ENTRETIENS

TABLE RONDE AVEC FRED CAVAYE (Entretien) : « Je voulais faire un film noir en couleurs… »

C’est dans les bureaux de Gaumont que Fred Cavayé a reçu quelques blogueurs dont votre serviteur, à quelques jours de la sortie de son nouveau film, Mea Culpa, avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche. Détendu et bavard, le réalisateur s’est prêté au jeu des questions réponses avec beaucoup de gentillesse:

RENCONTRE FRED CAVAYE 4

Comment s’est passé votre nouvelle  collaboration avec Guillaume Lemans votre co-scénariste?

Olivier Marchal a travaillé avec Guillaume sur une idée qu’ils ont assez vite abandonné! J’ai eu vent de cette idée et quand je cherchais quoi faire après A bout portant je me suis rappelé de son idée, j’ai demandé à Olivier d’en prendre la moitié! De faire le truc à ma sauce, lui voulait plus faire un film de vengeance un peu à la Man on Fire tandis que moi je voulais plus faire un film d’amitié et de rédemption pour travailler avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche donc j’ai demandé l’autorisation à Olivier et comme Guillaume avait déjà travaillé sur cette idée, c’était bien que je me l’accapare et que lui arrive à reseté le truc, c’était compliqué pour lui je pense, de tout de suite repartir en partant de la même idée sur quelque chose se diamétralement opposé il avait besoin de prendre un peu de distance donc j’ai écrit la première version puis après Guillaume est de nouveau entré dans la boucle.mea culpa affiche

Réunir Vincent Lindon et Gilles  après avoir tourné avec chacun d’eux séparément, c’est une idée que vous avez eu à quel moment? Vous avez tout de suite écrit le film en pensant à eux?

Oui pour plusieurs raisons! Juste après la sortie de A bout portant mon producteur m’a dit « voilà, A bout portant c’est vraiment la suite de Pour elle, maintenant il faut que tu fasses la synthèse des deux films » et donc en rigolant je lui ai dit que la synthèse c’était un film avec Vincent et Gilles et ça m’a trotté dans la tête et j’ai cherché vraiment l’idée pour les réunir et faire un vrai film de duo de cinéma, comme il y a eu Marchal avec 36, Les spécialistes, des grands films américains comme Butch Cassidy et le kid, faire un vrai beau film de duo et l’idée d’Olivier me permettait en la tordant, de faire ça!

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Vous parliez au moment de la sortie de A bout portant d’un film qui se déroulerait au Canada avec des bûcherons! C’est un projet que vous avez totalement abandonné?

Non! C’est un projet que j’ai! Là je suis en train de travailler sur un film qui se passe au Canada sans bûcherons et où le personnage principal serait une femme qui n’est pas bûcheron et un film qui n’est pas du tout urbain! Est-ce que quand je fais un film important comme Mea Culpa ou comme c’était le cas avec A bout portant, j’ai peut-être besoin de me laver la tête en imaginant des choses qui sont diamétralement  opposées ! Ça a été le cas pour A bout portant, c’est-à-dire que j’ai bossé sur ce film de bûcherons où il y a une version de scénario et très vite je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment ça dont j’avais envie. Là je retourne vers le Canada, avec une histoire un peu dans la veine de Pour elle mais avec un personnage principal féminin, c’est-à-dire avoir une femme qui va être obligée de se surpasser, car je n’ai travaillé qu’avec des garçons pour l’instant, sur les caractères principaux et j’ai très envie de travailler avec un personnage féminin, c’est-à-dire avec une comédienne et j’ai envie aussi de choses pas du tout urbaines, donc le Canada, et puisque j’étais au Canada, j’ai bien aimé faire de la moto neige (Rires) ! Des fois l’inspiration….

Vos scènes sont très bien orchestrées avec beaucoup de minutie, quels sont les films qui vous ont inspirés ces scènes d’action très spectaculaires ?

Je suis content que vous me disiez ça car j’ai essayé de faire du spectaculaire ce qui n’est pas souvent le cas en France par faute de moyens et de complexes aussi.  C’est assez compliqué en France de s’attaquer à ce type de films parce qu’on a un vrai complexe qui se situe à deux endroits, c’est-à-dire qu’on a peut-être peur que ça ne soit pas assez littéraire et on a aussi peur de la comparaison avec les américains  ou les coréens, donc moi j’ai peut-être moins de complexes ou une grande naïveté ou je suis totalement inconscient, un mélange des trois je pense…J’espère que Mea Culpa  va décomplexer un petit peu mes camarades et des jeunes réalisateurs d’aller vers ce type de films. Mes références, elles sont multiples, c’est du cinéma américain comme du cinéma coréen,  même des films français, un espèce de mélange comme ça de plein plein de films, après il y a une vraie influence sur la nouvelle génération de films d’action avec des choses beaucoup plus réalistes. Pour moi il y a vraiment le film d’action  avant Bourne et après. Les Jason Bourne ont amené une nouvelle dimension…bourne_supremacy_ver2 Batman c’est plus pareil, James Bond c’est plus pareil, parce que vous vous dites maintenant que le héros peut mourir avec une manière de filmer qui colle à cette réalité. Après, je ne prends pas tout non plus de ce type de cinéma, parce que moi en tant que spectateur, il y a des choses qui me gênent, c’est la lisibilité des séquences d’action, moi j’aime bien tout voir, donc je préfère un coup de poing mal donné mais où on voit l’impact, parce que l’on se met à la place du mec qui le prend et ça fait mal , que de la mise en scène avec des trucs partout donc je fais un mix de tout !

Pas de sur-découpage donc ?

Je sur-découpe pour avoir le loisir au montage de pouvoir faire durer les plans. Après ce que j’aime bien mais c’est un luxe absolu et c’est très difficile d’arriver à faire ça en France parce que ça prend du temps et donc de l’argent, c’est que quand vous faites une scène d’action, que jamais votre caméra ne raconte la même chose, de ne jamais réutiliser le même axe. Il y a plein de séquences dans Mea Culpa où j’ai réussi à faire ça grâce aux gens avec qui je travaille et aussi grâce à  la production qui m’a laissé tourner beaucoup. Après ça ne dit pas forcément grand-chose mais techniquement j’ai tourné 1500 plans ce qui est énorme alors que j’en avais tourné 800 pour A Bout Portant et j’en ai monté 1800. Il y a 1800 cut. Ce n’est pas forcément sur-découpé par rapport à la quantité de matière que j’avais mais voilà je les utilise tous et pas de manière schizophrénique enfin j’espère ! Je suis avant tout spectateur avant d’être metteur en scène, je fais des films comme j’aimerais les voir. Des fois dans certains films d’action ça me dérange quand on ne sait pas qui prend la pêche, plus vous montrez, plus c’est violent aussi, c’est sur mais cette violence je l’assume complètement dans Mea Culpa, plus encore que dans Pour Elle et A Bout Portant. Je parlais d’être décomplexé, c’est aussi  décomplexé par rapport à une certaine forme. Ce que je trouve vraiment intéressant en voyant la réaction des gens, c’est vu que c’est français, les gens ont l’impression que les coups sont donnés deux fois plus fort, que les gens tombent de deux fois plus haut. On m’a dit « C’est pas possible là, il tombe de 80 mètres, il se relève… », le truc est décuplé… J’ai même eu comme réflexion quand je disais qu’avec Taken où il y a autant de violence qu’il n’y avait pas ce ressenti –là, et bien on m’a dit « Bah ouais mais Taken c’est du cinéma »(Rires).taken_ver5 C’est génial, parce que les gens ont l’impression que parce que ça se passe dans nos bagnoles, dans nos trains, que Vincent Lindon va mourir, que les gens prennent vraiment des coups de portière dans la tête… Cela amène forcément une espèce de proximité, mais dans dix ans si il y a beaucoup plus ce type de films, il n’y aura plus cette impression- là, parce que le filtre entre la fiction et la réalité va être réinstauré mais là il est très très mince, beaucoup plus mince que pour un film américain qui aurait même plus de violence.

Des films de genre il y en avait beaucoup dans les années 70, il y en a désormais de moins en moins ! Vous êtes intervenu dans les bonus du blu-ray du Clan des Siciliens…

Ça c’est la classe (Sourire) Le clan des Siciliens quand je le vois petit, c’est par l’embrasure d’une porte parce que mes parents m’envoyaient au lit, je le vois en 1 :22 (Rires) C’est via Arnaud Bordas (Capture Mag) que j’ai pu faire ça. Un ami à lui fait les suppléments du blu-ray et me demande si ça m’intéresse. J’étais mort de peur mais voilà j’ai reçu le blu-ray, je l’ai mis et j’ai été super ému parce que je fais partie du blu-ray et de manière très naïve je pense, j’ai l’impression de faire un peu partie du film. D’ailleurs c’est drôle j’ai rencontré pour la première fois de ma vie Alain Delon avant-hier. Même si sur la forme ce sont des films plus modernes qui inspirent Mea Culpa, ce sont des bases. Pour moi quand je suis môme, c’est ça les films policiers, c’est Verneuil, c’est Le Samouraï,  en France on savait faire des films de genre, les films de Clouzot, les films de Franju, on n’était pas complexé par rapport à cela, ça faisait entièrement partie de notre culture.  Par exemple Les yeux sans visage, maintenant vous faites ça, on va appeler ça du cinéma de genre, ça va être très anecdotique comme film. A cette  époque- là, ce qui sort c’est le gros film de la semaine. Les Diaboliques par exemple, c’est avec les deux stars du moment, le réalisateur star… mais ça va revenir j’espère…le clan des siciliens

Vous parliez de réalisme toute à l’heure. Dans ce film, vous changez de chef opérateur et cela donne un aspect un peu moins réaliste. Pourquoi ?

Je voulais faire un film noir en couleurs et je voulais aller vers quelque chose qui fasse plus spectacle et plus cinéma! C’est venu déjà sur le fait que je ne voulais pas tourner à Paris mais dans le sud de la France! Je voulais qu’il y ait ce petit décalage comme dans cette scène où ils sont poursuivis par un 4×4. Même dans la conception des décors, mon chef déco je lui dis au départ que je voulais un entrepôt énorme et qu’on va mettre des bâches plastiques. Sa première question est « oui, mais comment on justifie?, c’est quoi? ». Je lui dis « on s’en fout, que c’est un entrepôt où il y a des bâches ». Ça va être chouette de voir les phares de la bagnole tels les deux yeux d’un monstre. C’est une démarche qui n’est pas très réaliste non plus. Tout cela, mon chef op Danny Elsen avec qui je travaille pour la première fois me dit « va dans ce sens-là et si tu veux faire un truc pas complètement cinéma alors on va éclairer tout en rouge ». Je lui dis « quand même tout en rouge? » Il me répond « oui tout en rouge, tu vas voir! ». Il me montre alors le premier truc et là, il me fait un rouge un peu rouge et je lui dis « vas-y! ». A l’étalonnage, on a tout mis en rouge et d’un seul coup on a quelque chose, ouais on dirait presque de l’opéra! (Rires)

Votre chef opérateur Danny Elsen dit de votre film qu’il est un film d’action avec du cœur. Comment faites-vous pour vous approprier les codes des films d’action, les dynamiter et imposer votre vision ?

Déjà, j’aime beaucoup votre question. J’espère que ma réponse va être la hauteur. Cela reprend un peu ce que je disais tout à l’heure, il y a une volonté de faire du cinéma. Faire du nouveau, ce serait dangereux si ma démarche est de dire moi « je vais faire du nouveau ». Là d’un seul coup vous ne faites pas le film pour les bonnes raisons et vous allez vers quelque chose d’un peu artificiel. Après, c’est plein de petites volontés: Le fait d’être un peu plus coloré, le fait d’aller dans des décors qui sont plus cinéma et qui mis ensemble et avec des références qui sont peut-être autres, fait quelque chose effectivement de nouveau. Après, il y a un nouveau compositeur aussi avec qui je n’avais jamais travaillé. Assez bizarrement, Cliff Martinez n’avait jamais fait  de musique d’action. Quand il fait  Drive, toutes les parties de voiture, il n’y a pas de musique. Avant de lui proposer le film, je me dis « quand même, le mec il a fait Drive. » drive_ver5Je revois le film et il n’y a pas de musique d’action, ce ne sont que des choses atmosphériques, mais je me dis que c’est quand même une bonne idée pour avoir quelque chose de plus moderne. Ce que j’avais fait avant c’était plus classique en termes de musique avec Klaus Badelt qui vient de l’école Hans Zimmer. C’était peut-être aller vers, je ne sais pas si c’est plus de modernité mais en tout cas ma volonté au début c’est de me dire « il y a beaucoup d’action, si j’y vais avec les percus comme j’ai fait précédemment, là comme il y a une heure d’action sur 1h25, on va avoir les oreilles qui saignent ». Je me dis la solution c’est aller chercher Martinez et lui demander de faire de la musique d’action atmosphérique. Il a ri au début mais toutes ces petites choses, ces petites volontés font qu’au final c’est un peu plus moderne que mes films précédents.

La scène du TGV ou la fusillade dans la boîte de nuit sont des scènes vraiment très spectaculaires. Qu’est-ce que cela induit en terme de préparation et de budget?

Des emmerdements (Rires). Non, ça induit beaucoup de travail et surtout aussi, il ne faut rien lâcher. Même sur le papier déjà, on m’a dit « revois à la baisse ton cahier des charges ça va être super compliqué. Est-ce que t’auras les moyens d’aller au bout de tes envies donc peut-être revois le truc un peu à la baisse… » et je ne voulais pas. Je n’ai vraiment rien lâché. Sur cette course-poursuite dans la boite de nuit, la volonté au départ c’était que j’avais déjà fait une course-poursuite dans le métro dans A bout portant avec un seul décor et là je fais une course-poursuite avec sept décors. Un truc qui n’en finit pas mais en même temps qui est ludique car on passe d’un endroit à un autre et quand c’est fini et ben ça repart. Après entre ce que j’écris chez moi tranquille en mangeant des Pépito, en buvant du café et en appelant des copains, après vous vous retrouvez à cinq heures du matin dans le froid dans les entrepôts à Évry ce n’est pas la même chose, je vous le dis. Encore, moi je mange des Pépito et eux ils courent et il fait -7 degrés. C’est très compliqué, c’est à remettre aussi dans un contexte de logistique par rapport au budget du film et par rapport à ce que l’on a les moyens de faire ici. Comparé à un film comme Taken, quand je tourne une scène de poursuite en bagnole moi je n’ai qu’une voiture alors qu’eux ils ont cinq voitures avec cinq emplacements de caméra et moi il faut que j’ai les mêmes emplacements de caméra. Cela implique vachement  plus de travail de ma part, de la part des comédiens, de la part de l’équipe technique, aussi plus d’argent que mes films précédents, car même si on n’a jamais assez d’argent pour ce type de film, j’ai quand même eu la chance d’avoir un peu plus d’argent que sur A bout portant. Cela implique plein de trucs. Après, le plaisir est décuplé. On ne rigole pas tout le temps mais le cinéma que j’aime c’est ça et où je suis content de Mea Culpa en terme de forme, d’action de choses ludiques et de choses de cinéma c’est vers ça que je voulais aller. C’était impossible sur un premier ou un deuxième film. Il a fallu que j’attende et que j’attende aussi de savoir le faire. Il y a un peu plus d’action dans A bout pourtant que dans Pour elle. J’ai appris sur Pour elle et ce que j’ai appris sur ce film je l’ai mis en place sur A bout portant et même chose, ce que j’appends sur A bout portant et que j’ai upgradé un peu en action cela me permet d’être techniquement plus au point  Cela serait une hérésie que de dire que dans son premier film un réalisateur sait tout faire ! Et bien pas moi! Il a fallu que j’apprenne et j’apprends à chaque fois!

Donc vous faites exploser un avion dans le prochain ?

Je ne sais pas… Mais je me dis non, il faut peut-être que je fasse exploser un Velib….(Rires)

Sur quels éléments avez-vous choisi le jeune acteur Max Baissette de Malglaive ?

Sur la qualité de son jeu. Il n’y avait pas photo. Quand j’ai vu ses essais, c’était sûr, c’était lui. Comme je suis un garçon inquiet, j’en ai vu deux cent après pour revenir à lui. Je plaisante, j’en ai vu beaucoup, une centaine. Il est brillant. J’ai des comédiens principaux qui sont brillants et il me fallait un petit garçon qui soit à leur hauteur et aussi une comédienne, et même que tous les seconds rôles soient du même niveau de jeu que celui des deux comédiens principaux. J’ai fait un gros casting, j’ai vu beaucoup de comédiens et je suis vraiment content de tous les gens avec qui j’ai travaillé. Gilles Cohen par exemple amène un truc qui est extrêmement gonflé. Il est sur le fil à chaque fois du réalisme dans ce qu’il propose dans son jeu. Il est à la limite tout le temps de tomber dans un truc qui est peut-être trop exubérant et non ça marche. Je vois bien dans les salles quand je présente le film et que j’écoute les réactions par rapport à ce qu’il fait  que cela apporte une respiration dans le film. Je le trouve formidable. Je le trouvais déjà formidable avant. C’est un grand comédien. Voilà, pour répondre brièvement,  j’ai pris Max car avoir ce niveau de jeu à 10 ans, c’est impressionnant.

Par rapport au sketch  que vous avez tourné pour Les Infidèles, est-ce que cela vous a donné envie de vous frotter à d’autres registres que le polar?

Oui pourquoi pas. Après, c’est un peu spécial Les infidèles parce que je n’ai pas écrit le texte, mes camarades réalisateurs non plus. LES INFIDELES AFFICHE On est arrivé pour faire un film de potes avec des moyens autres que les films de potes que je faisais avec les meubles de ma grand-mère. C’était un vrai exercice de style si on peut dire vu le niveau de littérature de ce que moi j’ai eu à tourner. Mais à faire, c’est extraordinaire. Après, on pense ce qu’on veut du film, de son caractère un peu gaulois mais quand on tourne un film avec Gilles Lellouche et Jean Dujardin et deux filles dans cette chambre d’hôtel, c’est vraiment fun. Les filles étaient plus à l’aise qu’eux. Eux étaient morts de peur, super gênés. Une fois la gêne passée on s’est marrés car ce qu’ils font ce n’est que de l’impro et vous êtes spectateurs du truc et les mecs ce sont des génies en comédie. Donc, pourquoi ne pas faire une comédie. Il faudra que l’on se revoit après que j’aurais digéré Mea Culpa!

A lire également la table ronde avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche et notre critique de Mea Culpa

Retrouvez moi également dans PODSAC, le podcast cinéma dans le numéro spécial consacré au film!

Remerciements à Claire Chevalier de Cinefriends, Vincent Lautier de Tétronine et Gaumont
Merci aux autres blogueurs participants MissBobby.net, Mulderville.net, ecran-miroir.fr et Nivrae.fr

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