Critiques Cinéma

THE IMPOSSIBLE (Critique) ****

SYNOPSIS: L’histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes. The Impossible raconte comment un couple et leurs enfants en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. D’après une histoire vraie.

Le tweet de sortie de projo:

En décembre 2004, le monde fut stupéfié par la violence d’une vague qui vint balayer les certitudes les plus établies sur les catastrophes naturelles et leurs bilans drastiques. Plus que jamais, les éléments s’étaient déchainés et jetaient sur l’échelle des drames un voile noir d’une implacable absurdité. Des milliers de personnes subirent le contrecoup de ce terrible évènement mais c’est en centrant son récit sur l’histoire d’une famille que Juan Antonio Bayona parvient à resserrer une intrigue universelle autour de destins personnels et c’est par ce biais qu’il réussit un film intense, à hauteur d’homme, qui remue, secoue et laisse au final, épuisé et conscient de la chance inestimable d’être en vie.

D’emblée, The Impossible surprend en mettant en scène une famille lambda, loin de toutes dissensions autres qu’anecdotiques, le contraire des familles recomposées devenues la panacée en terme de représentation de la cellule familiale au cinéma. Cette famille s’aime et la force du film est qu’on n’en doute pas un instant après les quelques minutes d’exposition initiales. On sait qu’ils s’aiment et on sait que forcément cet amour aura un impact émotionnel dès lors que le tsunami surviendra. Et ne nous leurrons pas, tous les spectateurs de ce film attendent que la vague arrive et lorsqu’elle débarque sur l’écran, on prend une claque gigantesque comme les films catastrophe n’en avaient plus données depuis bien longtemps. Non seulement, les images du tsunami sont impressionnantes et spectaculaires, mais la tension dramatique créée en amont par le metteur en scène est brillante. Et en n’occultant rien des ravages créés par la vague sur les humains, il nous montre à la fois des corps malmenés qu’il filme au cœur même des évènements dans lesquels nous sommes complètement happés et qui nous font ressentir successivement la douleur, le doute, l’espoir ou la peur. Des sensations, qui, mêlées à l’empathie ressentie pour les personnages, vont décupler notre immersion dans le film ce qui va s’avérer capital pour la suite.

Car comme tout film catastrophe qui se respecte, dans The Impossible, la catastrophe ne fait pas tout le film. Plus encore ici, en séparant la famille, Juan Antonio Bayona permet des points de vue et des angles émotionnels différents ce qui constitue également un terreau idéal pour deux quêtes. L’une pour la mère et le fils ainé, de se sortir vivants du piège qui se referme sur eux, l’autre pour le père et ses deux autres fils, afin de retrouver les deux disparus. Forcément les enjeux sont différents mais tout aussi forts en terme d’implication. Et en construisant son film de cette façon, le réalisateur permet une réflexion sur les rapports familiaux, sur l’enfant qui doit devenir un homme, sur la force que la peur vous insuffle… The Impossible est une réussite sur tous les plans, un drame intense, bluffant de réalisme et qui vous étreint le cœur, par la force des sentiments qu’il draine. Les mauvais coucheurs qui y verront un tire-larmes facile se trompent, car, jamais l’émotion n’est factice. Même si Bayona aurait pu faire l’économie des envolées lyriques de la fin qui appuient inutilement un propos qui se suffit à lui-même.

Si la force des images et du scénario sont incontestables, The Impossible peut compter sur des comédiens chevronnés qui confèrent au film toute sa moelle. Rarement Naomi Watts et Ewan McGregor ont été si émouvants, si intenses, si vrais, si profondément humains. Ils réussissent une performance qui ne sombre jamais dans la surenchère, et l’on est avec eux de bout en bout, collés à leurs basques en espérant qu’ils vont vite se retrouver. Les trois enfants sont parfaits dans les émotions qu’ils transmettent et dans l’intensité de leurs prestations. On ressortira du lot le jeu de Tom Holland, qui interprète le fils ainé et qui démontre un sens de l’art dramatique incroyable. Impressionnant dans sa maitrise technique et narrative, distillant d’immenses shoots d’émotions à intervalles réguliers, The Impossible, confirme après L’Orphelinat que Juan Antonio Bayona est un metteur en scène à l’intelligence redoutable. En réalisant ce mélodrame immense qui s’impose d’emblée comme l’un des fleurons du film catastrophe, il livre rien de moins, que l’un des films les plus puissants de 2012.

THE IMPOSSIBLE DE JUAN ANTONIO BAYONA, AVEC NAOMI WATTS, EWAN McGREGOR, TOM HOLLAND, DOMINIC POWER, GERALDINE CHAPLIN, SAMUEL JOSLIN… SORTIE LE 21 NOVEMBRE 2012

DISTRIBUE PAR SND

Publicités

2 réponses »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s