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SYN0PSIS : Paul, un AmĂ©ricain Ă©tabli Ă Paris, et Jeanne font connaissance alors qu’ils visitent, un matin d’hiver, un grand appartement vide. Ils font l’amour sans rien savoir l’un de l’autre, pas mĂȘme leurs prĂ©noms. Paul loue l’appartement et le couple s’y donne rendez-vous jusqu’Ă ce que la situation devienne insoutenable.
L’histoire d’amour impersonnelle de Bernardo Bertolucci sur des amants condamnĂ©s est devenue un film controversĂ© en raison de la sincĂ©ritĂ© de ses scĂšnes de sexe. Le dernier tango Ă Paris, est plus connu pour son scandale que pour la qualitĂ© du film et grĂące Ă cela il a obtenu une rĂ©putation durable. En revanche du cĂŽtĂ© de la censure se fut un cauchemar pour son rĂ©alisateur, ses deux acteurs et le producteur Alberto Grimaldi qui ont Ă©tĂ© inculpĂ©s de pornographie par un tribunal de Bologne. Le film fut Ă©galement interdit pour obscĂ©nitĂ© en Italie et en Grande-Bretagne. Lâhistoire nous fait dĂ©couvrir Paul (Marlon Brando), qui est vu pour la premiĂšre fois en train dâhurler de douleur dans les rues de Paris, tandis que Jeanne (Maria Schneider) est dans la mĂȘme rue Ă la recherche d’un logement. BientĂŽt, les deux se rencontrent accidentellement dans un appartement vacant Ă louer. Ils entament une relation spontanĂ©e et font l’amour dans une piĂšce vide, sans rien savoir l’un de l’autre, pas mĂȘme leurs prĂ©noms. Il loue l’appartement et pendant trois jours ils s’y retrouvent. Elle veut savoir qui il est, mais il insiste sur le fait que le sexe est tout ce qui compte.

Nous les voyons tous les deux (puisqu’ils ne s’y voient pas) dans leur vie en dehors de lâappartement. On dĂ©couvre que Jeanne est fiancĂ©e Ă un jeune cinĂ©aste nommĂ© Tom (Jean-Pierre LĂ©aud) qui tourne un documentaire vĂ©ritĂ© sur sa vie, ce qui agace et plaĂźt Ă la fois Ă la jeune femme. Nous apprenons aussi que Paul est dĂ©primĂ© par le suicide de sa femme et que sa mĂšre lui a appris Ă apprĂ©cier la nature. Il pousse sa folie morose et romantique jusqu’Ă ses limites, il brĂ»le le mal et les tourments que lui ont provoquĂ©s la perte de sa femme. Au bout de trois jours, sa femme est prĂȘte Ă ĂȘtre enterrĂ©e et il est prĂȘt Ă reprendre son identitĂ©. Il abandonne l’appartement : il veut vivre Ă nouveau normalement et il veut aimer Jeanne en tant que personne. Mais Paul a 45 ans, Jeanne 20 ans. Elle se prĂȘte Ă une folie passagĂšre, puis tente de s’en dĂ©barrasserâŠ

Alors que Bernardo Bertolucci construit une structure qui soutient l’improvisation, il donne judicieusement Ă Marlon Brando suffisamment d’espace pour faire ressortir ses talents d’acteur instinctif et raffinĂ©. Une grande partie de son rĂŽle est improvisĂ© et ses rĂ©ponses Ă©motionnelles sont un riche croisement entre rĂ©alitĂ© et fiction. Notamment quand il parle de son Ă©ducation de garçon de ferme, vivant avec un pĂšre ivre et violent et une mĂšre moins sensible, mais qui lui a appris Ă aimer la nature. Ce croisement est visible Ă©galement lors dâune scĂšne touchante oĂč il parle au corps sans vie de sa femme en lui disant des choses personnelles qui lui viennent Ă l’esprit. Marlon Brando sait improviser, il semble naturel et spontanĂ©, mais cela a surpris et choquĂ© Marie Schneider. Celle qui n’a jamais eu de rĂŽle majeur auparavant, apporte toute la conviction possible mais ce fut trĂšs dur pour elle, notamment lors de la scĂšne la plus tristement cĂ©lĂšbre du film. A la base, ce moment irritant ne figurait pas dans le scĂ©nario original. C’est Marlon Brando qui a eu l’idĂ©e. ChoquĂ©e, lâactrice a dĂ©clarĂ© : « Ils mâen ont seulement parlĂ© avant de filmer la scĂšne et jâĂ©tais tellement en colĂšre. J’aurais dĂ» appeler mon agent parce qu’on ne peut pas forcer quelqu’un Ă faire quelque chose qui n’est pas prĂ©vu dans le scĂ©nario, mais Ă l’Ă©poque je ne le savais pas. Brando m’a dit « Maria, ne t’inquiĂšte pas, c’est juste un film », mais pendant la scĂšne, mĂȘme si ce que faisait Marlon n’Ă©tait pas rĂ©el, j’ai pleurĂ© de vraies larmes. je me suis senti humiliĂ© et, pour ĂȘtre honnĂȘte, je me suis senti un peu violĂ©, tant par Marlon que par Bertolucci. «

Car en effet, quand on y regarde de plus prĂšs, il s’agit d’un viol dans l’esprit de Paul, sa libĂ©ration sexuelle semble rĂ©elle, ici comme tout au long du film, mais on ne sait jamais vraiment ce que ressent Jeanne pendant leur rapport sexuel. MalgrĂ© un tournage chaotique pour elle, câest la fraĂźcheur de Maria Schneider, l’innocence naĂŻve et corrompue de Jeanne qui donnent au film un Ă©clat particulier. Paul lui, agit comme un ivrogne dotĂ© d’un esprit littĂ©raire, il hurle son mĂ©pris, son dĂ©goĂ»t de soi, son Ă©gocentrisme. CĂŽtĂ© technique, le directeur de la photographie Vittorio Storaro propose une variĂ©tĂ© de couleurs dĂ©licatement modulĂ©es, vertes et brunes, pour crĂ©er un atmosphĂšre physiquement oppressante et donner le ton excessif de mort au film. L’extravagance de la musique de Gato Barbieri renforce cet effet. Le cĂ©lĂšbre et trĂšs controversĂ© drame romantique du rĂ©alisateur Bernardo Bertolucci n’est pas parfait et prĂ©sente des dĂ©fauts, mais il nâen reste pas moins une Ă©tude remarquable et courageuse de l’angoisse humaine, de la douleur Ă©motionnelle, de la passion sans amour et de l’obsession.

Titre Original: ULTIMO TANGO A PARIGI
Réalisé par: Bernardo Bertolucci
Casting: Marlon Brando, Maria Schneider, Maria MichiâŠ
Genre: Drame, Ărotique, Romance
Sortie le: 15 Décembre 1972
DistribuĂ© par: –
BIEN
Catégories :Critiques Cinéma








































































































































