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SYNOPSIS : Michael dresse le portrait cinématographique de la vie de l’un des artistes les plus influents de notre époque. Le film raconte l’histoire de Michael Jackson au-delà de la musique, depuis la découverte d’un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu’à l’artiste visionnaire dont l’ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde. Mettant en lumière sa vie hors scène et ses performances les plus emblématiques de ses débuts en solo, le film offre au public une place au premier rang pour découvrir Michael Jackson comme jamais auparavant. C’est ici que son histoire commence.
Ce n’était qu’une question de temps avant que le King of Pop n’ait aussi le droit à son propre film. La vague de biopics musicaux contemporains est désormais un raz-de-marée qui ne s’arrêtera quand toutes les pages wikipédia des personnalités culturelles les plus décisives de ces 50 dernières années seront asséchées par les studios hollywoodiens. Michael se place alors avec des grandes ambitions : adapter le récit iconique du Roi de la Pop sur grand écran, lequel devrait être facilité par une Bande-Originale déjà culte et une iconographie flamboyante toute trouvée. Mais comme l’avait déjà prouvé Bohemian Rhapsody par le passé : tout avoir dans le creux de la main ne garantit pas nécessairement la réussite du projet final. Et c’est malheureusement le destin qui attend ce Michael, qui ne sera rien d’autre qu’un énième clip sans personnalité d’hommage flemmard à son protagoniste.

Sous la plume du scénariste John Logan et la caméra du réalisateur Antoine Fuqua (spécialiste du film d’action bien coûteux, il est notamment derrière Training Day, La Chute de la Maison Blanche et Equalizer), Michael démarre par le classique avant-goût de là où on va. Filmé au ralenti, Michael marche dans un couloir au milieu des flashs de photographes. Il est une gigantesque star, et maintenant on va savoir comment il en est arrivé là. Cut, on est à la toute fin des années 60 : le jeune Michael Jackson est le cadet de sa fratrie transformé en groupe de soul – rassemblés par leur père Joseph Jackson sous le nom des Jackson Five. Le film déroule alors, sans vraie énergie narrative ni envie de flamboyance, les évènements principaux qui ont menés Michael à s’émanciper du groupe et de son père (l’antagoniste principal du récit, montré comme abusif et gardant la main sur la carrière de ses fils). Tout va y passer dans les codes traditionnels du biopic musical : une phrase, écrite sur un post-it, résonne dans la tête de notre héros. Une mélodie lui vient, il l’écrit, l’enregistre et la joue sur scène devant un public enflammé. Beat It, Billie Jean, Human Nature et même une recréation du tournage du clip de Thriller : le déroulé narratif de Michael est un exemple de paresse et de minimum syndical, limitant le statut de son protagoniste à une suite de réussites sans liant qui ne prend jamais trop la peine de creuser dans les nuances de son personnage. Tout est entrecoupé par des séquences toujours très simplistes dans la vie de Michael, naviguant entre son âme d’enfant (son « syndrome de Peter Pan » qui l’empêche de grandir), son empathie hors-normes (il est toujours avenant et généreux avec ses fans et les enfants malades à qui il rend visite), l’emprise de son père (contre laquelle il se bat à coup d’avocats, représenté par Miles Teller dans la peau de John Branca) et son extravagance qui le pousse à transformer la résidence familiale en un zoo rempli d’animaux de compagnie toujours plus exotiques. Ces scènes manquent de plonger entièrement dans la psyché de Michael, le condamnant à une étude purement en surface qui le limite à un rôle purement artificiel sans trouver la nuance qui serait de mise dans ce genre de récit. Et on ne parlera même pas des sujets controversés des accusations de violences sexuelles sur mineurs, qui ne sont même pas abordés une seule fois, préférant l’image d’âme charitable et de héros enfantin désintéressé plutôt que de l’entacher avec des histoires qui sont balayées sous le tapis de façon assez navrante.

Michael finit alors par se planter avec pourtant tout le nécessaire à sa réussite sur sa palette. Son réalisateur est chevronné, son protagoniste est une icône culturelle avec une esthétique toute trouvée, le comédien Jaafar Jackson (neveu du Roi de la Pop) est une copie conforme très troublante… Et pourtant, malgré tout ce bagage iconographique saisissant, Michael est un bon pétard mouillé, une fresque insatisfaisante et paresseuse qui sacrifie l’authenticité de l’accomplissement artistique de son protagoniste au profit d’un blockbuster-fonction purement calibré pour faire de l’argent.

Il n’y a pas d’énergie dans Michael, la flamboyance absente de manière incompréhensible, et on se surprend à ne même pas vraiment être saisis par les 20 dernières minutes musicales du film, censés pourtant être le feu d’artifice final, et qui s’avère plus ressembler à un aveu d’échec pour un long-métrage sans trame narrative claire, fermant son récit sans explication ni envie dramatique sur une enfilade de chansons afin de laisser le spectateur sur l’illusion que les 2h15 qu’il vient de voir étaient riches en énergie scénique. Mais malheureusement cela ne prend pas, et Michael s’embourbe dans une vague de pas-grand-chose, et tease malgré tout, à la fin d’un parcours franchement pas passionnant, une seconde partie qui devrait sans aucun doute voir le jour dans quelques années…

Titre Original: MICHAEL
Réalisé par: Antoine Fuqua
Casting: Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long …
Genre: Biopic, Drame, Musical
Sortie le: 22 avril 2026
Distribué par: Universal Pictures France
PAS GÉNIAL
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































