On va être transparents avec vous : cette deuxième journée du Festival d’Annecy ne s’est pas exactement déroulée comme prévu. Entre la déception de ne pas découvrir le court-métrage The Spider Within (300 personnes qui attendent pour certaines depuis 6h du matin, ça a de quoi impressionner) et le nouveau film des Tortues Ninja, on aurait voulu assister à ces deux projections de projets intéressants.
Mais Annecy ce n’est pas que du blockbuster, fort heureusement, et l’on a donc pu assister entre deux glaces et une balade à trois propositions très différentes dont voici notre avis.
Les inséparables de Jérémie Degruson
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SYNOPSIS : Quand les lumières s’éteignent dans le vieux théâtre de Central Park, les marionnettes prennent vie. Parmi elles, Don, qui joue le même rôle de bouffon depuis des années. Il rêve d’avoir pour une fois un rôle de vrai héros et de découvrir le monde. Il prend son courage à deux mains et claque la porte. En chemin, il croise DJ Doggie Dog, une peluche abandonnée qui aimerait devenir une star du rap. C’est le début d’une extraordinaire histoire d’amitié. Une grande aventure en plein cœur de New York pour transformer leurs rêves en réalité : même les plus petits personnages peuvent jouer de grands rôles !
Direction la grande salle de Bonlieu pour découvrir ce film qui attisait notre curiosité. Auréolé de la participation des scénaristes de Toy Story, Les inséparables raconte l’amitié improbable entre une marionnette qui est cantonnée à jouer le bouffon et une peluche volée à sa famille. Rien qu’au pitch on voit effectivement la patte Toy Story présente, et ça rend l’entreprise d’autant plus impersonnelle que l’on voit venir le moindre développement, la moindre réplique des minutes à l’avance. C’est d’autant plus décevant que le mélange des rendus photo-réalistes et plus abstraits fonctionne pour montrer à quel point Don la marionnette est complètement instable mentalement – au point que c’est Where is my mind des Pixies qui révèle (pour les deux du fond qui n’avaient pas compris) l’instabilité mentale du héros. Un choix aussi paresseux que le scénario est en pilote automatique malgré une ou deux bonnes idées ici ou là.
Enfin, notons le paradoxe total du projet à proposer un personnage de “femme forte” non seulement horriblement similaire à la bergère de Toy Story, mais surtout une fausse émancipation qui la voit se plaindre d’être une demoiselle en détresse dans les pièces qu’elle joue, tout en le restant pendant 95% du film. On sort donc du film avec un goût amer dans la bouche, que même les quelques numéros musicaux (pas terminés) chorégraphiés par Chris Marques ne sauraient effacer. Et l’on se pose une question assez malheureuse : est-ce que ça a vraiment le niveau pour être en Compétition Officielle ?
Le film sortira le 13 décembre 2023 en France.
Rose petite fée des fleurs de Karla Nor Holmbäck
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SYNOPSIS: Rosa est une petite fée des fleurs peu sûre d’elle. Elle rêve plus que tout d’avoir un ami, mais est trop effrayée pour en trouver un. Un jour, Silk, un papillon aventureux, croise le chemin de Rosa et elles deviennent immédiatement amies. Quand Silk est kidnappée par un méchant troll de pierre, Rosa doit abandonner ses peurs et se lancer dans un périple pour sauver sa meilleure amie.
Passée la déception des Inséparables, direction le Pathé pour un film qui, il faut l’avouer, servait surtout d’apéritif entre deux projections. Pourtant, Rose petite fée des fleurs, présenté dans la sélection “Contrechamp”, s’avère être une sympathique surprise. On y suit donc Rose, une fée en proie à la solitude, poliment snobée par les animaux et insectes qu’elle aide pourtant tous les jours. Son quotidien morose et répétitif va être bouleversé par plusieurs évènements, dont l’évolution d’une chenille en un joli papillon et l’apparition d’un troll particulièrement sadique.
Servi par un dessin tout doux, aux couleurs pastel qui contrastent avec le gris du méchant troll, le charme du film fait vite effet avec son héroïne attachante et le lore qui l’entoure. Dommage que tout ce qui entoure le troll soit au final bien moins intéressant et présent que prévu. On a l’impression d’attendre pour un climax assez raté et expéditif alors qu’il aurait été presque plus intéressant de se passer d’antagoniste pour se concentrer en priorité sur la relation (plus amoureuse qu’amicale à nos yeux, bref vive le Mois des Fiertés) entre la fée et le papillon. Néanmoins, le moment passé reste tout de même agréable, plein de poésie et d’humour. Contrat rempli, donc.
Le film sortira l’année prochaine en France.
La concierge du grand magasin de Yoshimi Itazu
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SYNOPSIS: Akino est l’apprentie concierge d’un grand magasin plutôt inhabituel, qui ne sert que les animaux. Sous le regard attentif du chef de rayon et des concierges seniors, Akino court de tous côtés pour accéder aux moindres désirs des clients qui ont des myriades de besoins et de problèmes, afin de devenir une concierge aguerrie.
Enfin, pour terminer la journée, on a pu assister à l’une des rares projections de La concierge du grand magasin, d’après le manga extrêmement connu et récompensé. Dans la pure tradition du slice of life, on y suit les mésaventures d’une nouvelle concierge embauchée dans un magasin un peu spécial – comprenez par là que les clients sont tous des animaux issus d’espèces en voie d’extinction.
Le temps d’une petite heure, on suit donc son quotidien, entre maladresses et services rendus à une clientèle aussi décalée que les patrons du magasin. Akino est une héroïne attachante à qui il est facile de s’identifier, et tout le bestiaire est superbement animé, avec un trait qui sent bon les dessins que l’on trouve dans les contes. Malgré un dernier quart d’heure qui traîne en longueur, on est donc sortis conquis de ce film lumineux, bienveillant et purement feel-good. De quoi donner envie de découvrir le manga dans un premier temps, et d’avoir des informations sur une date de sortie dans un second temps.
Le film n’a pas encore de date de sortie en France.









































































































































J’espère que La concierge du grand magasin sortira bien en France, car il me tente pas mal !
croisons les doigts 😉