Critiques

CLAIRE ANDRIEUX (Critique Fiction Unitaire) Un téléfilm beau, juste et touchant…

SYNOPSIS: Claire Andrieux, la petite quarantaine, est aimée pour sa bonne humeur et sa fantaisie. Célibataire assumée et apparemment épanouie, sa rencontre avec Bruno va bouleverser son quotidien et révéler un terrible secret. 

Diffusé ce vendredi 9 octobre sur Arte (et déjà disponible sur arte.tv), Claire Andrieux, qui porte le prénom et le nom de son personnage principal, est un programme qui nous a agréablement surpris tant son identité mute au fil du visionnage, pour finalement déboucher sur quelque chose de bien plus profond que ce qu’il semblait annoncer initialement de par son seul côté singulier. Afin de contextualiser un peu les choses, précisons que Claire Andrieux (Jeanne Rosa) est un personnage issu du film Les Châteaux de sable du même réalisateur (Olivier Jahan) dans lequel ledit personnage n’était toutefois pas au premier plan : nul besoin donc d’avoir vu Les Châteaux de sable pour savourer le téléfilm Claire Andrieux. C’est d’ailleurs via cette nouvelle histoire que le spectateur va réellement découvrir Claire et ce qui se cache sous la façade un peu loufoque de cette femme indépendante.

Encore une fois, si le téléfilm est particulièrement intéressant, au-delà de ses qualités intrinsèques, c’est qu’il nous emmène sur des sentiers qu’il n’annonce pas du tout : Claire Andrieux, la quarantaine, célibataire, est une femme assez perchée et fantaisiste. Habillée de façon colorée elle travaille dans une agence immobilière, canalisant son caractère fantasque du mieux qu’elle peut pour cacher à son employé Gwendal (Michel Vuillermoz) qu’elle ne le supporte pas, le drame étant sûrement qu’après avoir réussi à éviter durant quelques années tout contact physique avec lui, elle ne soit dorénavant contrainte de lui faire la bise chaque matin. Dans le cadre de ses fonctions elle fait la rencontre de Bruno (Thomas VDB) qui recherche une maison pour un tournage. Posé de cette façon sur le papier, le postulat n’annonce rien de particulièrement déroutant ou original, la voix off de Thomas VDB nous présentant par ailleurs dès le début du téléfilm un univers et un personnage principal un poil barrés mais sans aller non plus jusqu’à s’engager si loin que ça dans cette voie.

Puis le téléfilm éclot soudainement lorsqu’il aborde de façon aussi abrupte que surprenante (à la manière de son personnage principal qui demeure finalement le vecteur du ton du téléfilm, même si la voix de Thomas VDB arrondi les angles en injectant un peu plus de tendresse) un sujet enrobé de noirceur. Ce n’est d’ailleurs pas tant le sujet en lui-même qui est étonnant (même s’il tranche radicalement avec le ton humoristique et décalé du début) mais bien comment il impacte Claire Andrieux qui gère ses émotions à sa façon, bien cachée derrière la carapace qu’elle s’est forgée. Jeanne Rosa joue une Claire parfois fantaisiste, souvent brut de décoffrage, qui aborde ainsi les sujets les plus tristes et les plus glauques comme elle aborderait la planification d’un apéro dînatoire entre deux conversations téléphoniques : sans concession et avec l’effet d’une balle de revolver. Claire n’est pas seulement indépendante, elle est surtout seule, rongée par son mal-être. Si Bruno va débarquer dans sa vie pour essayer de l’aider, ce ne sera pas sans heurt ni incompréhension, mais cela sera l’occasion de donner à Claire une sorte de garde-fou puisque Bruno semble quant à lui avoir réussi à maîtriser ses propres démons. C’est aussi surtout l’opportunité pour nous téléspectateurs, d’observer Thomas VDB dans un rôle différent de ceux plutôt délurés où nous avons l’habitude de le croiser.

En résulte un téléfilm beau, juste et touchant. Nous nous sommes d’ailleurs dit à plusieurs reprises que Claire Andrieux aurait fait une bonne mini-série de trois ou quatre épisodes, les personnages (principaux et secondaires), l’univers dans lequel ils évoluent, ainsi que les démons qui entourent la reconstruction de Claire, ayant suffisamment de forme et de fond pour la justifier. A ne pas louper.

Crédits: Arte

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