Critiques Cinéma

SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE (Critique)

4 STARS EXCELLENT

snowpiercer AFFICHE

Le tweet de sortie de projo:

tweet snowpiercer

SYNOPSIS: 2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Pour son premier film avec un casting international, Bong Joon-Ho (Memories Of Murder, The Host) pour notre plus grande joie, n’a pas fait dans la dentelle. Après quatre films qui l’ont peu à peu imposé comme l’un des réalisateurs en activité les plus passionnants, il revient en pleine lumière avec Snowpiercer, Le Transperceneige, libre adaptation d’une bande dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, petit monument de science-fiction et d’anticipation, qui, s’il n’est pas exempt de défauts, la faute entre autres à quelques longueurs, se révèle être un film purement jouissif, plein de noirceur et baignant dans une ambiance ultra sombre mais dont la violence ne masque pas le discours. Le réalisateur coréen ne s’est pas renié un instant avec ce film qui recèle quelques morceaux d’anthologie et qui porte bien la marque de son auteur: Une idée centrale assez simple mais suffisamment de niveaux de lecture pour se retrouver au final avec une œuvre qui donne du grain à moudre aux neurones.

SNOWPIERCER 1

La gageure d’un tel film est de réussir à rendre crédible le postulat de départ et à faire vivre et progresser dans un espace confiné un récit qui avance au gré de la traversée des wagons qui composent ce train, dernier refuge de l’humanité. Or, réussir à faire se mouvoir des dizaines de personnages dans un espace si exigu demande des trésors d’ingéniosité en terme de réalisation mais également pour que le spectateur ne se retrouve pas étouffé dans un huis-clos anxiogène. Le talent de Bong Joon-Ho parvient à surmonter toutes ces difficultés avec une certaine aisance et le metteur en scène n’hésite pas à user de beaucoup d’humour pour contrebalancer la noirceur de son propos et de ses images. Snowpiercer est également fascinant par la variété et la beauté des décors utilisés ce qui n’était pas une mince affaire à la lecture du script. Et par ses séquences d’action spectaculaires qui laissent absolument muet d’admiration face à leur efficacité et leur maestria.

SNOWPIERCER 2

Film à la portée politique et philosophique, Snowpiercer est également ultra ancré dans une dimension sociale qui se traduit par la lutte des classes entre les pauvres qui se retrouveraient opprimés par les riches. Mais ce n’est pas cette seule idée que le réalisateur véhicule, puisque son récit permet aussi de s’interroger sur la nature de l’Homme, à la fois sur celui qui subit et sur celui qui manipule, et donc sur le rapport de forces qui s’établit dès lors que celui qui subit se révolte et tente de renverser son dominant. En terme de réalisation, Bong Joon-Ho a le génie de ne jamais se répéter et se permet même de se renouveler, alors qu’il semblait compliqué de faire preuve d’inventivité, tant le champ des possibles était restreint. La perfection qui animait le film finit pourtant par se ternir quelque peu, la faute à un rythme qui s’embourbe et qui laisse s’esquisser quelques longueurs, avant de repartir de plus belle vers un final à haute portée symbolique.

SNOWPIERCER 3

Au delà de tout l’aspect technique qui est proprement hallucinant, Snowpiercer, Le Transperceneige est aussi un vrai film d’acteurs. Pour sa première fois avec des comédiens aux nationalités diverses, le coréen s’offre un casting riche et haut en couleurs. En figure de proue de cette révolte, Chis Evans (Captain América) dévoile une personnalité à la fois sombre et profonde, mélange de fêlures et de fureur rentrée qui le conduisent à faire preuve d’une sobriété patentée et d’un état d’esprit complètement badass. Song Kang-Ho, acteur fétiche du cinéaste déploie une folie et un humour ravageur, et l’illuminée Tilda Swinton, dans un jeu cabot et appuyé, démontre une nature particulièrement incroyable. Octavia Spencer, John Hurt, Jamie Bell ou encore Ed Harris complètent une distribution géniale qui est pour beaucoup dans la réussite du projet. Bong Joon Ho réussit donc son incursion dans un cinéma qui fait cohabiter de multiples singularités et c’est ce mélange qui fait d’emblée de Snowpiercer, Le Transperceneige un classique du film post-apocalyptique.

SNOWPIERCER AFFICHE MINITitre original: SNOWPIERCER

Réalisé par: Bong Joon Ho

Casting: Chris Evans, Tilda Swinton, Song Kang-Ho

Jamie Bell, Ed Harris, Octavia Spencer, John Hurt…

Genre: Drame, Science-Fiction

Sortie le: 30/10/2013

Distribué par :Wild Side Films/Le Pacte

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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4 réponses »

    • AHAHA avec ce genre de commentaire on va me prendre pour un tortionnaire:) non mais surtout ça m’étonne que tu ne sois pas tenté, j’aurais tout à fait imaginé que ça pourrait te plaire!

  1. je rejoins l’étonnement de Cliff par rapport au refus de WGS de voir ce film… Mais au final, comme je sais qu’il le finira par le voir d’une manière ou d’une autre, je suis persuadé qu’il nous en dira tout le mal qu’il en pense… Je crains son rejet définitif de ce film über puissant, au final…

    Sinon, quant à tes propos, Cliff, je te rejoins totalement sur tous les points, positifs comme négatifs.

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