Critiques Cinéma

THE DESCENDANTS (Critique) ***

Hawaï n’est pas que le paradis sur terre que vantent les dépliants touristiques. Sur cette île aussi, les coups du sort vous frappent, le temps n’est pas idyllique à chaque instant et on ne passe pas sa vie sur les planches de surf.

Matt King est un avocat débordé, qui n’a pas vu ses enfants grandir et qui a laissé son mariage partir à la dérive. Quand sa femme est victime d’un très grave accident de bateau, il tente de se rapprocher de ses filles mais il n’a pas les codes, ni ne sait les gestes à faire ou les mots à dire. Parallèlement il se demande s’il doit vendre les terres héritées de ses ancêtres hawaïens.
Mais tout son univers vacille lorsque sa fille aînée lui apprend que sa femme le trompait. Matt prend alors la route avec ses filles à la recherche de l’amant mystérieux…

Alexander Payne est un récidiviste : Après Monsieur Schmidt, après Sideways, il continue avec The Descendants, d’embarquer sur les routes un anti-héros qu’un évènement dramatique va transcender. Il trouve avec George Clooney un parfait interprète de ces fêlures souterraines, qui face aux soubresauts de la vie, surnage tant bien que mal. L’acteur est magnifique dans le rôle de cet homme maladroit qui a tout sacrifié à son travail, négligeant l’essentiel et qui finit par en payer le prix fort. Assumant sa chevelure poivre et sel, ses rides, le poids des ans, Clooney excelle à montrer la transfiguration de cet homme qui passe du statut de victime jusqu’à celui de maître de son destin, alors que sa vie semblait finie.

Filmant un Hawaï atypique, sous la grisaille, aux plages désertes balayées par le vent, Alexander Payne brasse des thèmes aussi forts que la famille, l’héritage, le deuil,mais son film n’est pas exempt de défauts. Au lieu de prendre le parti soit du drame, soit de la comédie, on oscille sans cesse entre les deux, mais parfois au désavantage de l’histoire, tant on sent que le rire n’est là que pour désamorcer la noirceur du propos. Comme si Alexander Payne n’assumait pas complètement le versant tragique de son film. A quelques exceptions près où l’on a vraiment la gorge serrée, l’émotion affleure, mais est souvent contrebalancée par des scènes comiques qui n’ont pas la même force que les séquences dramatiques.

Interprété également par deux jeunes comédiennes formidables, Amara Miller et Shailene Woodley (La vie secrète d’une ado ordinaire), le film permet aussi de revoir avec plaisir deux acteurs rares que sont Beau Bridges et Robert Forster. George Clooney prouve avec The Descendants, que la cinquantaine cabossée lui va bien et une nomination aux prochains Oscar, en attendant peut-être de décrocher la précieuse statuette, est venue couronnée son impeccable performance dans ce film qui à défaut d’être génial, réserve de très jolies scènes.

THE DESCENDANTS DE ALEXANDER PAYNE, AVEC GEORGE CLOONEY, SHAILENE WOODLEY, AMARA MILLER, BEAU BRIDGES, ROBERT FORSTER…SORTIE LE 25 JANVIER 2012

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