Critiques Cinéma

BREAKFAST CLUB (Critique)

SYNOPSIS: Cinq lycéens aux caractères totalement opposés se retrouvent en colle un samedi après-midi. Au fur et à mesure que la journée passe, ils discutent, se déchirent et finissent par se trouver plus de points communs qu’ils ne pensaient. 

Surnommé le pape du teen movie, John Hughes a écrit et réalisé plusieurs films célèbres mettant en scène des adolescents en train de devenir adultes, les deux plus connus étant La folle journée de Ferris Bueller (1986) et The Breakfast Club (1985). Celui-ci va avoir un impact transgénérationnel dès sa sortie, à raison. En effet, c’est l’un des plus beaux films sur cet âge fragile et formateur qu’est l’adolescence : ses joies et ses peines, son mal être, son questionnement identitaire, comment grandir, devenir adulte, trouver sa place dans l’école et a fortiori dans la société. Le film aborde aussi les préjugés que l’on peut avoir envers les autres basés sur les apparences et nos différences. Le long-métrage se passe pendant une retenue dans une école avec cinq élèves au cours d’une journée. Ce huis-clos reprend la règle des trois unités du théâtre : unité de temps (la journée du samedi 24 mars 1984), de lieu (l’école et plus particulièrement la salle de colle) et d’action (la retenue). Le film resserre les tensions tout en arrivant à développer suffisamment ses personnages. Car, au premier abord, ils sont tous des caricatures, soit un « délinquant » (« the Criminal »), une « fille à papa » (« the Princess »), un « surdoué » (« the Brain »), un « athlète » (« the Athlete »), et une « détraquée » (« the Basket case »). Mais le film travaille ces stéréotypes en les déconstruisant petit à petit. En effet, plus ils vont apprendre à se connaître, plus les masques vont tomber et ils vont finir par nouer des liens d’amitié. Cela passe notamment par de joyeux moments de danse communicatifs. La mise en scène participe au rapprochement progressif des personnages : les isolant dans le cadre dans des moments de tension alors qu’ils sont en groupe, ou au contraire dans des moments de camaraderie en utilisant des plans larges où ils sont tous présents, avec des rapprochements en gros plans sur les visages lors de moments plus émouvants. Le long-métrage permet à ses personnages de révéler et de réaliser qu’on a toutes et tous les mêmes angoisses, les mêmes peurs, les mêmes traumas, les mêmes rêves, bref qu’on est tous différents mais surtout tous pareils. Un bon rappel par les temps qui courent. Seul on est rien, mais à plusieurs et en s’acceptant et s’unissant, on peut tout affronter : les parents, l’autorité, le passage à l’âge adulte… Pourtant, avec le recul qu’a notre œil de spectateur contemporain, on est cependant un peu mitigé au sujet de la transformation physique du personnage d’Allison (comparable à celle des personnages féminins principaux de Grease et Elle est trop bien), comme s’il fallait changer son apparence afin d’être accepté, alors que le message du film est bien de rester soi-même et d’accepter les autres. Il n’empêche, à la fin du film et de ses 1h37, nous sommes comme ces cinq personnages : plus tout à fait les mêmes, et c’est tout le mérite de ce beau film qu’on vous recommande fortement.



Le long-métrage a rendu célèbre ses cinq acteurs, qui font partie du « Brat Pack », le surnom donné à un groupe de jeunes acteurs ayant joué dans des films sur l’adolescence dans les années 80. Les cinq acteurs de The Breakfast Club sont considérés comme les membres phares avec Demi Moore, Rob Lowe et Andrew McCarthy. Molly Ringwald (Claire, la fille à papa) a en effet joué dans d’autres films du réalisateur-scénariste comme Seize bougies pour Sam (Sixteen Candles) (1984) et Rose bonbon (Pretty in Pink) (1986), deux autres films célèbres de John Hughes et on la connait maintenant pour le film Netflix The Kissing Booth (2018) et ses suites, ainsi que pour la série Riverdale. Emilio Estevez (Andy, l’athlète), fils de Martin Sheen, incarnera ensuite Billy the Kid dans Young Guns (1988) et Young Guns II (1990), puis passera plus tard derrière la caméra avec succès avec les réussites Bobby (2006) et The Way (2010). Judd Nelson (John Bender, le délinquant) est plus tard lié à l’univers Transformers en doublant des voix pour les dessins animés, tout en continuant de tourner au cinéma et à la télévision. Anthony Michael Hall (Brian, le surdoué) a également été dans Seize bougies pour Sam (Sixteen Candles, 1984) et le teen-movie Une créature de rêve (Weird Science) (1985) avant de jouer dans le célèbre Edward aux mains d’argent (1990). Il continue sa carrière au cinéma et à la télévision et sera plus tard le héros de l’adaptation en série du roman de Stephen King Dead Zone (2002-2007) (déjà adapté au cinéma par David Cronenberg en 1983) et fera même une apparition dans The Dark Knight (2008) ! Ally Sheedy (Allison, la détraquée) continue de tourner notamment pour la télévision (la série Psych) et le cinéma indépendant, avec notamment le film High Art (1998), qui lui vaudra plusieurs récompenses. Emilio Estevez, Judd Nelson et Ally Sheedy jouent également ensemble la même année que The Breakfast Club dans le film de groupe St. Elmo’s Fire de Joel Schumacher, preuve de la volonté de former un vrai groupe d’acteurs.



Outre l’affiche iconique reprise et parodiée depuis, ce film culte continue de traverser les générations (35 ans en 2020 !) et l’on perçoit toujours son influence et son impact sur le cinéma, américain notamment. On pense en particulier à la très bonne comédie horrifique Detention (2011) avec Josh Hutcherson (sorti directement en vidéo chez nous) et surtout à l’excellent premier volet de la saga Pitch Perfect (2012) dans lequel le film et le morceau Don’t you forget about me sont d’une grande importance. Alors on vous encourage fortement à voir et revoir The Breakfast Club, et comme la magnifique chanson de Simple Minds, Don’t you forget about me le demande, on est sûr que vous ne l’oublierez pas !

Titre Original: THE BREAKFAST CLUB

Réalisé par: John Hughes

Casting : Emilio Estevez, Anthony Michael Hall, Paul Gleason …

Genre: Comédie dramatique
 
Sortie le: 11 septembre 1985
 
Distribué par: Universal Pictures France (UPF) 
 
TOP NIVEAU

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s