Critiques Cinéma

JASON BOURNE L’HERITAGE (Critique) **

SYNOPSIS: On croyait tout connaître de l’histoire de Jason Bourne et de son passé d’agent tueur malgré lui. Mais l’essentiel restait à découvrir. Le programme Treadstone dont Jason était le cobaye n’était que la partie émergée d’une conspiration plus ténébreuse, ourdie par d’autres branches du gouvernement et mettant en jeu d’autres agences de renseignement, d’autres programmes militaires, d’autres laboratoires secrets…
De Treadstone est né « Outcome« , dont Aaron Cross est un des six agents. Sa finalité n’est plus de fabriquer des tueurs, mais des hommes capables d’assurer isolément des missions à haut risque. En dévoilant une partie de cette organisation, Jason laissait derrière lui un « héritage » explosif : compromis, les agents « Outcome » sont désormais promis à une liquidation brutale. Effacés à jamais pour que le « père » du programme, le Colonel Byer puisse poursuivre ses sinistres activités.
Une gigantesque chasse à l’homme commence, et Cross, devenue sa première cible, n’a d’autre recours que de retrouver et gagner la confiance de la biochimiste d’ »Outcome« , Marta Shearing, elle-même menacée de mort…

Certains films font d’emblée craindre le pire. Après le triomphe d’une trilogie qui a bouleversé le paysage du film d’action et inscrit son héros dans le marbre et alors qu’on pensait que La vengeance dans la peau avait bouclé la boucle, voilà que les exécutifs hollywoodiens décident de fourbir les armes et de s’immerger dans l’univers de Jason Bourne… mais sans Jason Bourne. Sous prétexte de montagnes de dollars, les idées les plus fallacieuses germent dans les cerveaux de producteurs cupides et donnent souvent des pétards mouillés vides de sens. Pourtant, bien que bourré de défauts, Jason Bourne l’héritage s’en sort finalement pas mal et est au bout du compte un film efficace. Loin d’être un chef-d’œuvre, il assure pourtant  son cahier des charges et c’est déjà pas mal, tant on ne donnait pas cher de sa peau.

En prenant comme postulat de départ la création d’un spin-off à la trilogie Bourne, l’équipe créative du film s’est mis toute seule dans de beaux draps. Sous couvert d’un scénario abracadabrantesque, ils font entrer un nouvel agent dans un cadre défini par les trois films d’origine, et si ce dernier ne souffre pas d’amnésie, il subit d’autres affres qui génèrent une crise d’identité et le poussent notamment à prendre la fuite et à tenter de démanteler un complot dont il s’avère être une victime collatérale. Cela aurait pu être malin si cela avait été novateur, hors on est très loin d’y déceler une quelconque originalité. Ce n’est pas désagréable, ça se regarde, les pics de tension sont plutôt bien amenés, mais c’est du déjà vu et en mieux, et la tentative de recyclage finit par être plutôt lassante.

En compliquant à loisir un script d’une simplicité pourtant biblique, Tony Gilroy, crédité au scénario des trois premiers films, ampoule le tout de longueurs malvenues, sans que cela n’apporte rien de particulier, sinon un début de migraine. En voulant à tout prix faire le lien avec la trilogie Bourne, Gilroy nous épuise en circonvolutions diverses et nous plongent à plusieurs reprises dans un abime de perplexité et d’ennui, heureusement contrebalancés par des séquences d’action plutôt bien troussées (même si l’abus de sur-découpage met la vision à  rude épreuve). Le gros problème du récit qu’on nous sert c’est que très vite on finit pas s’en moquer, tant il charrie son lot d’invraisemblances, et tout cela sur 2h15 s’il vous plait, histoire de bien appuyer le propos.

Comme souvent lorsqu’un film n’est qu’une machine faite pour briller mais sans âme véritable, les acteurs sauvent les meubles comme ils le peuvent. Heureusement, le casting est plutôt soigné, ce qui permet de faire passer la pilule. Les bureaucrates qui manipulent les fils dans l’ombre sont interprétés par trois acteurs chevronnés Edward Norton, Scott Glenn et Stacy Keach, qui sont très bien dans ce qu’ils ont à faire même en n’assurant que le minimum syndical. La touche féminine est confiée à la troublante Rachel Weisz et l’on comprend que le personnage interprété par Jeremy Renner se lance à ses côtés dans une course poursuite internationale. Jeremy Renner,  quand à lui, est parfait, comme cela devient une habitude, et il semble bien être le nouvel action hero incontournable. Bref avec Jason Bourne l’héritage, on voyage, il y a de la manipulation et des complots secrets, des meurtres et des bastons à foison, de l’action et des invraisemblances, on passe un moment agréable, mais qu’on a déjà oublié quelques heures après. Rien de nouveau sous le soleil donc.

JASON BOURNE L’HERITAGE DE TONY GILROY, AVEC JEREMY RENNER, RACHEL WEISZ, EDWARD NORTON, STACY KEACH, SCOTT GLENN…. SORTIE LE 19 SEPTEMBRE 2012

DISTRIBUE PAR UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FRANCE 

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2 réponses »

  1. Heureusement que je ne l’ai pas vu fatigué tard le soir, sinon je m’endormais! Trop peu rythmé, un film oscillant entre deux genres et pas dans l’esprit de la saga pour moi. Trop peu d’action…

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