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SYNOPSIS : Dans les coulisses d’un palace parisien, le Citadel, Adèle (Manon Bresch), une jeune détenue décroche un poste de bagagiste grâce au programme de réinsertion mis en place par le tout-puissant directeur de l’hôtel, Édouard Galzain (Melvil Poupaud). Un pacte tacite se noue entre eux, propulsant la jeune femme dans un jeu de pouvoir souterrain où employés ambitieux, clients influents et réseaux extérieurs cherchent chacun à prendre l’ascendant. Peu à peu, elle transforme sa survie en ascension et s’impose comme une force imprévisible et essentielle, prête à saisir, ou à arracher, la place qu’elle estime mériter.
Présentée au Festival Séries Mania avant son lancement sur HBO Max ce vendredi 27 mars, Privilèges s’impose d’emblée comme une réussite éclatante, à la fois immersive, tendue et terriblement addictive. Produite par Hugo Gélin (ZAZI SERIES), la série trouve son identité dans l’écriture et la mise en scène de Marie Monge et Vladimir de Fontenay, qui signent ici une œuvre à la fois nerveuse et profondément incarnée.
On retrouve immédiatement la patte de Marie Monge qui s’était illustrée en 2018 avec le film Joueurs: une mise en scène de l’urgence, sensorielle, presque physique. La caméra colle aux corps, capte les tensions, les silences, les emballements, sans jamais laisser de distance confortable. Tout est affaire de sensations, d’instants prêts à basculer. Dans cet univers sous pression, où chaque espace devient un lieu de pouvoir et de danger latent, les personnages avancent comme pris dans une spirale, guidés par des désirs qui les dépassent. Cette approche immersive donne à Privilèges une intensité rare, où le spectateur est happé dès les premières minutes.
Au cœur du dispositif, Manon Bresch impressionne dans un rôle aussi complexe qu’exigeant. Elle l’embrasse avec une fougue et une justesse remarquables, faisant passer une variété de sentiments incroyable. Elle trouve ici sans doute l’une de ses performances majeures, celle qui donne le la d’une carrière désormais lancée à pleine vitesse.
Face à elle, Melvil Poupaud confirme, après Dans l’ombre, son goût pour les personnages ambigus et puissants. Il livre une composition haute en couleurs, habitée par sa classe naturelle, son autorité feutrée et cette capacité unique à faire exister le trouble derrière chaque regard. Un grand rôle, à la mesure de son talent.
Autour d’eux gravite une galerie de seconds rôles hétéroclite, singulière et particulièrement inspirée — Nina Zem, Zar Amir, Anne Azoulay, Sandor Funtek, Stéphanie Atala, Eva Huault et Joseph Olivennes — qui donnent à la série une richesse humaine et dramatique constante.
Mais ce qui frappe surtout, c’est la puissance du récit. Privilèges tient en haleine de bout en bout grâce à une narration maîtrisée et une mise en scène sur le vif, qui épouse parfaitement les soubresauts de l’intrigue. La série trouve un équilibre particulièrement réussi entre une approche sociétale — sur les rapports de classe, de pouvoir, d’ascension — et les codes du thriller, qu’elle investit avec une efficacité redoutable.
Très vite, Privilèges se transforme en un thriller virevoltant, presque étourdissant, dont le rythme semble calqué sur les battements du cœur. Et même si quelques invraisemblances peuvent affleurer, elles sont largement compensées par la solidité des scénarios et par des interprètes au diapason, sublimés par le regard précis et engagé des co-créateurs.
En s’immergeant dans les coulisses d’un palace — tout ce qui distingue justement ce monde feutré et codifié d’un simple hôtel d’autoroute — la série capte un microcosme fascinant, où chaque geste, chaque regard, chaque privilège a un prix.
Avec Privilèges, Marie Monge et Vladimir de Fontenay signent une série aussi élégante qu’haletante, qui confirme leur sens du récit et de la tension, et qui s’impose déjà comme l’une des propositions les plus fortes de ce début d’année.
Crédits : HBO Max








































































































































