Critiques Cinéma

MAMAN, J’AI RATE L’AVION (Critique)

SYNOPSIS: La famille McCallister a decidé de passer les fêtes de Noel à Paris. Seulement Kate et Peter McCallister s’aperçoivent dans l’avion qu’il leur manque le plus jeune de leurs enfants, Kevin, âgé de 9 ans. D’abord désespéré, Kevin reprend vite les choses en main et s’organise pour vivre le mieux possible. Quand deux cambrioleurs choisissent sa maison pour commettre leurs méfaits. 

Il y a un moment de l’année – quand le beau sapin n’est plus roi des forêts parce qu’il trône dans nos salons et quand Santa prépare des jouets made in China par milliers – où une envie irrépressible s’empare de quantités de personnes nostalgiques de leur enfance dans les années 1980-90. Non pas l’envie de regarder les téléfilms de Noël de TF1 tous les après-midis (quoique), mais bien celle de revoir une nouvelle fois Kevin McCallister (Macaulay Culkin) mettre la pâtée aux « casseurs flotteurs » dans Maman, j’ai raté l’avion (Home Alone en VO). Alors que le film de Chris Columbus est la comédie familiale la plus rentable du cinéma, qu’il est revu chaque année aux quatre coins de la planète et qu’il fait aujourd’hui partie des références pop culture incontournables, rien ne le prédestinait à un tel succès. Avant de devenir un classique des films de Noël, si ce n’est LE film de Noël par excellence pour nombre d’entre nous, le tournage s’est avéré plutôt chaotique. Cette histoire mettant en scène un gamin de 9 ans, livré à lui-même pendant les vacances de Noël car ses parents l’ont oublié et qui se retrouve à défendre sa maison face à deux cambrioleurs, aurait pu ne jamais voir le jour. Comme le raconte le documentaire The Movies That Made Us de Netflix, Home Alone a connu galère sur galère : la Warner a refusé de financer le film la veille du tournage ; l’interprète initialement prévu pour le rôle du cambrioleur Marv a fichu le camp car l’alchimie n’opérait pas avec l’autre voleur interprété par Joe Pesci ; ce dernier a eu bien du mal à ne pas ponctuer chacune de ses répliques de mots fleuris inappropriés pour un film destiné aux enfants ; la vraie neige, indispensable pour certaines scènes, a failli ne jamais tomber… Bref, ça sentait le sapin (et le jeu de mot pourri, c’est cadeau).



Mais c’est sous-estimer le miracle de Noël ! Si Kevin a finalement pu rater l’avion et qu’il l’a fait avec succès auprès du public (plus de 17 millions de dollars de recette dès le week-end de sa sortie, remboursant ainsi son coût de production), c’est grâce à plusieurs ingrédients magiques. Tout d’abord, question money, money, money, la 20th Century Fox a eu du flair et a accepté de financer le film in extremis. Ensuite, il n’y a qu’à regarder du côté du scénario : John Hughes, membre du Brat Pack et roi du teen movie des années 1980 à qui l’on doit, entre autres, Breakfast Club ou La folle journée de Ferris Bueller, signe une comédie à la mécanique parfaitement huilée, remplie de gags cartoonesques à faire (sadiquement) mourir de rire petits et grands. Pour la réaliser, il confie son script à Chris Columbus, qui ne compte alors que deux longs métrages à son actif en tant que metteur en scène, mais qui se cache derrière les scénarios de plusieurs films cultes des eighties dont Les Goonies et Gremlins. Il ne le sait pas encore, mais Home Alone va lui permettre de devenir une référence en matière de films familiaux (Madame Doubtfire, les deux premiers volets d’Harry Potter…). Grâce à des cadrages à hauteur d’enfant, il place le spectateur dans la peau de Kevin pour une authentification décuplée. C’est également lui qui veille à insuffler l’esprit de Noël dans chaque détail du film : de l’intérieur de la maison de Kevin décorée pour les fêtes (elle a été entièrement construite dans un hangar de lycée près de Chicago) à la scène de l’église sur fond de O Holy Night. Du côté de la musique justement, un autre atout est dégainé : John Williams, tombé sous le charme du script, accepte de composer la bande originale au pied levé. Mêlant chansons de Noël et thème original, il décroche deux nominations aux Oscars de 1990, dont celle de la Chanson Originale pour l’inoubliable Somewhere in My Memory.



Enfin, Home Alone ne serait rien sans ses trois comédiens principaux. Joe Pesci, à contre-emploi (Raging Bull, Les Affranchis…), et Daniel Stern, désormais célèbre pour ses pieds nus (aïe), composent un duo de cambrioleurs granguignolesques qui fonctionne à merveille, entre bêtise et méchanceté. Bien sûr, Macauley Culkin vient compléter le tableau avec sa gueule d’ange malicieuse. C’est pour lui que John Hughes a écrit le script. Le rôle de Kevin, ce petit morveux à la répartie de dingue et aux mimiques de cartoon, lui colle à la peau. Un peu trop peut-être, quand on sait que Home Alone va le propulser aux rangs des enfants stars les mieux payés d’Hollywood qui sombrent ensuite dans la drogue et autres addictions… Quoiqu’il en soit, Macauley Culkin reste une icône des nineties, dont la bouille intemporelle qui crie devant un miroir après avoir mis de l’après-rasage fait partie de la nostalgie collective. Il possède ce pouvoir d’authentification qui pousse à suivre ses aventures de façon jubilatoire (et vicieuse, on vous l’accorde, au regard des rires déclenchés par la violence ridicule infligée aux cambrioleurs).



À y regarder de plus près, Maman, j’ai raté l’avion n’est pas un film parfait. Il comporte des incohérences comme une fameuse histoire de passeports pas très claire. Il est souvent dans l’excès et n’échappe pas à certains clichés et bons sentiments. On peut parfois se demander, avec notre regard d’adulte, si Macauley joue mal ou s’il est mal dirigé. Pourtant, on aura beau chercher la petite bête, cette comédie populaire sans prétention remplit parfaitement sa mission : elle réveille l’âme des enfants d’hier, elle fait rire aux éclats les enfants d’aujourd’hui, et elle continuera probablement à émerveiller les enfants de demain. Le tout agrémenté d’un peu de magie de Noël à partager en famille, ce qui, par les temps qui courent, devrait être toujours bon à prendre.

Titre original: HOME ALONE

Réalisé par: Chris Columbus

Casting: Macaulay Culkin, Catherine O’Hara, Joe Pesci …

Genre: Comédie, Aventure

Sortie le: 19 décembre 1990

Distribué par : –

EXCELLENT

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