Critiques Cinéma

RÈGLEMENTS DE COMPTES A O.K. CORRAL (Critique)

SYNOPSIS : A l’issue d’une longue carrière au service de la loi, satisfait de faire régner l’ordre à Dodge City, Wyatt Earp entreprend de se ranger. Mais ses plans de retraite sont remis à plus tard, le jour où son frère Virgil , shérif comme lui, l’appelle à l’aide, ne pouvant plus contrôler les activités criminelles de la famille Clanton et de ses hommes de main dans sa ville. Il fait route vers Tombstone où, en Doc Holliday, un ancien dentiste devenu joueur professionnel, il trouve le plus précieux des alliés…

Avant même d’être un classique du western, Règlements de comptes à OK Corral est une rencontre historique. Celle de deux monstres sacrés du cinéma américain : Burt Lancaster et Kirk Douglas. Deux acteurs au magnétisme colossal, deux présences capables de faire exploser un écran par leur simple manière de se tenir dans le cadre. Et c’est précisément cette collision de charismes qui permet au film de John Sturges de traverser les décennies avec une force intacte.

Sorti en 1957, le long-métrage revient sur l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire de l’Ouest américain : la fusillade d’OK Corral, qui opposa Wyatt Earp, Doc Holliday et les frères Earp au clan Clanton dans la ville de Tombstone, en Arizona, le 26 octobre 1881. Comme souvent à Hollywood, la réalité historique est largement romancée. Le film préfère la légende à la reconstitution documentaire. Et détail savoureux pour les spectateurs français de l’époque : Wyatt Earp y est rebaptisé “Edward Thorpe” dans la version française. Mais c’est précisément ce qui fait la puissance du film : Sturges filme moins un fait divers qu’une mythologie américaine en train de se construire.

À cette époque, le western classique est déjà en pleine mutation. Après les grandes fresques héroïques des années 40 et du début des années 50, le genre commence à se troubler moralement. Les héros deviennent plus ambigus, plus fatigués, plus humains. Quelques années avant Les Sept Mercenaires et La Grande Évasion, John Sturges affirme déjà ici son goût pour les récits d’hommes, les rapports de force et les figures légendaires confrontées à leur propre fragilité. Burt Lancaster trouve dans Wyatt Earp un rôle à sa mesure. L’acteur déploie une autorité naturelle fascinante. Son Earp est droit, implacable, presque sculptural. En face, Kirk Douglas livre probablement la prestation la plus mémorable du film. Son Doc Holliday, tuberculeux, ironique, élégant et autodestructeur, apporte une dimension tragique qui électrise chaque scène. Douglas joue avec une intensité incroyable, sans jamais perdre cette désinvolture carnassière qui faisait de lui une star à part. Leur association dépasse largement le simple duo de vedettes. Elle devient l’âme même du film. Et même lorsque certains aspects du scénario paraissent aujourd’hui un peu schématiques ou romanesques, la classe absolument intersidérale des deux hommes balaie les réserves. Techniquement, le film demeure somptueux. La photographie de Charles Lang magnifie les paysages et les intérieurs avec un sens remarquable de la composition. Les couleurs éclatantes du Technicolor donnent au film une ampleur visuelle superbe. Sturges maîtrise l’espace avec une élégance folle : chaque entrée dans un saloon, chaque confrontation silencieuse, chaque progression vers le duel final participe à une montée de tension admirablement orchestrée.Et puis il y a cette incroyable galerie de seconds rôles. Jo Van Fleet, Rhonda Fleming, John Ireland ou encore un jeune Dennis Hopper enrichissent constamment le récit. Tous participent à cette impression de grand western hollywoodien porté par un casting d’exception.

Dans la carrière de Lancaster comme dans celle de Douglas, Règlements de comptes à OK Corral occupe une place essentielle. Le film synthétise parfaitement ce que les deux acteurs représentaient alors : une virilité hollywoodienne puissante, mais déjà travaillée par des zones d’ombre et des failles plus modernes. Leur collaboration deviendra d’ailleurs l’une des associations les plus mythiques du cinéma américain. Près de sept décennies après sa sortie, le film conserve une aura absolument indéniable. Parce qu’au-delà du mythe, au-delà du spectacle, au-delà même du western, il capture quelque chose de rare : le moment où Hollywood transforme des acteurs en légendes.

Titre Original: GUNFIGHT AT THE O.K CORRAL

Réalisé par: John Sturges

Casting : Burt Lancaster, Kirk Douglas, Rhonda Fleming …

Genre: Drame, Western

Sortie le: 16 octobre 1957

Disponible en Combo 4K UHD BLU RAY le 16 juin 2026 chez Sidonis Calysta

CHEF-D’ŒUVRE

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