Critiques Cinéma

LE LOUP DE WALL STREET (Critique)

5 STARS CHEF D'OEUVRE

le loup de wall street affiche

Le tweet de sortie de projo:

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SYNOPSIS:  Le nouveau film de Martin Scorsese raconte l’histoire de Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio), courtier en Bourse à New York à la fin des années 80. Du rêve américain à l’avidité sans scrupule du monde des affaires, il va passer des portefeuilles d’actions modestes et de la droiture morale aux spectaculaires introductions en Bourse et à une vie de corruption et d’excès. En tant que fondateur de la firme de courtage Stratton Oakmont, son incroyable succès et sa fortune colossale alors qu’il avait à peine plus de vingt ans ont valu à Belfort le surnom de « Loup de Wall Street ».
L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Les excès, Martin Scorsese connait: Il a usé et abusé de substances illicites plus qu’à son tour, il s’en est déjà largement fait l’écho, et ses films entre violence décomplexée et humour noir jusqu’au-boutiste sont sans doute entre autres, une manière d’exorciser ses démons. Avec Le Loup de Wall Street, nul doute qu’il s’est trouvé un récit idoine pour transposer ses obsessions, une histoire qui est à la fois une pure destinée de personnage on ne peut plus Scorsesien, mais également un de ces récits tellement bigger than life qu’on a peine à imaginer qu’ils aient pu exister. C’est pourtant en adaptant le livre autobiographique de Jordan Belfort que Martin Scorsese revient aux affaires après l’intermède Hugo Cabret, qui malgré toutes ses qualités sonnait comme une parenthèse enchantée dans une carrière en tous points exceptionnelle. Le loup de Wall Street, ce serait un peu comme une synthèse des destinées ébouriffantes qui jalonnent les films du réalisateur, entre trips trempés dans l’acide et grandeur et décadence d’hommes souvent obligés de renoncer à leur Graal une fois arrivé au sommet!

le loup de wall street 1

Dans son cheminement sur cette route pavée de vices, Scorsese emmène pour la cinquième fois un Leonardo Di Caprio qui trouve ici un personnage à sa démesure. Le style caractéristique du réalisateur explose en quelques minutes à l’écran, mixage parfait entre une BO tonitruante du plus bel effet et images figées, voix off parfaitement placée et rythmée ou monologue face caméra, on est plongé d’emblée dans du Scorsese pur jus, leçon de cinéma jubilatoire dispensée par un gamin irrévérencieux de 71 ans. En une poignée de minutes et par le truchement d’une séquence complètement folle avec Matthew McConaughey et appelée à devenir cultissime, Scorsese nous immerge dans son univers pour ne plus nous lâcher trois heures durant. Commence alors un trip hallucinant où aucun excès n’est trop fort, une sorte de kaléidoscope où se croiseraient Mean Streets, Casino, mais aussi le Wall Street de Stone (« Il te prend pour Gordon Gekko« ) référence totalement assumée, bien qu’ici tous les curseurs soient poussés à l’extrême pour fignoler une comédie noire et déjantée où s’expriment les travers des puissants et leur besoins viscéraux d’y laisser libre cours.

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Scorsese n’a peur de rien et ce qui chez d’autres pourrait très vite tomber dans la gaudriole ou l’effet facile est ici magnifié par un jeu parfait des comédiens, par un scénario aux petits oignons concocté par Terence Winter (créateur de Boardwalk Empire) et par une réalisation en constante ébullition. D’incroyables jeux du cirque organisés dans les locaux de sa société aux séquences d’orgie démentes, de la fille tapissée de liasse de dollars à mettre à l’abri dans les paradis fiscaux en passant par une scène d’overdose qui rentrera dans les annales, Le loup de Wall Street ose tout au cœur d’une fresque impressionnante de maitrise. L’humour jamais gratuit et découlant de scènes surréalistes imprègne tout le film dont la montée en puissance va crescendo dans la surenchère. Lorsque l’on pense avoir franchi le rubicon, Scorsese en rajoute une couche et va encore plus loin, témoignant également d’une âme de gamin qui ne se dément pas. Brillant et virtuose, le film atteint des sommets et il est sans doute l’un des plus gonflés de l’année mais également l’un des plus réussis. Mettant en avant l’opulence des très riches et leurs signes extérieurs de richesse sur des choix musicaux comme toujours impeccables, Scorsese ne juge jamais ses personnages, se contentant de les regarder se dépêtrer des situations plus ou moins scabreuses dans lesquels ils s’engluent tout seuls. Il filme la démesure, la vanité et l’appât du gain mais aussi la déchéance et la perte de repères sensoriels et matériels.

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Pour réussir un tel film, on a beau avoir un réalisateur au moteur de Ferrari, il faut des comédiens qui courent dans la même écurie pour éviter de tomber dans les écueils qui tendent les bras avec ce type de récit. Leonardo Di Caprio a déjà prouvé à quel point il était un acteur formidable. Là il abat tous les doutes que certains pouvaient encore nourrir à son égard, en proposant une prestation qui confine au génie. Osant tout, ne craignant ni le ridicule, ni les situations hasardeuses, il atteint des sommets dans une composition jouissive où il démontre une palette de jeu proprement époustouflante. Le personnage qu’il interprétait dans Les Infiltrés était capable d’accès de fureur assez tétanisants, là, ces excès se manifestent non pas par la violence mais par une consommation de drogue tout bonnement hallucinante et par un naturel déconcertant dans la plus improbable des positions. Il est entouré comme souvent chez Martin Scorsese, par une galerie de seconds rôles formidable, au premier rang desquels, Jonah Hill prouve tous ses talents avec un personnage déjanté au possible. Autour d’eux, certains réalisateurs viennent jouer la comédie comme Jon Favreau, Spike Jonze ou le parfait Rob Reiner, hilarant, dans le rôle du père de Jordan Belfort, mais on croise également le toujours excellent Kyle Chandler et notre Jean Dujardin national, qui, dans un rôle assez court fait très bien le job. On pourra également citer Joanna Lumley, la Patsy de Absolutely Fabulous qu’on a plaisir à revoir ou la délicieuse Margot Robbie dans un film où la gente féminine n’est pas toujours à la fête, mais tous les personnages existent et prennent corps, du plus petit au plus grand rôle par l’excellence des comédiens et aussi par la grâce d’un montage virevoltant de la fidèle Thelma Schoonmaker. Scorsese livre donc un très grand film qui mérite de connaitre tous les honneurs, car devant une telle virtuosité, une telle maestria, un tel amour du cinéma qui suinte de la pellicule il ne reste qu’à s’incliner et à surtout ne plus avoir l’audace de l’appeler Marty, mais définitivement Maitre Scorsese!

le loup de wall street affiche miniTitre Original : THE WOLF OF WALL STREET

Réalisé par: Martin Scorsese

Casting: Leonardo Di Caprio, Jonah Hill, Rob Reiner,

Kyle Chandler, Joanna Lumley, Margot Robbie….

 

Genre: Biopic, Drame, Policier

Sortie le: 25 Décembre 2013

Distribué par : Metropolitan FilmExport

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