Critique Blu-Ray

DANGEREUSE SOUS TOUS RAPPORTS (Critique Édition Essentiel Combo 4K – Blu-Ray)

SYNOPSIS : La rencontre entre Charles, homme d’affaires coincé, et Lulu, tornade sensuelle au goût du risque, fait exploser son quotidien bien rangé. Elle l’embarque dans une fuite en avant pleine de séductions ambiguës, de jeux de pouvoir et de liberté électrisante. Leur virée prend des airs de fantasme fiévreux… jusqu’à ce que surgisse Ray, l’ex-mari de Lulu, incarnation brute du danger. La tension bascule alors de l’érotique au menaçant. Entre passion, violence et chaos, Charles découvre que le désir peut être aussi grisant que périlleux.

 

Quelques années avant son excellent Philadelphia et surtout son magistral Le silence des Agneaux, le réalisateur américain Jonathan Demme, nous proposait un road-movie délicieusement décalé : Dangereuse sous tous rapports. On a tendance à se souvenir des films en fonction de leur succès commercial, et comme, Dangereuse sous tous rapports (sorti en 1986) n’a pas rencontré le succès escompté, il est souvent considéré comme un film mineur, voire atypique. Pourtant, il a marqué le moment où Jonathan Demme, après son échec cuisant avec Warner Bros sur Swing Shift, a enfin compris comment transposer sa sensibilité. Dangereuse sous tous rapports est un film à part entière, son réalisateur excelle à dénicher l’étrange dans l’ordinaire. Il exécute un tour de force en peaufinant ses personnages. C’est un de ces rares films où l’intrigue semble elle-même surprise par les agissements des individus.Par conséquent, le choix des acteurs est crucial dans un film comme celui-ci, il faut une sorte d’alchimie animale entre le duo principal, sinon la qualité des dialogues n’a aucune importance. Et dès les premières scènes, le ton d’énergie pure et d’érotisme est établi. Charlie Driggs (Jeff Daniels), un banquier d’investissement new-yorkais conventionnel et légèrement malhonnête, est « kidnappé » par Lulu (Mélanie Griffith), une femme mystérieuse et libre d’esprit avec une attitude qui défie toute norme sociale. Leur rencontre impulsive mène à un week-end d’aventures : sexe, vol de voiture et un détour par la réunion des anciens du lycée de Lulu où ils se font passer pour mari et femme.

La performance de Mélanie Griffith est centrale à ce charme initial. C’est une force de la nature, sexy, imprévisible, avec un mélange de vulnérabilité et d’audace qui rend son personnage à la fois attirant et énigmatique. Elle apporte une énergie sensuelle et comique. Jeff Daniels, excelle aussi dans le rôle d’un homme coincé dans sa routine qui se laisse progressivement emporter. Son évolution d’homme d’affaires rigide à un individu plus vivant et authentique constitue le cœur émotionnel du film. Leur alchimie à l’écran est palpable, créant des moments de comédie romantique irrésistibles qui contrastent avec la tension qui monte progressivement. Après environ une heure d’exubérance comique, le film entame un virage parfois controversé avec l’arrivée de Ray Liotta qui change radicalement l’atmosphère. Il incarne un ex-détenu en liberté conditionnelle, qui veut retrouver Lulu. Son entrée marque le passage d’une comédie légère à un thriller psychologique.

Aussi difficile que cela puisse paraître, en 1986, la comédie romantique n’avait pas encore fait son grand retour. C’était un genre qu’il fallait réinventer, ce qui se produirait quelques années plus tard notamment grâce à Pretty Woman. Ici, le mélange de tons du film annonçait quelque chose qui n’avait pas encore eu lieu, la révolution du cinéma indépendant américain. Le film reflète des thèmes profonds sur la dualité de la société américaine des années 1980. D’un côté, Charlie qui incarne le matérialisme, l’ambition et une certaine hypocrisie morale. De l’autre, Lulu représente la liberté, l’authenticité et une forme de chaos qui défie les normes. Ray, lui, incarne le côté sombre de cette rébellion, une violence brute et primitive.

Le film n’est pas sans défauts, il perd un peu de son inspiration initiale une fois le virage thriller enclenché, devenant plus conventionnel dans sa résolution. Le troisième acte, centré sur la confrontation avec Ray, peut sembler légèrement prévisible, même si la performance de Ray Liotta maintient la tension. Le film oscille parfois entre comédie pure et drame sombre sans toujours trouver un équilibre parfait. Dangereuse sous tous rapports n’en reste pas moins un joyau des années 80, c’est drôle, surprenant, et finalement touchant. Il capture l’esprit d’une époque grâce à des performances mémorables, une bande-son inoubliable, et une mise en scène inventive. Si le film perd parfois un peu d’élan, son énergie initiale et ses thèmes persistants en font une œuvre qui mérite d’être redécouverte. Dans un paysage cinématographique souvent trop prévisible, Dangereuse sous tous rapports reste une bouffée d’air frais anarchique et libératrice.

Détail des suppléments :

Dangereuse sous tous rapports ou la diversité américaine par Jean-Baptiste Thoret – 36 mn

Dangereuse sous tous rapports par David Mikanowski – 26 mn

La transition Jonathan Demme par Jacques Demange – 7 mn

Jonathan Demme en 10 points par Stéphane Chevalier et Mika

Un livret de 28 pages écrit par Stéphane Chevalier


Titre Original: SOMETHING WILD

Réalisé par: Jonathan Demme

Casting :  Mélanie Griffith, Jeff Daniels, Ray Liotta …

Genre: Comédie dramatique

Sortie le: 21 avril 2026 en Édition Essentiel Combo 4K – Blu-Ray

Distribué par: Bubbel Pop

EXCELLENT

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