Critiques

GANGS OF LONDON (Critique Saison 1) Difficile de bouder son plaisir…

SYNOPSIS: Depuis 20 ans, Finn Wallace est le chef le plus puissant du crime organisé, faisant transiter des milliards de livres chaque année. Lorsqu’il est assassiné, son fils Sean Wallace est tout désigné pour prendre la relève, avec le soutien du clan Dumani. Ce passage de relais a d’importantes répercussions à l’échelle internationale. Entouré de nombreux rivaux, le jeune leader impulsif trouvera-t-il un précieux allié en la personne d’Elliot Finch, lequel porte un intérêt tout particulier à la famille Wallace ? Porté par sa destinée, Sean découvre les rouages internes de la plus grande organisation criminelle de Londres. 

Le réalisateur de The Raid 1 et 2, Gareth Evans, a convié ses amis Corin Hardy et Xavier Gens afin de mettre en musique une série à la fois de genre et de gangsters dans un Londres aux mains de puissants cartels. Avant tout propos, notons une constante dans les 9 épisodes qu’il nous ait été proposé de voir, c’est l’ultra-violence qui parcoure ce récit. Pour les âmes sensibles, il faudra passer son chemin tellement chaque épisode est parsemé de corps en charpie ou de scènes de tortures. Comme nous l’a indiqué le réalisateur français qui a participé à l’écriture et à la réalisation de trois épisodes, aucune limite n’a été fixée par la production. Gangs of London reprend une structure assez classique du film de mafieux : le grand ponte, Finn Wallace (Colm Meaney), est assassiné par deux simples voyous alors qu’il se rendait à un mystérieux rendez-vous. Le fils, Sean, doit désormais reprendre les affaires de papa tout en débusquant les meurtriers. Malheureusement, tout ne va pas se passer aussi bien que prévu. Entre des mafias étrangères prêtes à sauter sur l’occasion pour prendre sa place, une famille toxique et un flic infiltré, le jeune garçon va devoir redoubler d’ingéniosité pour se sortir de ce mauvais pas et ainsi s’éloigner du fantôme de son père.

Le monde a évolué depuis Le Parrain, la fiction se met à la page. Alors que la mafia italienne règle ses comptes à New-York, la mafia anglaise est en affaires avec des kurdes, des albanais, des pakistanais….. Londres est donc au cœur de la mondialisation du crime et chaque mafia étend son empire à travers le monde. La série veut également évoquer l’actualité à travers le personnage du candidat à la mairie fraichement élu de Londres issu du Moyen-Orient. Une fois le décor installé et les enjeux intégrés, Evans et ses comparses vont se lancer à cœur joie dans ce qui sera un règlement de compte sanglant où des hommes sans foi ni loi sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Ici, aucun humour à l’horizon, aucune rédemption, aucun salut. Les os cassent, les armes défouraillent, les machettes tranchent les membres sans aucune hésitation. Tout est une question d’honneur dans un monde sale, testostéroné et lugubre. Les complots et trahisons sont légions et se règlent non pas autour d’une table mais dans un bain de sang, comme si Evans ne croyait plus au pouvoir de la parole et des mots. La réflexion inhérente à l’homme n’a plus lieu d’être dans cet enfer à ciel ouvert qu’est devenu Londres.

Les réalisateurs nous gratifient à chaque épisode d’un grand morceau de bravoure où les morts se comptent par dizaine, où la violence surgit sans prévenir. Mais surtout, la scène est étirée et, quand on apprécie le travail d’Evans sur The Raid, on jubile de voir ces scènes de combat ou de fusillade magnifiquement chorégraphiés. On pourrait parfois craindre le trop plein et la caricature mais comme la série a une ligne claire et bien définie et joue la carte du plaisir gore, cela reste toujours très cohérent et, comme la mise en scène est à l’avenant et toujours très lisible, le bonheur est décuplé. On imagine aisément les compères se gargariser des scènes de fusillades où les balles pleuvent sur les corps sans interruption.

C’est à partir de l’épisode 5 que la série ralentit un peu le rythme pour poser clairement les enjeux narratifs des personnages. Sean (Joe Cole, ultra nerveux et charismatique) doit désormais gérer les affaires familiales mais également sa famille qui sort de son rôle traditionnel. Le frère camé jusqu’à la moelle cherche lui aussi à trouver l’assassin de son père et la mère (Michelle Fairley, Lady Stark de GOT), jusqu’ici femme de gangster dévouée, s’immisce dans les conflits que doit gérer Sean. Comme si cela ne suffisait pas, le jeune héritier doit aussi travailler avec la famille Dumani qui co-gérait les affaires mafieuses avec Finn. Cette dernière est une seconde famille pour Sean, le garçon considérant le fils Dumani comme son propre frère. Sauf que dans ce monde, tous les coups sont permis. La famille a toujours été au cœur du film/de la série mafieuse (Les Sopranos) ; Gangs of London ne faillit pas à la règle et de ce côté, on ne peut pas dire qu’on soit très surpris des enjeux. L’intérêt est ailleurs.

Il est dans le fait de se trouver entre les mains de réalisateurs passionnés par le genre qui prennent un univers ultra-codifié (rajoutons le flic infiltré dans le clan Wallace qui tombe amoureux de la fille Dumani) pour y accoler leurs propres fantasmes et qui jouissent d’une grande liberté pour le faire. Difficile de bouder notre plaisir même il faut le répéter l’univers qui y est dépeint est d’une noirceur totale. Pour finir, un mot sur le cast qui est à l’avenant de la série, chacun jouant son méprisable rôle à la perfection. La série mériterait donc un passage sur les écrans français.

Crédits: StarzPlay

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