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THE DEAL (Critique Mini-Série Épisodes 1×01 – 1×02) Une série précieuse et rare !

SYNOPSIS : Genève, avril 2015. Des négociations internationales sous haute tension s’ouvrent entre les USA et l’Iran, soupçonné de développer en secret l’arme atomique. Alexandra Weiss, cheffe de la mission diplomatique suisse, tente de maintenir un équilibre fragile entre les parties qui manœuvrent en coulisse. L’arrivée inattendue de son ancien amour, Payam Sanjabi, un ingénieur iranien dont la vie est menacée, va lui compliquer dangereusement la tâche

Le réalisateur Jean-Stéphane Bron avec rien de moins que Alice Winoucour entre autres au scénario nous emmène à Genève au cœur de la machine infernale de la diplomatie. L’idée est de décrypter avec The Deal cette machinerie de la diplomatie internationale, la coulisse, les secrets, pour aboutir à la paix entre les nations. Chaque fait, geste et mot va alors prendre une ampleur démesurée et chaque faux pas risque de compromettre l’ordre mondial.

Le réel processus d’accord sur le nucléaire iranien datant de juillet 2015. Une des intentions de Jean-Stéphane Bron est de montrer et d’opposer le « monde d’avant à un monde où l’on ne négocie plus ». Même si avec l’avènement d’un businessman avide de capitalisme fou outre-Atlantique, la négociation est de retour, mais jamais sur des enjeux de paix et d’humanisme.

The deal est assez fascinant en cet endroit, car il ne s’agit pas d’une énième série politique mais bien de cerner les contours d’une négociation qui engage les peuples, thématique relativement rare autant dans le monde cinématographique que sériel. L’intérêt se pose donc d’emblée, avec deux premiers épisodes particulièrement prometteurs.

La rive du Léman au cœur de la tempérance suisse, dont la neutralité est ici dépliée dans toutes ses composantes, l’art suisse de la facilitation comme le nomme le réalisateur, là aussi très intéressant à scruter de près, mais qui va forcément turbuler, lui plus enclin à une habituel quiétude. Dans les salons de l’Hôtel du Grand Lac Excelsior, a chaque détour des luxueux couloirs on va croiser dans les délégations notamment américaines ou iraniennes des pacifistes modérés de chaque camp, mais aussi les pires des nationalistes va-t-en-guerre qui ne veulent pas de cet accord, fait d’un insupportable impérialisme d’un côté, et de mépris aveugle de l’occident de l’autre. C’est alors autant de complot à déjouer pour arriver à un accord qui ne soit pas factice. Le rôle du modérateur helvétique va alors prendre tout son sens.

The Deal, au-delà de cette aspiration didactique, s’ancre également dans les bons vieux codes sériels, avec ses sous intrigues et une narration première assez captivante, quand Alexandra, tout juste nommée à la tête de la délégation, censée sauver une potentielle paix dans le monde, retrouve celui qui semble être son amour de jeunesse en la personne de l’ingénieur iranien, sérieusement menacé par certains dignitaires de son camp. Entre la paix mondiale et l’universalité du sentiment amoureux, Alexandra va devoir composer.

Au casting, Veerle Baetens se situe dans une véritable incarnation entre la femme forte qui est bombardée négociatrice en chef d’une des discussions les plus importantes de l’histoire du monde, et la femme amoureuse mais dont l’histoire est fatalement contrariée. L’actrice est sur tous les registres avec le même naturel et nous emporte partout avec elle. Juliet Stevenson est passionnante dans le rôle de Cindy Cohen, qui doit composer avec le dégoulinant masculinisme sauce US de son secrétaire d’état. Elle capte la lumière à chacune de ses apparitions. Anthony Azizi dans ce rôle de ministre iranien porte en lui une forme de bienveillance et d’humanité qui réconcilie. L’acteur y ajoute une forme de douceur dans la force qui doit pourtant être la sienne. Au final, les deux premiers épisodes de The deal attisent grandement notre curiosité, et le pari semble déjà réussi, avec cette série précieuse et rare, en nous montrant ce qu’on ne voit jamais, et qu’il est bon d’être surpris devant le grand comme le petit écran !

Crédits : Arte

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