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SYNOPIS : Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos !
Avec Marsupilami, Philippe Lacheau poursuit son entreprise de comédie populaire à grand renfort de gags et d’énergie collective. Disons-le d’emblée : nous ne sommes pas spécialement friands de son cinéma. Les Babysitting et Babysitting 2 ne nous avaient guère convaincus, pas plus que Super-héros malgré lui. En revanche, nous avions été agréablement surpris par Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, adaptation plus fun et maîtrisée qu’on ne l’imaginait. C’est donc avec une curiosité teintée de méfiance que nous avons découvert ce nouveau projet. Et si l’enthousiasme n’est pas total, force est de reconnaître un certain savoir-faire.

Même lorsqu’on n’adhère pas pleinement à son univers, difficile de nier l’efficacité de Philippe Lacheau. Son sens du rythme, son goût pour l’absurde et sa capacité à enchaîner les situations burlesques relèvent d’une mécanique bien huilée. Les gags s’enchaînent, parfois prévisibles, mais souvent efficaces. On commence à connaître la recette, certes, mais elle fonctionne encore par moments. Il y a ainsi dans ce Marsupilami des trouvailles visuelles et des idées franchement amusantes. Lacheau possède une imagination certaine et un vrai talent pour mettre en scène le chaos organisé. On retrouve également cette pointe de mièvrerie qu’il affectionne, sans que cela ne devienne envahissant. Sur ce plan, le contrat est rempli : le public venu chercher une comédie débridée entre copains ne sera pas dépaysé.

Là où le bât blesse, c’est dans la promesse implicite du titre. Comme on le craignait, ce n’est pas vraiment un film Marsupilami, mais bien un film de Philippe Lacheau… avec un Marsupilami dedans. Et la nuance est de taille. L’animal mythique apparaît davantage comme un prétexte que comme le véritable cœur du récit. On serait d’ailleurs curieux de calculer, proportionnellement à la durée totale, le temps d’apparition réel de la créature. Souvent, la boule de poils semble reléguée au second plan, comme un élément qu’on remet à l’écran à intervalles réguliers pour justifier sa contrainte dans le cahier des charges. On a parfois l’impression qu’une contre-soirée se déroule à côté du principal intéressé, au milieu d’une avalanche de délires qui n’ont que peu de lien direct avec lui. Nous n’avons pas vu Sur la piste du Marsupilami de Alain Chabat, nous ne ferons donc aucune comparaison. Nous ignorons d’ailleurs si la présence de Jamel Debbouze dans le rôle de Pablito Camaron constitue un simple clin d’œil ou un pont discret entre les deux films, certains affirmant pourtant qu’il ne s’agit pas d’une suite. Quoi qu’il en soit, ici, le Marsupilami semble presque être un caillou dans la chaussure du film : un élément à intégrer coûte que coûte dans une formule déjà bien établie. Heureusement, vers la fin, une scène de combat en vue subjective, agrémentée dans la foulée d’un clin d’œil appuyé à Dragon Ball Z, offre enfin à la créature un moment d’intégration plus organique et réjouissant. Mais cela reste fugace, et l’on demeure un peu sur sa faim.

Côté distribution, on retrouve nombre d’habitués de la « bande à Fifi ». Inutile d’en dérouler la liste exhaustive : beaucoup de rôles semblent exister avant tout pour offrir une place aux amis du réalisateur. Cette fidélité a quelque chose de sympathique, mais elle alourdit parfois l’ensemble. Certains personnages ne servent pas à grand-chose, si ce n’est à ajouter un gag supplémentaire dans une mécanique déjà chargée. On notera tout de même la présence de Jean Reno, que nous avons largement préféré savourer récemment dans le morceau Comme Jean Reno de Flora Fishbach plutôt que dans cette tambouille comique. À l’inverse, belle surprise du côté du jeune Corentin Guillot, très juste dans le rôle de Léo, notamment dans ses interactions avec le Marsupilami. Sa fraîcheur apporte une sincérité bienvenue. Et l’on est toujours heureux de retrouver Élodie Fontan, qui s’était illustrée l’an dernier dans le superbe Anges & Cie.

En résumé, ce Marsupilami est indéniablement un film de la « bande à Fifi », mais difficilement un film Marsupilami. L’animal pourrait presque être remplacé par n’importe quel autre élément, voire un simple objet, que la structure et l’esprit du film resteraient identiques. Oui, c’est parfois amusant, oui, plusieurs gags font mouche. Mais après plusieurs longs métrages bâtis sur la même dynamique, l’impression de répétition se fait sentir. Les meilleures blagues sont souvent les plus courtes ; ici, la formule commence à donner le sentiment d’avoir été largement exploitée. On reconnaît le savoir-faire, on salue l’énergie, mais on ne peut s’empêcher de regretter que le Marsupilami ne soit, au final, qu’un invité secondaire dans son propre film.

Titre Original: MARSUPILAMI
Réalisé par: Philippe Lacheau
Casting : Philippe Lacheau, Jamel Debbouze, Élodie Fontan …
Genre: Aventure, Comédie, Famille
Sortie le: 04 février 2026
Distribué par: Pathé Films
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Catégories :Critiques Cinéma








































































































































