

SYNOPSIS : Une jeune femme, qui pensait avoir laissé derrière elle sa vie de criminelle, doit renouer avec son côté sombre une dernière fois afin d’échapper à cet obscur passé.
Alors que sa dernière série Vrais Voisins, Faux Amis vient de diffuser sa saison 2, Jonathan Tropper (notamment à l’origine de Banshee et de See) dégaine – toujours avec AppleTV – sa nouvelle création co-pilotée avec la scénariste Cassie Pappas. A l’origine, il y a le roman de Marissa Stapley, un best-seller haletant qui aura vite attiré l’attention d’Hollywood (notamment la comédienne et productrice Reese Witherspoon qui le mettra en avant dans son Book Club), et qui donne aujourd’hui la série Lucky où est aligné un vrai parterre de stars.
Au centre du jeu, la « Lucky » du titre trouve son visage chez la toujours géniale Anya Taylor-Joy. La comédienne incarne une certaine Luciana « Lucky » Armstrong, fille du roi de l’arnaque John Armstrong (Timothy Olyphant) qui l’a élevé en lui apprenant tous ses « trucs » pour obtenir n’importe quoi de n’importe qui. Lorsqu’on la rencontre dans le premier épisode, Lucky semble heureuse. La vingtaine, une idylle amoureuse avec le magnétique Cary (Drew Starkey), ils semblent fêter leur mariage et leur liberté imminente à Las Vegas. On comprend alors que les deux tourtereaux, façon Bonnie & Clyde, ont récupéré une très grosse somme d’argent après un coup habile. Mais lorsque Lucky se réveille le lendemain matin, elle est seule dans la chambre d’hôtel. Et l’argent a disparu… Maintenant, la jeune femme se retrouve poursuivie à la fois par le FBI mené par l’agent Rand (Aunjanue Ellis-Taylor) et par les hommes de main de l’impitoyable mafieuse Priscilla Matheson (Annette Bening). Cette inextricable impasse mexicaine va entraîner Lucky dans une folle cavale à travers les Etats-Unis, où ses dons d’arnaqueuse et de manipulatrice conférés par l’éducation de son père vont devenir ses seules armes pour espérer se sortir de sa situation…

7 épisodes de 45 minutes, du drame familial, des dilemmes moraux, de l’arnaque flamboyante, de l’action pétaradante et un alignement impressionnant de stars : Lucky a toutes les armes pour séduire d’emblée. Anya Taylor-Joy en survivante agile et manipulatrice, à la fois traumatisée et intelligente, la série nous emmène dans ce qui se transformera vite en une haletante cavalcade où notre héroïne devra fuir à la fois les autorités qui cherchent à la coffrer une bonne fois pour toutes et une ribambelle de gangsters qui continuent de courir après l’argent volé. Son Cary volatilisé (on déduit vite qu’il l’a abandonné en fuyant avec l’argent), Lucky se retrouve seule dans sa quête. Cette solitude est l’une des thématiques les plus fortes de la série, et trouve dans son interprète une force conséquente avec laquelle on rentre immédiatement en empathie. A travers une palette de nuances redoutables (son personnage semble parfois fragile et à fleur de peau, et parfois parfaitement maître des plans ultra précis qu’elle met en place pour arriver à ses fins), Anya Taylor-Joy est – comme à son habitude – formidable de part en part, composant à quelques moments clés des monologues très impressionnants (on pense notamment à deux séquences où elle règle ses comptes avec deux personnages différents dans l’épisode 4 et dans le 6). Sa Lucky est une force de la nature à laquelle il est facile de s’attacher, elle qui se retrouve injustement poursuivie par deux entités qui ne reculent devant rien pour la traquer et la faire tomber. Mais la série est également, au-delà d’une étude de personnages et d’une performance de casting assez saisissante, une excellente excuse à d’implacables scènes d’action.

Courses-poursuites, infiltrations, fusillades et autres bagarres au corps-à-corps : tout y passe, Jonathan Tropper et Cassie Pappas composent 7 épisodes nerveux et intelligents, sans aucun temps mort ni sous-intrigue inutile. Tout va à l’essentiel, en ligne droite, assumant ses plot-twists et ses cliffhangers radicaux pour toujours se renouveler. On y trouvera simplement une petite ombre au tableau lorsque les intrigues se bouclent dans le dernier épisode et que quelques conclusions semblent un peu trop rapides et parfois trop cousues de fils blancs pour vraiment taper dans le mille.

Malgré ces quelques imprécisions, Lucky s’avère être une remarquable réussite, une odyssée nerveuse et maline à travers les Etats-Unis qui répond à un rythme effréné et un casting habité. Derrière ses arnaques et ses gangsters, la série trouve ses plus beaux moments lorsqu’elle confronte ses personnages en les mettant face à face. En plus de donner à ses comédiens et comédiennes un bac à sable passionnant, Lucky parvient à se révéler très émouvante au-delà de son action trépidante et de ses retournements de situation percutants. Et c’était, au final, tout ce qu’on y cherchait.
Crédits : AppleTV









































































































































