Critiques Cinéma

GREENLAND MIGRATION (Critique)

SYNOPSIS : AprĂšs l’impact dĂ©vastateur d’une comĂšte qui a rĂ©duit la Terre en ruines, la famille Garrity doit quitter la sĂ©curitĂ© de son bunker au Groenland. Commence alors un pĂ©riple pour leur survie et l’avenir de l’HumanitĂ© Ă  travers un monde dĂ©vastĂ© Ă  la recherche d’un nouveau foyer.

Sorti en 2020, Greenland, Le dernier refuge avait créé la surprise. PortĂ© par Gerard Butler, le film s’était imposĂ© comme une proposition solide dans le paysage pourtant jadis saturĂ© des rĂ©cits apocalyptiques. Sans rĂ©volutionner le genre, il parvenait Ă  se montrer particuliĂšrement efficace, misant sur une tension constante, une approche humaine de la fin du monde et une immersion rĂ©ussie grĂące Ă  plusieurs moments savoureux assez spectaculaires. Contre toute attente, le long-mĂ©trage avait rencontrĂ© un certain succĂšs critique et public, au point de donner naissance Ă  une suite : Greenland Migration. Une dĂ©cision qui pouvait surprendre, tant le premier film semblait se suffire Ă  lui-mĂȘme. AprĂšs visionnage, l’existence de cette suite soulĂšve plus de questions qu’elle n’apporte de rĂ©ponses.

Il faut d’abord rappeler que Greenland, Le dernier refuge n’était pas attendu comme un Ă©vĂ©nement majeur. Gerard Butler n’est pas toujours synonyme de cinĂ©ma qui fonctionne, mais il faut reconnaĂźtre qu’il sait rĂ©guliĂšrement proposer des divertissements efficaces. Que ce soit avec la saga La Chute de
 (malgrĂ© un dernier opus en date particuliĂšrement dĂ©cevant) ou plus rĂ©cemment Mayday, l’acteur s’inscrit dans une tradition de cinĂ©ma d’action simple mais souvent gĂ©nĂ©reux. Greenland s’inscrivait pleinement dans cette veine : un film d’apocalypse classique dans sa structure, mais portĂ© par une sincĂ©ritĂ© et une efficacitĂ© qui faisaient mouche. Le film brillait notamment par sa capacitĂ© Ă  immerger le spectateur dans son univers, Ă  faire ressentir l’urgence, la peur et la fragilitĂ© de l’humanitĂ© face Ă  une catastrophe globale. Sans chercher Ă  rĂ©inventer la roue, il faisait exactement ce qu’on attendait de lui, et le faisait bien. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison qu’une suite ne semblait pas indispensable, la fin du premier volet concluait ainsi de maniĂšre satisfaisante l’arc narratif de ses personnages. Pourtant, Greenland Migration voit le jour, avec Gerard Butler et Morena Baccarin toujours en tĂȘte d’affiche, tandis que l’acteur incarnant leur fils a Ă©tĂ© recastĂ© pour l’occasion.

Greenland Migration apparaĂźt rapidement comme un cas d’école. Sur le papier, tout fonctionne : le scĂ©nario est plutĂŽt bien Ă©crit, la rĂ©alisation est solide et les effets spĂ©ciaux affichent une qualitĂ© indĂ©niable, soutenue par un budget visiblement plus consĂ©quent. Le film dĂ©veloppe de façon relativement astucieuse le devenir des personnages aprĂšs la fin du monde, s’intĂ©ressant Ă  leur quotidien dans le bunker censĂ© les protĂ©ger. Ces sĂ©quences, parfois intimistes, parfois plus tendues, offrent un regard intĂ©ressant sur la survie Ă  long terme dans un monde dĂ©vastĂ©. Le rĂ©cit s’autorise Ă©galement quelques sorties Ă  l’extĂ©rieur, dangereuses et anxiogĂšnes, rappelant par instants l’efficacitĂ© du premier film. Cependant, le cƓur du rĂ©cit repose sur une nouvelle menace : la dĂ©gradation progressive du monde extĂ©rieur rend le bunker de plus en plus dangereux. Contraints de quitter leur refuge, les protagonistes s’engagent alors dans un road trip forcĂ©, Ă  la recherche d’une sorte d’oasis presque mystique voire biblique, dernier espoir de sĂ©curitĂ© pour cette famille. Si cette trajectoire narrative se tient, elle donne surtout l’impression d’assister Ă  un gigantesque Ă©pilogue Ă©tirĂ© plutĂŽt qu’à une vĂ©ritable suite. LĂ  oĂč le premier film Ă©tait attendu mais remarquablement prenant, Greenland Migration peine Ă  justifier pleinement son existence. Il dĂ©veloppe des Ă©lĂ©ments intĂ©ressants, mais sans jamais atteindre la tension ou l’émotion de son prĂ©dĂ©cesseur.

DotĂ© d’un budget plus Ă©levĂ©, Greenland Migration propose effectivement des sĂ©quences parfois plus spectaculaires. Pourtant, ces moments n’ont pas l’impact escomptĂ©. Paradoxalement, les scĂšnes Ă  grand spectacle semblent davantage servir Ă  meubler un rĂ©cit qui s’enlise par moments. L’histoire racontĂ©e, bien que cohĂ©rente, n’était tout simplement pas nĂ©cessaire. Le film donne l’impression de vouloir prolonger artificiellement une expĂ©rience qui avait dĂ©jĂ  trouvĂ© sa conclusion naturelle. Cela ne signifie pas pour autant que cette suite soit ratĂ©e : elle reste divertissante, correctement mise en scĂšne et globalement agrĂ©able Ă  suivre. Elle ne fait donc pas de mal Ă  la licence et se regarde sans dĂ©plaisir. Mais comparĂ©e Ă  l’efficacitĂ© et Ă  la gĂ©nĂ©rositĂ© du premier volet, elle apparaĂźt nettement moins marquante. À tel point qu’en cas de revisionnage de Greenland, Le dernier refuge, rien ne garantit que Greenland Migration s’imposera comme un passage obligĂ©.

Greenland Migration est une suite honnĂȘte mais superflue. Bien rĂ©alisĂ©e et portĂ©e par un casting toujours impliquĂ©, elle prolonge l’univers du premier film sans jamais retrouver sa force Ă©motionnelle ni son efficacitĂ© narrative. Plus proche d’un long Ă©pilogue que d’une vĂ©ritable nouvelle proposition, elle se contente d’exister lĂ  oĂč le silence aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© plus judicieux. Un divertissement correct, certes, mais largement dispensable, surtout face Ă  un premier film qui, lui, restera probablement le vĂ©ritable point d’ancrage de la licence.

Titre Original: GREENLAND 2 : MIGRATION

Réalisé par: Ric Roman Waugh

Casting : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis 


Genre: Action, Thriller

Sortie le: 14 janvier 2026

Distribué par: Metropolitan FilmExport

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