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I BELIEVE I CANNES FLY (JOURNAL DE BORD) EPISODE 5

Réveil une nouvelle fois aux aurores pour la projo de Saint-Laurent, le fameux film – projet concurrent du Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert. Cette fois, c’est Bertrand Bonello aux manettes, de retour après son très acclamé L’apollonide, souvenirs de la maison close il y a deux ans. Bingo, je trouve une place en catastrophe dix minutes avant le début de la séance. Hélas, ce sera en salle du 60ème et non au Grand Théâtre Lumière où siège déjà Tommy Lee Jones, impatient de voir le biopic du couturier. 2h25 plus tard, je sors ébahi. Grosse surprise, je n’aurai jamais misé un chaton sur ce film. Et pourtant, un sacré tour de force sur le plan de la mise en scène (charme vénéneux, idées foisonnantes, opéra rock, élégance formelle), un acteur habité, et surtout un vrai propos de fond sur la figure YSL, homme consummé par son art et réfugié dans les drogues. Une sorte de Loup de Wall Street inversé : là où Jordan Belfort, éternel ado insolent, refuse tragiquement de grandir, Yves Saint-Laurent, tout aussi désespéré, est né en avance sur son temps.

The Disappearance of Eleanor Rigby affiche

Enchaînement direct avec The Disappearance of Eleanor Rigby, présenté à Un Certain Regard. Gros kiff, notamment grâce au beau duo de comédiens qui forment un couple de cinéma magnifique. Départ ensuite pour l’Espace Miramar, à quelques bornes d’ici. En chemin, les flashs crépitent, Gilles Lellouche, Jean Dujardin et Tomer Sisley sont dans la place. La magie cannoise opère une fois de plus dans la file d’attente pour voir le film d’horreur It Follows : je suis l’avant-dernière personne à pouvoir entrer dans la salle grâce à mon badge. Installation devant les journalistes des Inrocks. L’équipe du film débarque, le réalisateur semble très heureux de venir présenter son second long-métrage à la Semaine de la Critique, après y être déjà passé il y a quelques années avec The Myth of the American Sleepover, petit bijou indé peu trouvable dans nos contrées.

Frissons garantis devant It Follows, bel hommage au ciné d’horreur de John Carpenter. À la fois « gentil et agressif » (dixit le cinéaste lui-même).

it follows affiche

4ème film du jour : Welcome To New York, projet maudit (difficultés de financement, désistement d’Isabelle Adjani et remplacement par Jacqueline Bisset au pied levé, non sélection à Cannes alors que tout le monde l’attendait en compétition officielle) retraçant le fait divers sur DSK et espérant désespérément faire le buzz. Projection dans un cinéma cannois en marge du festival, spectateurs en nombre restreint (principalement des célébrités). File d’attente bondée de journalistes télé et radio, j’ai l’opportunité d’être interviewé, j’accepte. On me demande pourquoi je vais voir ce film et ce que je pense de la polémique. Réponse : je vais voir le film pour l’évaluer, je me contrefiche de la polémique, j’espère qu’Abel Ferrara (le réalisateur) a réussi à tirer quelque chose de cette histoire sordide. J’idéalise complètement mais je ne le sais pas encore. Dans la salle, Vincent Maraval, producteur de la société Wild Bunch (qui distribue le film) et connu notamment pour avoir lancé un pavé dans la marre l’an dernier en dénonçant dans une tribune assassine le salaire exorbitant des acteurs français, s’excuse du retard de Jacqueline Bisset (qui joue Simone, perso de fiction largement inspirée par Anne Sinclair), qui doit venir présenter le film en compagnie d’Abel Ferrara et surtout, de Gérard Depardieu (prenant quant à lui les traits de Deveraux = DSK fictif).

wtny affiche

L’équipe se pointe à la projo avec une demi-heure de retard, Abel Ferrara est ivre (comme toujours paraît-il), Depardiou tacle Le Nouvel Obs « ils se sont reconvertis en journal potins » et Jacqueline Bisset déclare avoir tourné le film car « c’est une grande histoire d’amour ». Permets moi d’en douter Jacqueline, le résultat est affligeant, je comprends désormais pourquoi Welcome To New-York n’a pas été sélectionné en compétition. Un film vulgaire, provocateur, lourdeau, dénué de quelconques idées de mise en scène, et se contentant de reprendre le récit new-yorkais de DSK de manière factuelle, sans point de vue. Passage devant le Grand Palais, on m’offre grâcieusement une place pour The Salvation, le fameux western danois avec Mads Mikkelsen et Eva Green au casting. Trop fatigué, direction l’appart. Demain, pic d’oestrogènes à prévoir : Ryan (Gosling) et Robert (Pattinson) débarquent sur la croisette pour défendre respectivement Lost River  et The Rover.

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