Critiques

MACHINE (Critique Vidéo Saison 1)

Sur un pitch improbable, Machine, la nouvelle série d’Arte, sacrée meilleure série de la compétition française au Festival Séries Mania, parvient-elle à convaincre ? Je vous dis tout dans cette vidéo.

Salut à tous dans cette nouvelle vidéo, je vous parle de Machine, la nouvelle série d’Arte diffusée les 11 et 18 avril et disponible sur arte.tv à partir du 4 avril. Machine c’est la nouvelle série de Fred Grivois à qui l’on doit Trauma, Piste noire ou encore le film L’intervention sur les origines du GIGN. Co-créée et co-écrite avec Thomas Bidegain (avec également Valentine Monteil), Machine raconte l’histoire d’une jeune femme de retour dans sa province natale pour se cacher et éviter d’être rattrapée par une unité de commandos. Elle se fait embaucher à la maintenance dans l’usine du coin avec l’ambition de se faire discrète mais c’est sans compter la menace de délocalisation et la révolte qui embrase peu à peu les esprits. Mais ce qu’ignorent les autorités, les politiques et même celle qui dirige les syndicalistes c’est que sous ses aspects de marginale est en fait une ancienne des forces spéciales, spécialiste des arts martiaux et du maniement des armes et que celle qu’on surnomme Machine va prendre part à la lutte des ouvriers. C’est une série absolument démente que cette Machine qui s’emballe au fur et à mesure d’épisodes de plus en plus furieux, une série pulp et qui joue avec le genre d’une façon jubilatoire. Une série au scénario construit comme une Machine de guerre, à l’étonnante singularité et qui se paye même le luxe de proposer un fond social qui n’est pas là que pour faire joli, mais qui, au contraire donne du sens à l’ensemble. Tempérons tout de même un peu notre enthousiasme avec quelques trous d’air et quelques séquences qui semblent parfois déconnectées du centre névralgique de la série, mais c’est bien peu de choses en regard du plaisir total que l’on prend à découvrir cette œuvre nerveuse et violente. Si la mise en scène de Fred Grivois est en totale adéquation avec son sujet et si le metteur en scène maitrise à la perfection des scènes d’action impressionnantes c’est aussi grâce à son casting aux petits oignons que Machine est une réussite de premier ordre. Que ce soit un hilarant Alexandre Philip ou un flippant Sébastien Lalanne, une surprenante Anne Benoit ou un incroyable Michaël Abiteboul en passant par les excellents Hubert Delattre, Alysson Paradis et Léonie Simaga, c’est carton plein. Mais c’est le trident Margot Bancilhon, JoeyStarr, Guillaume Labbé qui nous fait tomber la mâchoire. Guillaume Labbé change totalement des registres auxquels il nous a habitué et il livre une prestation de haut vol qui démontre qu’il peut tout faire. JoeyStarr aussi est formidable en mentor prévenant et philosophe, il dégage une humanité et une profondeur phénoménales. Et Margot Bancilhon est elle littéralement étourdissante. Elle déploie un physique et des capacités dans les corps à corps qui laissent sans voix. Elle nous avait déjà épaté dans De grâce en début d’année et elle trouve ici sans doute l’un de ses meilleurs rôles prouvant qu’en tant qu’action girl elle va désormais avoir du mal à être égalée tant elle est dans le digne sillage d’Uma Thurman dans Kill Bill. Mais ce serait réducteur de la comparer à l’héroïne géniale du diptyque de Tarantino tant elle impose sa patte et un talent stratosphérique qui devrait lui permettre d’aller très très loin. Avec Machine, voilà une série de genre qui casse tout et qui va vous scotcher par sa violence brute et jouissive jamais gratuite qui ne phagocyte pas le récit mais qui au contraire l’amène à ébullition jusqu’à l’ultime minute. Récompensée du Prix de la meilleure série de la compétition française au Festival Séries Mania, Machine est diffusée sur Arte les 11 et 18 avril. Dites-moi en commentaire si vous l’avez vue et ce que vous en avez pensé et sinon si cette vidéo vous a donné envie de la découvrir. Et pour des conseils ciné, séries, livres, n’oublie pas de t’abonner !

Crédits : Arte

3 réponses »

  1. Bonjour

    Pourriez vous développer ce que vous entendez par « les trous d’air » ?

    Ce serait interressant de comprendre comment on peut louper à ce point les scènes de groupe de manifestants ou l’usine avec trop peu de figurants et des décors livrés direct par castorama même pas de ballés! pile comme dans un si grand soleil.

    La scène du maître de kung fu aveugle hors sol…. pour public de 10 ans … etc.

    Qui est chargé de vérifier avant de diffuser ? Comment peut on laisser ces scènes ? Dans quel but ? Pour quel public ?

    Qu’en pensent les acteurs d’être assossiés à ces passages bas de gamme ? Ont ils leur mot à dire ou ne rendent ils pas compte du résultat ?

    Alors que le reste est effectivement distrayant, surprenant et touchant …

    Marc

  2. Très bon kiff! Passé les 30 premières minutes ou il faut appréhender le style, la série monte en puissance à tout niveau et développe limpidement son propos improbable. La réussite tient à la maitrise et l’équilibre du phénomène. Acteurs sympa sans bride. Peu de moyens, mais bien utilisés. Chorégraphie des bastons soignée. Références évidentes au cinéma Tarantinesque mais sans plagiat flagrant, juste en évocation (avec une mention pour la scène où JP est shooté). Et puis le fond politique et social fait plaisir, mais ça, c’est personnel et subjectif. Très très bon kiff!

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