Critiques Cinéma

MONSTER HUNTER (Critique)


SYNOPSIS: Notre monde en cache un autre, dominé par de puissants et dangereux monstres. Lorsque le Lieutenant Artemis et son unité d’élite traversent un portail qui les transporte dans cet univers parallèle, ils subissent le choc de leur vie. Au cours d’une tentative désespérée pour rentrer chez elle, l’intrépide lieutenant rencontre un chasseur mystérieux, qui a survécu dans ce monde hostile grâce à ses aptitudes uniques. Faisant face à de terrifiantes et incessantes attaques de monstres, ces guerriers vont devoir faire équipe pour se défendre et espérer trouver un moyen de retourner chez eux.

Il est peu dire que le cinéaste Paul W.S. Anderson est quelque peu déprécié par une grande majorité de la frange critique cinéma américaine autant qu’à l’international, pour ses films au sur-découpage abondant qui mettent le peu d’histoire présent au second plan derrière un bon paquet d’action non-stop. Le réalisateur du crossover Alien Vs. Predator et de l’adaptation en saga des jeux vidéos horrifiques Resident Evil revient pourtant cette année (bien que le film fût initialement prévu pour l’année dernière) pour une nouvelle adaptation vidéoludique d’un énorme mastodonte édité par Capcom à travers son Monster Hunter. Placé dans un univers aux paysages variés peuplé de monstres immenses, le joueur y incarne comme le laisse penser le titre un chasseur dont l’objectif est de combattre et de tuer ces créatures qui font office de boss. Un gameplay et un concept pas tellement cinématographique de base (la majeure partie des jeux consistant à explorer des lieux, à traquer et à tuer des monstres à la chaîne) donnant un bon nombre de possibilités en vue d’une transcription sur un format d’une heure quarante. Donc pour être tout à fait transparent, nous étions curieux de découvrir ce que nous réservait Anderson pour cette fois.



Monster Hunter (le film) suit une unité militaire américaine leadée par le capitaine Artemis (l’habituelle femme et muse du réalisateur britannique Milla Jovovich) qui se retrouve téléportée dans un monde désertique. Acculée par des assauts de gigantesques monstres, Artemis rencontre un natif de cette terre, un Chasseur, qui lui apprendra les rudiments de ce monde et de la chasse. Anderson fait le choix de baser ses protagonistes dans notre monde dans son introduction, méthode paresseuse mais pourtant efficace pour nous présenter l’univers monstrueux qui va nous être déroulé par la suite. Son scénario ne brille évidemment pas par son ingéniosité et son originalité, et nous offre des facilités et raccourcis inhérent à un blockbuster explosif et actioner comme l’est ce Monster Hunter. A la manière d’un Michael Bay, Paul W.S. Anderson tourne son film vers l’action avant tout, privilégiant ses effets spéciaux et le feu incandescent de ses épées plutôt que d’approfondir ses personnages, source de frustration pourtant habituelle d’une telle production, bien que la performance de Milla Jovovich réussisse à faire naître un semblant d’attachement et de charisme à cette protagoniste plongée dans ce monde aux aspérités rocailleuses. Si la mythologie de la saga de jeu vidéo ne sert que de base à cette toute nouvelle histoire (ce qui vaudra sans aucun doute l’ébullition de toute sa communauté de fans), celle-ci parvient à nous emmener de paysage en paysage, évitant ainsi la redondance de ses visuels et de ses scènes d’action. Ancrant ses premières scènes dans des déserts reprenant à de nombreux moments l’action empoudrée et sablonneuse de Fury Road (allant bien au-delà de la référence pour – notamment – la séquence de la tempête et des nuits américaines teintées de bleu), Monster Hunter nous emmène également dans des grottes rocailleuses et dans des jungles luxuriantes, profitant de décors imposants bien que très souvent vides. A n’y faire interagir que deux personnages (Artemis et le Chasseur) face à une poignée de monstres, tout l’univers du film manque cruellement d’ampleur, servant simplement d’introduction à une potentielle suite, voire même saga entière. Malgré tout, si l’on peut saluer un élément dans cette sobre et quelque peu détachée introduction à son monde monstrueux, c’est bien son action qui, même sur-découpée, est, grâce à ses effets visuels impressionnants et la plus que sympathique composition musicale de Paul Haslinger aux reflets aussi électriques que vidéoludiques, une succession de séquences prenantes et satisfaisantes offrant à son spectateur, depuis un an privé de salles et de grands spectacles par le décalage constant de ses blockbusters habituels, un produit jouissif et détonant à se mettre sous la dent. Monster Hunter ne réinvente jamais le genre en préférant piocher dans les dernières décennies d’action (Fury Road, Transformers, 300…), mais ne sombre jamais dans ce gloubi-boulga que beaucoup prédisait, en préférant rester sobre dans sa découverte.


Servi par son casting mené par Milla Jovovich, Monster Hunter aligne également dans ses rangs le comédien spécialisé en arts martiaux thaïlandais Tony Jaa pour camper ce Chasseur natif qui guide Artemis dans son monde. Suivent également un Ron Perlman en sous-régime affublé d’une bien étrange perruque, ainsi que le rappeur T.I., Diego Boneta, Meagan Good, Josh Helman et Jin Au-Yeung.


Déclinaison classique même si pas forcément dépourvue d’intérêt d’un cycle de blockbusters d’action ayant la main très légère sur le scénario au profit de son rythme et du déroulé de ses séquences de combat, Monster Hunter frustrera les fans de la saga de jeu vidéo en esquintant l’univers afin de poser des bases en vue de suites pour ne pas d’ores et déjà perdre le néophyte. Dans ce sens, il impose à son film une héroïne issue de notre monde, sorte de référentiel pour que le public suive l’aventure et la découverte en même temps qu’elle, tout en lui affublant un nom qui ne fait aucun doute sur la finalité de l’histoire (Artémis est la déesse grecque de la chasse). Même si l’ampleur manque pour donner aux décors et à l’histoire ce spectaculaire bienvenu chez ces œuvres de fantasy aux ambitions démesurées, Paul W.S. Anderson signe un divertissement agréablement généreux en chasse et en gros monstres. Ce n’est peut-être pas tout ce qu’on attend de la saga Monster « Chasseurs de Monstres » Hunter, mais on s’en contentera pour le moment.

Titre Original: MONSTER HUNTER

Réalisé par: Paul W.S. Anderson

Casting : Milla Jovovich, Tony Jaa, T.I. …

Genre: Action, Aventure, Fantastique

Sortie le: 14 avril 2021 en EST et le 28 avril en DVD, Blu-Ray, 4K UHD et VOD

Distribué par: Sony Pictures Home Entertainement France

BIEN

 

 

 

 

 

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