

SYNOPSIS : Vingt-six ans après avoir échappé à un tueur masqué étrangement familier (« Ghostface »), les héros emblématiques de la saga sont de nouveau dans la ligne de mire du meurtrier, et aucune franchise de film d’horreur n’est à l’abri.
Dans un monde où chaque susceptibilité semble désormais être extrapolée, disséquée puis sacralisée jusqu’à souvent banaliser la cancel culture, le retour de Scary Movie pouvait apparaître comme une bouffée d’air frais. À l’image de ce qu’avait représenté l’année dernière le retour de Y a-t-il un flic pour sauver le monde ?, revoir débarquer cette franchise emblématique de la parodie donnait presque l’impression d’assister au retour des bêtises après un très long hiatus. L’annonce du retour des frères Wayans aux commandes ne faisait que renforcer cette attente. Après tout, ils sont les artisans des premiers opus, ceux qui avaient réussi à transformer une succession de gags idiots en véritables phénomènes populaires. Bien sûr, une question subsistait : la licence Scary Movie avait-elle encore sa place dans le paysage actuel ? Les codes de l’humour ont évolué, les références aussi, et la franchise devait nécessairement se renouveler pour éviter de ressembler à un vestige d’une autre époque. Malheureusement, après avoir découvert ce nouveau volet, il est difficile de ne pas penser qu’il aurait peut-être mieux valu laisser le cadavre dans son cercueil.

Le film s’ouvre sur une Teyana Taylor toujours aussi imbuvable que dans Une Bataille après l’autre. Une entrée en matière déjà peu engageante qui ne prépare pourtant pas au véritable désastre à venir. Très rapidement, Scary Movie replonge dans ce qui a toujours constitué son ADN : les références et les parodies en pagaille. Mais là où les premiers films savaient détourner intelligemment leurs modèles, ce nouvel opus donne plutôt l’impression d’avoir été conçu à partir d’une simple liste de tendances culturelles griffonnée à la va-vite. La sortie de route est quasiment immédiate. Tout devient rapidement indigeste, lourd, parfois franchement pathétique. Les gags tombent à plat les uns après les autres, les scènes s’enchaînent sans rythme et l’on se surprend régulièrement à se demander si le film cherche réellement à faire rire ou s’il se contente simplement d’aligner des références dans l’espoir que le public fasse lui-même le travail. Le plus frustrant reste sans doute la manière dont les parodies sont introduites ; elles semblent systématiquement balancées à la truelle dans le récit, sans transition, sans cohérence et souvent sans véritable raison. L’exemple le plus criant est probablement celui de Terrifier. Présentée sous forme de flashback surgissant de nulle part, cette séquence résume à elle seule tout ce qui ne fonctionne pas dans le film. Non seulement elle est amenée avec la subtilité d’un buffet à vaisselle, mais elle ne parodie absolument rien. Elle se contente de reproduire quasiment à l’identique une scène issue d’un univers déjà volontairement excessif et grotesque. Or une parodie n’est pas censée être une photocopie, elle est censée détourner, exagérer, déconstruire ou apporter un regard nouveau. Ici, il n’y a rien de tout cela. Et malheureusement, ce constat pourrait s’appliquer à pratiquement toutes les franchises visées par le film. Nous pourrions dresser la liste complète des œuvres « parodiées », mais cela serait honnêtement une perte de temps. Globalement, toutes les parodies ou presque sont affligeantes.

Ce qui rend l’ensemble encore plus décevant, c’est l’immense campagne promotionnelle qui a précédé la sortie du film. Depuis plusieurs semaines, les frères Wayans multipliaient les interviews, promettant un retour aux sources, un regain d’inspiration et une véritable renaissance pour la franchise. Ils semblaient convaincus de tenir quelque chose d’important. Le résultat donne pourtant l’impression d’un brouillon rushé sur un cahier en une nuit avant d’être envoyé directement en tournage le lendemain matin. L’écriture est catastrophique. Les personnages, qu’ils soient anciens ou nouveaux, sont au ras des pâquerettes. Aucun ne parvient à exister au-delà de quelques répliques laborieuses ou de gags qui tombent systématiquement à plat. Même le retour de certaines figures emblématiques ne produit strictement aucun effet tant le scénario semble incapable de leur offrir autre chose que des apparitions purement anecdotiques. Autre sujet d’agacement : le matériel promotionnel lui-même paraît presque mensonger. Jusqu’aux affiches numériques projetées devant certaines salles, plusieurs éléments promettaient des séquences totalement absentes du film final. Le cas de Squid Game est particulièrement révélateur. Longtemps mise en avant dans la communication du film, cette prétendue parodie semble avoir purement et simplement disparu du montage. De quoi donner l’impression que même les responsables marketing ignoraient ce qui allait réellement se retrouver à l’écran. Au milieu de cet immense champ de ruines, une seule séquence a pourtant réussi à nous décrocher un léger sourire : la parodie de KPop Demon Hunters. Certes, sa réalisation est laide à souhait, mais elle constitue l’un des rares moments où le film semble enfin comprendre ce qu’est une parodie. Pendant quelques minutes, on aperçoit ce que ce retour de Scary Movie aurait pu être s’il avait bénéficié d’un minimum d’inspiration. Malheureusement, cette éclaircie est bien trop courte pour sauver quoi que ce soit.

Le plus ironique dans cette histoire reste probablement le contraste entre les promesses et le résultat final. Les frères Wayans semblaient nous vendre de l’or. Ils livrent finalement un véritable pot de pus. A plusieurs reprises dans le film, les frères Wayans s’évertuent à rappeler qu’ils avaient été écartés de Scary Movie 3 et Scary Movie 4, laissant entendre que la franchise s’était perdue sans eux. Au vu du résultat de ce nouveau volet, ils auraient peut-être intérêt à faire preuve d’un peu plus de retenue avant de se présenter comme les seuls garants de l’esprit de la saga. Et peu importe qu’on regarde le film au deuxième, au troisième ou même au quatrième degré : le problème n’est pas qu’il soit offensant, irrévérencieux ou volontairement idiot, les meilleurs volets de la saga l’étaient déjà. Le problème est qu’il est paresseux. Terriblement paresseux. Le résultat est une coquille vide, un assemblage laborieux de clins d’œil sans imagination qui semble constamment confondre référence et humour. Le retour de Scary Movie aurait pu être rafraîchissant. Il aurait pu rappeler pourquoi la parodie a longtemps occupé une place importante dans la comédie populaire. Il aurait pu démontrer qu’il existe encore aujourd’hui un espace pour ce type d’humour. À la place, il livre l’un des retours de franchise les plus lamentables de ces dernières années.

Titre Original: SCARY MOVIE
Réalisé par: Michael Tiddes
Casting : Marlon Wayans, Shawn Wayans, Anna Faris …
Genre: Comédie, Épouvante-Horreur
Sortie le: 3 juin 2026
Distribué par: Paramount Pictures France

TRÈS MAUVAIS
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































