Critiques

LE CODE (Critique Saison 2) Des rails très solides…

SYNOPSIS: Le secret de l’avocat Idriss Toma a vécu : alors que l’état de santé de l’associé devient de plus en plus préoccupant, chacun des membres du cabinet Ayad, Toma et Vanhoven s’efforce de faire face à sa façon. Pour tous, l’heure est venue de faire des choix, mais ils resteront fidèles à leur serment :  défendre leurs clients jusqu’au bout, quels que soient la difficulté  du dossier et les dilemmes intimes auxquels ils sont confrontés.

On le sait que le piège de la saison 2 est souvent un écueil difficile à surmonter. Vouloir faire aussi bien, différent, mieux, aller plus loin, plus fort, passer la surmultipliée au lieu de poursuivre tranquillement dans le sillage d’une première saison réussie peut être une tentation fatale. On sait aussi que c’est souvent en saison 3 que les créateurs ayant obtenu la confiance de leur diffuseur peuvent se permettre leurs premières rééelles fantaisies ou développer des intrigues plus exigeantes qui demandent au téléspectateur de se laisser porter. Après une première saison pleine de finesse et qui offrait à la série judiciaire un nouveau visage, plus moderne, magnifié par une écriture subtile et une interprétation chorale plus que convaincante, Le code revient en seconde saison avec des arguments à faire valoir et une introduction  à confirmer. Déjà, un premier constat s’impose. Les créateurs de la série, Lionel Olenga, Cécile Even et Nicolas Robert  restent dans la droite lignée de leur premier acte avec des intrigues judiciaires individuelles sur chaque épisode et un fil rouge qui mixe l’évolution de l’état de santé d’Idriss et les relations croisées entre les différents membres du cabinet. On reste en terrain connu, c’est propre, bien réalisé (par Bénédicte Delmas, autrefois figure populaire devant la caméra pour la série Sous le soleil), bien produit et diablement accrocheur. Bref c’est de la belle ouvrage.

Dans cette nouvelle saison, on retrouve des guests incarnées par des comédiens populaires qui font parfaitement ce qu’ils ont à faire et qui donnent lieu à quelques prestations impeccables (Moïse Santamaria ou Claire Borotra ont par exemple droit à des partitions fortes qui sont des grands moments de cette nouvelle salve d’épisodes). Le retour de Grégoire Bonnet, les participations de Francis Perrin, Cyril Lecomte Laëtitia Eïdo ou Greg Germain (le commissaire Doucet de Cherif) participent au plaisir que l’on prend à suivre ces nouvelles histoires. Et la série n’est pas avare de petits clins d’œil (les apparitions des co-créateurs Lionel Olenga et Nicolas Robert ou de l’une des co-scénaristes, Julie-Anna Grignon) voire d’un easter egg savoureux avec la mention d’un avocat star du barreau nommé Théodore Hoffman du nom du personnage principal interprété par Daniel Benzali dans la géniale série de Steven Bochco, Murder One (1995).

Quant au quintette du cabinet, Naidra Ayadi, Barbara Probst, Théo Frilet, Christiane Millet et évidemment Daniel Njo Lobé les cartes semblent quelques peu redistribuées ou en tout cas brouillées. Daniel Njo Lobé toujours aussi charismatique nous semble laisser ses partenaires se hisser à sa hauteur  ce qu’ils parviennent toutes et tous à faire, lui se « contentant » d’être aussi bon qu’en saison 1 ce qui n’est déjà pas un mince exploit.. Naidra Ayadi propose un jeu encore plus nuancé à même de servir ses indéniables qualités, Barbara Probst et Théo Frilet ont beaucoup plus de matière à jouer et leur relation évolue de manière très intéressante, entre lutte des classes et attirance mutuelle qui monte crescendo. La géniale Christiane Millet est elle réellement stratosphérique dans cette seconde saison, la singularité et la fantaisie du personnage de Jeanne (et ses faux airs de Catherine Frot) donne lieu à quelques séquences formidables. Elle se rapproche en ça de personnages cultes des séries de David E. Kelley comme Denny Crane (Boston Justice), Douglas Brackman (La loi de Los Angeles) ou Douglas Wambaugh (Picket Fences).  Catherine Demaiffe et Wendy Nieto ont elles gagnées largement en épaisseur et ont plus de choses à défendre, tâche dont elles s’acquittent avec abnégation. L’excellent Guillaume Faure est également très bien avec des manières qui font penser à Vincent Cassel et dont on aime l’assurance et le vice que son personnage véhicule.

Malgré tous ces points très positifs, reste que malgré tout, on ne peut s’empêcher, non pas d’être déçus mais d’en vouloir encore plus, plus vite, plus fort, car on pressent le potentiel haut de gamme que Le Code possède en son sein à l’image de quelques coups de poker réjouissants qui font le sel de cette saison. Le Code est une série populaire qui est pour le moment dans des rails extrêmement solides mais dont on aimerait qu’en saison 3, elle s’affranchisse de certaines conventions pour aller tutoyer tout là haut les sommets, là où se trouvent les grandes séries que chérissent les créateurs de la série. Là alors Le Code deviendrait inoubliable.

Crédits : France 2 / MakingProd / LO Productions

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