSIS: Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité,  Kat semble  à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

Jusqu’au boutiste et sans concessions, le cinéma de Gregg Araki  n’est pas à mettre devant tous les yeux.  Notamment avec The Doom Generation ou Kaboom plus récemment, il a exploré les confins de l’adolescence dans des univers totalement barrés. En 2005 avec Mysterious Skin, il avait eu une approche plus délicate avec laquelle il renoue aujourd’hui pour White Bird adaptation de Un Oiseau Blanc dans le Blizzard, roman de Laura Kasischke. La relecture du roman, passée au prisme du cinéaste, conserve l’essence des obsessions du réalisateur. Sur une histoire nimbée de mystère et de disparation inexpliquée, Gregg Araki poursuit son introspection des mœurs adolescentes et de leur rapport au sexe. Le récit se déroulant dans les années 80, c’est une occasion pour Araki d’une savoureuse reconstitution de ces années là, par le biais d’une esthétique très marquée et d’une BO aux petits oignons. En mettant en lumière une vie où le bonheur n’est qu’apparence, Araki gratte le vernis pour mettre en perspective les zones d’ombre d’une famille dont chaque membre ment et se ment à lui-même. Par sa mise en scène dénuée d’effet de manche mais extrêmement maligne, Gregg Araki nous maintient aux aguets de bout en bout.

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White Bird est visuellement très pur, atteignant même par moments une sorte d’épure. Araki sonde les âmes de ses personnages à l’aide d’un kaléidoscope qu’il confie au spectateur, laissant le soin à ce dernier de reconstituer les pièces du puzzle, après avoir mélangé le tout au shaker. Grâce à des comédiens remarquables, le film confirme ses bonnes dispositions en parvenant à nous leurrer et à nous surprendre. Donnant à ses acteurs des emplois aux antipodes de ceux dans lesquels on a les retrouve habituellement, Araki a fait des choix vraiment pertinents.  Christopher Meloni trop peu employé au cinéma mais qui fut 11 saisons durant l’inspecteur Stabbler de la série New-York Unité Spéciale (et qu’on avait vu aussi dans Oz et True Blood) interprète ce père et cet époux faible et frustré qui continue malgré tout de faire bonne figure pour la galerie. Sa lâcheté et son renoncement sont deux des nombreuses facettes que Meloni déploie avec subtilité sans jamais trop en faire. Eva Green est surprenante en mère qui n’accepte pas le temps qui est passé et  son charme flétri. Elle démontre à nouveau son talent pour tout jouer de la séduction à l’hystérie en passant par sa facilité à faire passer dans son comportement des éclairs de folie. Puis il y a Shailene Woodley! La jeune comédienne confirme qu’elle a passé un cap avec un jeu très affiné et elle est remarquable de sensibilité et de sensualité. Avec ce trident de choc, Gregg Araki ouvre son cinéma à un public plus large sans pour autant vendre son âme aux sirènes hollywoodiennes et confirme encore une fois qu’il est un des cinéastes les plus intéressants qui soient.

WHITE BIRD AFFICHETitre Original: WHITE BIRD IN A BLIZZARD

Réalisé par: GREGG ARAKI

Casting: Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni,

Shiloh Fernandez, Gabourey Sidibe, Thomas Jane…

Genre: Drame, Thriller

Sortie le: 15 Octobre 2014

Distribué par: Bac Films

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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