

SYNOPSIS : Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…
Auteur incontournable de comédies françaises unanimement saluées, Pierre Salvadori signe ici son 11ème long métrage en 34 ans. Le mensonge, l’ambiguïté et les faux-semblants demeurent ses thèmes de prédilection. Purement subjectivement, Les apprentis (1995) semblent son Graal en matière de tendresse férocité et de passions joyeuses pour les bosses et les cabosses de ses personnages. Pierre Salvadori en parlant de La Vénus électrique dit de son film qu’il dégage « une énergie, une joie, parfait pour une fête comme est Cannes« . Le cinéaste dit qu’il écrit plus facilement quand c’est pour Pio Marmaï, dont il pense qu’il peut à peu près tout faire. Pour La Vénus électrique, l’imaginaire des Années folles, marqué par l’effervescence artistique, l’attrait pour les spectacles populaires et le spiritisme, irrigue cette œuvre fidèle au cinéma poétique de son auteur qui mêle comme personne liberté narrative, mélancolie et humour.

Et clairement, après avoir vu La vénus électrique, on se dit que Les apprentis va demeurer son Eden en matière de profondeur narrative et de l’empathie dégagée autour de ses personnages et de l’histoire que ceux-ci nous racontent. Il n’en demeure pas moins que La Vénus électrique se manifeste par une sacrée énergie communicative tant la générosité du récit emporte avec lui le spectateur. C’est touchant parfois et troublant de temps en temps, avec ce message intemporel d’un amour qui ne peut pas venir en effacer un autre. Par contre, ce nouvel amour peut toujours se réinventer, et nous porter à chaque fois vers des espaces que l’on aurait jamais imaginés. La vénus électrique, c’est aussi une habile mise en abîme de faux semblants qui s’accumulent et s’entremêlent. C’est ici La vraie force du film, car grâce à ce festival de quiproquos, certains retournements de situations s’avèrent évidemment savoureux. Un film qui nous dit aussi que l’on bien fait ce qu’on peut, et cette médiocrité du quotidien qui n’est pas toxique pose ici toute la foi d’un cinéaste sur l’âme humaine, et redéfinit la question du beau, qui se trouve parfois dans les erreurs commises et la façon de s’en emparer, et finalement même de réparer. La force de l’humilité, c’est également une permanence dans les créations artistiques de ce cinéaste.

La Vénus électrique, c’est aussi une mise en scène échevelée, qui suit cette rebondissante narration, dans une reconstitution léchée de ce Paris d’une époque, qui à travers sa folie artistique et sa passion ésotérique, nous rapproche de nos vies aujourd’hui. Comme si celles-ci n’étaient au fond qu’une grande fête foraine et pourquoi pas. La Vénus électrique, c’est aussi par moment quelques prévisibilités scénaristiques et des loufoqueries qui si elles ne manquent pas de piment, peinent par moment à nous surprendre car pas toujours très inventives, redondantes, presque trop sages pour à chaque fois convaincre et éviter certaines ruptures narratives. Si Antoine se perd un peu dès fois, nous aussi. Dès fois c’est délicieux, mais pas toujours. Si des moments laborieux demeurent, on se dit quand même qu’on pourrait bien nous aussi finalement y croire au coup de foudre et rien que pour la transmission de cet espoir, le film nous fait plutôt du bien !

Au casting, les personnages notamment féminins raflent la mise. Anaïs Demoustier est toujours aussi étincelante, vivante et vibrante d’émotions. Une force qui ne la quitte jamais et dans cette interprétation à minima double, potentiellement même assez casse gueule, elle emporte tout sur son passage, tant elle fait vivre ce qu’elle pense, ce qu’elle dit. Vimala Pons est aussi particulièrement touchante dans la façon de mettre en relief certaines ambiguïtés de son personnage d’Irène. Son incarnation et très engagée, volontaire et elle occupe l’espace avec une grande facilité. Pio Marmaï, s’il dispose d’une palette impressionnante en fait beaucoup dans le cabotinage et dans la constance d’un surjeu qui peut parfois lasser légèrement. Mais son vaste registre et son indéniable charisme viennent sauver l’ensemble. Gilles Lellouche fait le job, dans son plus pur style, avec par moments de belles subtilités dans l’expression des complexités de son personnage, dont on sent qu’il veut malgré tout défendre les faiblesses. Au final, on passe un très bon moment devant La Vénus Électrique, un bon film d’ouverture comme il se murmure sur La croisette pour le lancement de ce Festival de Cannes 2026, et qui sera, une fois l’euphorie cannoise passée, une parfaite et saine occupation de nos pluvieux dimanche, et c’est déjà beaucoup !

Titre original : LA VENUS ELECTRIQUE
Réalisé par: Pierre Salvadori
Casting: Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, …
Genre: Comédie, Romance
Sortie le: 13 mai 2026
Distribué par : Diaphana Distribution

TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































