Critiques Cinéma

SPIRALE – L’HERITAGE DE SAW (Critique)

SYNOPSIS: Travaillant dans l’ombre de son père (Samuel L. Jackson), une légende locale de la police, le lieutenant Ezekiel «Zeke» Banks (Chris Rock) et son nouveau partenaire (Max Minghella) enquêtent sur une série de meurtres macabres dont le mode opératoire rappelle étrangement celui d’un tueur en série qui sévissait jadis dans la ville. Pris au piège sans le savoir, Zeke se retrouve au centre d’un stratagème terrifiant dont le tueur tire les ficelles. 

L’existence de la saga Saw reste encore et toujours une curiosité absolue dans l’industrie cinématographique américaine. Lancée par le premier volet réalisé par James Wan (qui enchaînera les projets prolifiques et marquants avec Conjuring et Insidious notamment) qui prenait alors la forme d’un thriller noir et poisseux ressemblant étrangement à une fusion malsaine de Seven et de Cube, Saw a vite évolué en une saga mettant à l’honneur le sous-genre du Torture Porn devenu caractéristique de ces opus qui multiplient les morts mémorables par la mise en place de pièges toujours plus pervers. Et si leurs qualités sont extrêmement variables, la série commença à perdre son souffle jusqu’à une tentative de renaissance en 2017 signée des frères Spierig avec Jigsaw, sorte de relecture du mythe du Tueur au Puzzle qui, malgré son aspect plus sobre et assez efficace, ne parvenait pas suffisamment à se détacher de la saga de base pour être véritablement pertinent. Alors que l’on pensait Saw en fin de course pour le moment, l’arrivée impromptue du comédien Chris Rock a vite changé la donne. En 2019, il rentra en discussion avec les producteurs de la saga, leur proposant un pitch pour l’inauguration de ce qui se présente comme un nouveau chapitre. Cette re-renaissance, baptisée Spirale – L’Héritage de Saw, débarque alors sur nos écrans en 2021.



Dans ce nouvel opus, nous suivons le détective de police Zeke Banks, jeune flic zélé auquel on colle un partenaire dont il aurait bien voulu se passer. Ils sont alors mis sur une enquête particulièrement perturbante : un meurtre d’un policier qui paraît prémédité selon le mode opératoire de Jigsaw, pourtant mort depuis des années. La chasse au copycat est lancée, alors que celui-ci semble cibler ses victimes selon un schéma bien précis. Spirale, malgré son aspect de relance de l’historique de la saga, retrouve à sa mise en scène Darren Lynn Bousman, bien familier de l’univers Saw étant donné qu’il a également réalisé les opus les plus poisseux de la saga, à savoir les volets 2, 3 et 4. Et de cette façon, ce Spirale s’ouvre sur une scène familière, quand un homme est enlevé par une figure affublée d’un masque de cochon avant d’être attaché à un piège mortel lui laissant alors un dilemme. Un mode d’emploi bien connu tant il est la marque de fabrique de Saw, mettant en une scène les points sur les i : Spirale est un nouvel opus de la saga.



Dès lors, le long-métrage bascule sur son véritable point de vue, suivant le personnage de Zeke, des gens qui l’entourent et du commissariat de police tout entier. A travers ces enquêtes morbides et d’un tueur mystérieusement invisible qui semble avoir toujours un coup d’avance, Spirale trouve une grande inspiration chez Fincher, en piochant dans Seven le sens du thriller horrifique à la structure spiralée caractéristique – l’inéluctabilité et la fatalité de la forme donnant d’ailleurs toute la symbolique du titre de l’opus. En ça, Spirale se singularise par son aspect film noir proposant une sensation bienvenue d’inédit dans la saga qui s’était souvent montrée monotone entre ses quelques coups d’éclat. Mais tout finit malheureusement par s’effondrer à cause d’une écriture extrêmement maladroite, trahissant les installations du long-métrage et ne parvenant jamais à faire décoller ne serait-ce qu’un peu l’intrigue. Les pièges, même si parfois inventifs, se répètent et se ressemblent dans leurs méthodes, ne donnant que peu de chance aux victimes de s’en sortir. Dans les précédents volets, John « Jigsaw » Kramer cherchait à faire changer la façon de penser de ses victimes en leur laissant une porte de sortie. Dans Spirale, l’antagoniste se résume à un tueur en série psychotique prétendant baser ses méthodes sur le Tueur au Puzzle alors qu’il condamne à chaque fois ses pris au piège. Une nuance qui empêche tout suspense tant on sait constamment ce qu’il va arriver aux personnages, rendant les scènes de torture d’autant plus pénibles car superflues. Cela n’aurait pu être qu’une structure maladroitement amenée sans grande conséquence si son twist final (caractéristique sine qua non de chaque opus de la saga qui prenait plaisir à piéger autant son spectateur que ses personnages par des retournements de situation – celui du premier est même devenu culte) n’était pas aussi honteusement prévisible. On connaît les codes du whodunit, on en connaît les tenants et aboutissants et on en sait désormais les ficelles. Surprendre est devenu compliqué, c’est sûr, mais Spirale se montre particulièrement faible dans cet exercice, rendant le final complètement plat et assurément décevant.



Le casting ne brille jamais particulièrement, même si Chris Rock insuffle un début de vent frais derrière un cabotinage qu’on oublie assez vite. Malgré le plaisir qu’on a à le voir dans un tel genre, Samuel L. Jackson n’a pas grand-chose à donner dans la peau de ce personnage dont on ne sait pas suffisamment pour qu’il soit pertinent dans l’ensemble. On retrouve également au casting Max Minghella, Nazneen Contractor, Dan Petronijevic et Marisol Nichols dans des seconds rôles assez justes mais injustement creux. Prétendant apporter une relecture façon polar à la saga Saw, Spirale tourne finalement en rond dans une mécanique grinçante et inoffensive malgré ses côtés Seven rendant quelques scènes de tension très efficaces. Les quelques bonnes idées intelligemment mises en place sont alors vite desservies par un scénario en queue de poisson frustrant dans ses finalités et bougrement bancal rendant d’autant plus triste qu’il traite de sujets sérieux et intéressants sans jamais n’avoir quoi que ce soit à en dire. Saw a déjà connu pire par le passé, c’est certain, mais mérite assurément mieux qu’une renaissance imparfaite aux aspérités bien trop fines pour pouvoir vraiment développer quelque chose dans son propos. Le piège s’est refermé, et on a bien du mal à s’en libérer.

Titre Original: SPIRAL : FROM THE BOOK OF SAW

Réalisé par: Darren Lynn Bousman

Casting : Chris Rock, Max Minghella, Marisol Nichols

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 21 juillet 2021

Distribué par: Metropolitan FilmExport

PAS GÉNIAL

 

 

 

 

 

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s