Critiques Cinéma

WEST SIDE STORY (Critique)

SYNOPSIS: WEST SIDE STORY raconte l’histoire légendaire d’un amour naissant sur fond de rixes entre bandes rivales dans le New York de 1957. 

On a tout dit, tout écrit sur Steven Spielberg, notamment sur sa science du cinéma, son génie pour la mise en scène, son appétence pour la culture populaire et sa capacité à la restituer avec une patte qui n’appartient qu’à lui. Même si depuis quelques années il est de bon ton dans les milieux cinéphiles que les pro et les anti Spielberg s’affrontent avec virulence sur le déclin ou la majesté supposée du maître, il n’est pas un nouveau film du réalisateur des Dents de la Mer qui ne fasse pas l’évènement. Et pourtant quand on a appris qu’il se lançait dans un remake de West Side Story, la surprise et l’incompréhension furent de mise. Quel besoin avait-il de se frotter au mythique film de Robert Wise (même si le service de presse insiste pour préciser qu’il s’agit ici d’un remake du musical et non du film auquel s’est attelé le réalisateur)? Quel besoin de refaire ce qui a déjà été plébiscité et de s’attirer les fourches caudines de ceux qu’il ne rallie plus à sa cause? Si la question se pose encore pour chaque remake, bien que l’on ait désormais compris qu’Hollywood refera TOUT jusqu’à plus soif, elle se fait ici avec encore plus de force tant la hauteur du mythe auquel s’attaquait Spielberg était vertigineuse. Après avoir découvert sa relecture de cette oeuvre intemporelle et universelle, force est de constater que le réalisateur américain a embrassé le projet avec une foi et une fouge de jeune homme et qu’il nous donne à voir un énorme morceau de cinéma que ses détracteurs balayeront à nouveau d’un revers de la main quand ses supporters iront de leurs qualificatifs enthousiastes. Il ne s’agit pas ici de se mettre des œillères et de donner systématiquement un blanc-seing à un des maîtres du cinéma contemporain, mais juste de rendre compte que sa virtuosité et sa générosité nous a littéralement conquis une fois de plus.

Il ne faut pas s’excuser d’être enthousiaste lorsque l’on découvre une telle merveille. Le West Side Story de Steven Spielberg anoblit à nouveau le monument de comédie musicale signé Leonard Bernstein et Stephen Sondheim et en un claquement de doigts on est transportés dans ce quartier délabré où l’affrontement entre les Jets et les Sharks s’effectue dans un tourbillon où les deux gangs cherchent à s’octroyer quelques parcelles d’un territoire qui se sera bientôt évaporé. Si la décision d’ancrer le récit à la fin des années 50 surprend de prime abord, on la comprend bien vite tant ces luttes d’appropriation et le rejet des sans grade fait écho à notre actualité contemporaine. Le script signé Tony Kushner – que Spielberg retrouve après Munich et Lincoln– est un savant mélange de respect et de modernité, les parallèles entre notre époque (le racisme, la violence entre hommes et celles faites aux femmes, les combats sans fin des classes populaires pour s’extraire de leur condition…) et le passé sautant aux yeux mais sans jamais être trop appuyés. Le côté sombre du récit n’est pas édulcoré non plus et Spielberg assume une face grave qui ne rend jamais son travail simpliste, ni angélique. La fluidité de l’ensemble doit beaucoup aux numéros musicaux réellement enthousiasmants et qui bénéficient de chorégraphies démentes. Les idées de mise en scène foisonnent et laissent béat d’admiration, Spielberg n’usurpant pas sa réputation et conservant un œil et un talent réellement unique.

La photo signée Jasnusz Kaminki achève un réussite formelle indéniable et nimbe le film d’une gravité indélébile contrebalancée par moments par les couleurs chamarrées des costumes et les décors impressionnants combinés à une utilisation de la lumière renversante. Assez fou cet enthousiasme qui vous attrape pour ne plus vous lâcher et qui permet de constater que Spielberg a toujours cette magie au bout des doigts pour nous faire toucher du bout du cœur les trésors d’humanité qu’il déploie. Si il faut trouver un bémol à ce ballet vivifiant, on ira le chercher du côté du couple vedette Ansel Elgort – Rachel Zegler dont le jeu nous a semblé moins convaincant que celui de leurs partenaires. Plus fades, moins justes. Mais rien qui n’entame réellement notre plaisir d’autant que les belles surprises Ariana DeBose, David Alvarez ou Mike Faist rééquilibrent l’ensemble. Et Rita Moreno, rescapée du film original endosse un nouveau personnage, mentor de Tony, qui s’avère extrêmement émouvant. Au final, avec son West Side Story, Steven Spielberg ressuscite le Musical de Broadway et réinvente le cinéma de studio de l’âge d’or hollywoodien. Chorégraphies géniales, chansons étourdissantes, photographie éblouissante,on s’incline devant la maestria d’un film furieusement moderne.

 

Titre original: WEST SIDE STORY

Réalisé par: Steven Spielberg

Casting: Ansel Elgort, Rachel Zegler, Rita Moreno…

Genre: Romance, Musical, Drame

Sortie le: 08 Décembre 2021

Distribué par : The Walt Disney Company France

4,5 STARS TOP NIVEAU

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