Critiques Cinéma

LE CROCODILE DU BOTSWANGA (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

le crocodile du botswanga affiche

Le tweet de sortie de projo:

tweet le crocodile du botswanga

SYNOPSIS: Leslie Konda, jeune footballeur français talentueux, repéré à son adolescence par Didier, un agent de faible envergure qui a su le prendre sous sa coupe, vient de signer son premier contrat d’attaquant dans un grand club espagnol. Dans le même temps, sa notoriété grandissante et ses origines du Botswanga, petit état pauvre d’Afrique centrale, lui valent une invitation par le Président de la République en personne : Bobo Babimbi, un passionné de football, fraîchement installé au pouvoir après un coup d’état militaire. Leslie se rend donc pour la première fois dans le pays de ses ancêtres accompagné par Didier pour être décoré par le Président Bobo qui s’avère rapidement, malgré ses grands discours humanistes, être un dictateur mégalomane et paranoïaque sous l’influence néfaste de son épouse. À peine ont-ils débarqué que Bobo conclut un deal crapuleux avec Didier : faire pression sur son joueur afin que celui-ci joue pour l’équipe nationale : les Crocodiles du Botswanga…

Trois ans après le carton surprise de Case Départ, une comédie étonnante qui traitait avec humour d’une période historique douloureuse, le duo Thomas Ngijol / Fabrice Eboué revient aujourd’hui sur les écrans avec Le Crocodile du Botswanga, une satire corrosive, hilarante et très réussie co-réalisée par Lionel Steketee et Fabrice Eboué. Avec 461.544 entrées en première semaine, et le décrochage de la seconde place du podium juste derrière Les Trois frères le retour, Le Crocodile du Botswanga est bien parti pour récidiver l’exploit du triomphe public. On pourrait reprocher au Crocodile du Botswanga de reposer assez souvent sur des facilités (l’esprit bon enfant, la mise en scène télévisuelle, la mécanique comique huilée…), il n’empêche que le second long-métrage de l’équipe à la barre de Case Départ flotte largement au-dessus du niveau actuel de la comédie française. Explications.

LE CROCODILE DU BOTSWANGA 1A l’heure où le ciné hexagonal est plus occupé à fabriquer ce qui se vend qu’à vendre ce qu’il a fabriqué, Le Crocodile du Botswanga fait en effet l’effet d’une petite bombe prête à exploser n’importe où, n’importe quand. Dans cette histoire improbable d’agent sportif sans envergure et de jeune footballeur talentueux invités au Botswanga par le Président de la République en personne, Thomas Ngijol et Fabrice Eboué dégomment à peu près tout sur leur passage façon Michel Hazanavicius et Jean Dujardin dans OSS 117 – la dictature évidemment, mais aussi la manif pour tous, la misogynie, le passif colonial de la France, les maux identifiés à l’Afrique comme le SIDA, la corruption, la souffrance locale, les safaris illégaux, les publicités mensongères … ou encore leurs proverbes, qui dans nos sociétés occidentales peuvent sembler absurdes – et ancrent leur film dans une réalité contemporaine, avec en filigrane un vrai point de vue de politiciens qui disent des choses sur le monde d’aujourd’hui. Dans Le Crocodile du Botswanga, tout le monde en prend pour son grade – blacks, blancs, beurs, juifs, chrétiens, homos, hétéros, sportifs, politiciens véreux, ministres crapuleux et même Jacques Brel – les deux compères osent tout ou presque face caméra (blagues potaches, répliques tordantes, comiques de situation) allant jusqu’à questionner avec suffisamment d’intelligence le vieil adage « peut-on rire de tout ? » et c’est tant mieux.

LE CROCODILE DU BOTSWANGA 2Jamais criard, toujours vachard et empreint d’une bonne humeur communicative, le film est d’une drôlerie quasi-intégrale, à la fois incisive et jusqu’au-boutiste, un peu comme l’étaient Jacky au le royaume des filles il y a quelques semaines ou les poilades cultes de Mel Brooks. Il faut dire que les deux anciens du Jamel Comedy Club y sont pour beaucoup: Thomas Ngijol est hilarant en dictateur parano, et Fabrice Eboué déborde constamment d’énergie. Efficacement rythmé et blindé d’humour, dommage en revanche que le scénario parfois mal écrit et sensiblement superficiel – suivre ses rêves de gosse, ne jamais abandonner la Terre de ses ancêtres – plombe un peu l’esprit satirique !

LE CROCODILE DU BOTSWANGA 3A déplorer également le peu de consistance de certains personnages (les différents ministres du dictateur, l’épouse de ce dernier …), quoique interprétés par des comédiens à l’enthousiasme contagieux (Eriq Ebouaney, Etienne Chicot, Franck de Lapersonne et Marie-Philomène Nga), une intrigue prévisible, une romance invraisemblable entre le jeune footballeur et une autochtone, ainsi qu’une musique clairement inadaptée. En deux mots : Le Crocodile du Botswanga est la petite surprise de ce mois de février. Une comédie au franc-parler qui dépote et au fonctionnement plein régime.

le crocodile du botswanga affiche miniTitre Original : LE CROCODILE DU BOTSWANGA

Réalisé par: Lionel Steketee et Fabrice Eboué

Casting: Fabrice Eboué, Thomas NgijolMarie-Philomène Nga

Eriq Ebouaney, Etienne Chicot, Franck de Lapersonne….

Genre: Comédie

Sortie le: 19 Février 2014

Distribué par : Mars Distribution

3,5 STARS TRES BIENTRES BIEN

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4 réponses »

  1. Pour moi, le film avait du potentiel, mais est au final limité, j’en veux pour exemple le personnage de Bobo, qui accapare l’attention au détriment de tous les autres personnages.
    Dommage, parce que j’aime bien le duo.

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