

Dans cette saison 2, les Harrigan peinent à présenter un front uni alors que des rivaux en pleine ascension menacent leur empire criminel déjà fracturé – et Harry Da Souza, leur redoutable « homme de main » à la débrouillardise de la rue, doit marcher sur une corde raide périlleuse alors que les tensions au sein de la famille s’intensifient. Alors que la violence envahit chaque recoin de leur vie, les loyautés se brisent, la sécurité s’avère éphémère et la lutte pour le pouvoir ne laisse aucune place à la pitié.
Il n’aura fallu que quelques minutes pour retrouver exactement ce qui avait rendu la première saison de MobLand aussi addictive. Pour son retour, la série ne cherche ni à changer de formulSe ni à réinventer ce qui fonctionnait déjà remarquablement bien. Elle reprend les choses là où elle les avait laissées, avec la même énergie, la même violence, le même humour noir et surtout un plaisir de jeu qui semble encore décuplé. Ce premier épisode de la saison 2 est une réussite totale.
Guy Ritchie, qui en assure la réalisation, donne immédiatement le ton. Pas question de passer de longues minutes à remettre tranquillement les différents éléments en place. Le récit démarre pied au plancher et retrouve cette manière si particulière de faire surgir le rire au milieu des situations les plus tendues. Tout peut basculer en quelques secondes et c’est précisément cette imprévisibilité qui rend la série aussi prenante. Car MobLand n’est jamais aussi réjouissante que lorsqu’elle mélange les registres. Elle peut être extrêmement violente sans devenir pesante, franchement drôle sans transformer ses personnages en caricatures et spectaculaire sans oublier les rapports humains qui constituent le cœur de son récit. Ce cocktail fonctionne d’autant mieux que la série ne cherche jamais à atténuer ses excès. Mais sa grande force reste évidemment son casting.
Tom Hardy, Pierce Brosnan et Helen Mirren sont en fusion totale. La première saison avait déjà permis de mesurer à quel point la réunion de ces trois acteurs constituait l’une des grandes idées de MobLand. Cette deuxième saison le confirme immédiatement. Chacun possède son territoire, son énergie et sa manière d’occuper l’écran, mais c’est leur complémentarité qui fait des étincelles. Tom Hardy retrouve avec Harry Da Souza un personnage qui lui va comme un gant. Tout repose chez lui sur une économie de gestes et de paroles, une apparente tranquillité derrière laquelle peut surgir à tout moment quelque chose de beaucoup plus inquiétant. Hardy n’a jamais besoin d’en faire trop. Un regard, une intonation ou quelques mots suffisent à imposer sa présence.
Face à lui, Pierce Brosnan continue de se régaler avec Conrad Harrigan. L’acteur semble prendre un plaisir immense à jouer avec les excès de son personnage et sa capacité à changer de registre presque instantanément. Une liberté de jeu qui rend Conrad aussi inquiétant qu’irrésistible à regarder.
Et puis il y a Helen Mirren. Extraordinaire. Maeve Harrigan reste un personnage absolument fascinant par le contraste permanent entre son apparente tranquillité, son ton parfois presque maternel et ce qu’elle est capable de dire ou de faire. Mirren exploite chaque réplique, chaque silence et chaque regard avec un plaisir communicatif.
Ce retour possède également une qualité essentielle : il ne donne jamais l’impression de devoir laborieusement rappeler au téléspectateur où chacun en était. Les personnages retrouvent naturellement leur place et les différents rapports qui les unissent ou les opposent redeviennent immédiatement lisibles. La saison peut ainsi se remettre en marche sans sacrifier son rythme à une longue exposition.
La série continue parallèlement de faire vivre un univers dans lequel les rapports familiaux et les affaires sont constamment imbriqués. C’est précisément ce mélange qui lui permet de ne pas se limiter à une succession de règlements de comptes. Derrière le spectacle et les éclats de violence, les liens entre les personnages donnent au récit une matière supplémentaire et maintiennent constamment les enjeux à hauteur humaine.
Surtout, MobLand possède une véritable personnalité. Elle assume son goût pour les personnages hauts en couleur, les dialogues cinglants et une forme de démesure sans jamais donner l’impression de chercher artificiellement l’effet. Son univers est désormais suffisamment installé pour que la série puisse s’y déplacer avec une liberté évidente et laisser ses comédiens en exploiter toutes les possibilités.
Après avoir adoré la première saison, difficile de ne pas ressentir exactement le même plaisir devant ce retour. Ce lancement ne se contente pas de reproduire une recette : il retrouve immédiatement ce qui faisait fonctionner MobLand tout en donnant suffisamment de matière pour avoir envie de découvrir où cette nouvelle saison compte emmener ses personnages.
Avec ce premier épisode formidable, la saison 2 s’inscrit pleinement dans la droite lignée de la première. Tom Hardy, Pierce Brosnan et Helen Mirren restent impériaux, tandis que Guy Ritchie démontre une nouvelle fois à quel point cet univers semble taillé pour son style. MobLand confirme ainsi, dès son retour, sa capacité à transformer un récit de gangsters en un spectacle aussi généreux que singulier. Et savoir qu’une troisième saison est déjà prévue ne gâche évidemment rien au plaisir.
Crédits : Paramount+










































































































































