Critiques Cinéma

ABUS DE FAIBLESSE (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

abus de faiblesse affiche

Le tweet de sortie de projo:

tweet abus de faiblesse

SYNOPSIS: Victime d’une hémorragie cérébrale, Maud, cinéaste, se réveille un matin dans un corps à moitié mort qui la laisse hémiplégique, face à une solitude inéluctable.
Alitée mais déterminée à poursuivre son projet de film, elle découvre Vilko, arnaqueur de célébrités, en regardant un talk-show télévisé.
Son arrogance crève l’écran avec superbe : Maud le veut pour son prochain film.
Ils se rencontrent. Il ne la quitte plus. Elle aussi, il l’escroque et lui emprunte des sommes astronomiques. Il lui prend tout mais lui donne une gaieté et une sorte de chaleur familiale.
Ce film raconte l’abus de faiblesse dont Maud est victime.

Abus de faiblesse est le nouveau long-métrage de l’écrivain / scénariste / réalisatrice Catherine Breillat, adaptation sur grand écran de son propre roman éponyme, publié chez Grasset en 2007, et retraçant l’histoire de l’usurpation financière dont elle a fait les frais la même année. Pour l’interprète d’elle-même, Catherine Breillat s’est tournée vers l’actrice Isabelle Huppert et pour l’arnaqueur, après avoir un temps envisagé Romain Duris, c’est finalement sur l’ex-rappeur du groupe NTM Kool Shen qu’elle a jeté son dévolu. Disons-le tout de go : Abus de faiblesse est un film étonnant, dans le bon sens du terme. Très surprenant, tout d’abord, car la réalisatrice française propose d’exorciser ses démons sur grand écran en livrant paradoxalement un film au point de vue factuel, très détaché, qui ne sombre jamais dans le pathos en ne forçant jamais l’empathie ou la compassion.

abus de faiblesse 1

Sans doute plus intéressée par des personnages que par des personnes bien identifiées – elle refuse d’ailleurs en interviews la mention autobiographique de l’œuvre – Catherine Breillat signe un portrait fort de femme fascinée par le cynisme d’un homme qui s’affiche à la télé et met en lumière la toxicité de leur relation, fondée sur la manipulation, le désir et la luxure et pourtant parfois sincère malgré tout. Breillat fait preuve d’une grande justesse dans l’écriture – bien que le scénario joue souvent sur la même corde (en gros, des arnaques répétées, un jeu de miroir) – et dans sa mise en scène, très épurée et délicate, jamais voyeuriste. L’aspect clinique en déconcertera plus d’un, mais il faut tout de même reconnaître à Breillat le talent d’avoir imaginé une fiction froide originale plutôt qu’une analyse. Elle doit du reste beaucoup à ses comédiens qui incarnent à la perfection cette histoire invraisemblable.

ABUS DE FAIBLESSE 2

Isabelle Huppert est en effet remarquable dans la peau de cette femme qui lutte en permanence passivement contre elle-même et contre son comportement absurde. A l’instar de son ex-complice JoeyStarr (ils ont co-fondé ensemble le groupe de rap NTM, CQFD), Kool Shen s’exerce lui-aussi aujourd’hui au métier d’acteur et campe avec beaucoup de mesure Vilko, personnage tantôt charmeur, tantôt effrayant, largement inspiré par le célèbre arnaqueur de stars, Christophe Rocancourt.Catherine Breillat cultive l’étrangeté, la surprise, le malaise avec Abus de faiblesse, film poignant sur une relation trouble entre une femme affaiblie psychologiquement et physiquement et un homme profiteur et avare. Isabelle Huppert est encore une fois époustouflante et aurait largement mérité de figurer sur la liste des nommés aux César. Kool Shen aussi, du reste !

abus de faiblesse affiche miniTitre Original : ABUS DE FAIBLESSE

Réalisé par: Catherine Breillat

Casting: Isabelle Huppert, Kool Shen, Laurence Ursinon,

Stéphanie Colpe, Christophe Sermet, Ronald Leclerq….

 Genre: Drame

Sortie le: 12 Février 2014

Distribué par : Rezo Films

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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4 réponses »

  1. Kool Shen.
    Tout est dit.
    Si on le voit jouer les lovers qui dansent comme son compadre JoeyStarr, je pars en courant.
    De toutes façons, rien que sa gueule, je pars déjà en courant.
    Rien que Madame Breillat et ses névroses, je pars en courant.
    Désolé.
    Au revoir. Je file, j’ai piscine.

  2. Et bien moi, j’irais le voir… Justement car je suis curieux de voir les ‘premiers’ vrais pas de Kool Shen au cinéma. Ca ne peut pas être pire que son acolyte qui n’a finalement qu’une ‘gueule’, non ? Et le thème est suffisamment original.

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