Critiques Cinéma

LES JOUEUSES #PASLAPOURDANSER (Critique)

SYNOPSIS: L’équipe féminine de L’Olympique Lyonnais s’est imposée au fil des années comme une des meilleures équipes de football au monde. D’entraînements en compétitions, de doutes en victoires, ce film plonge pour la première fois au coeur du quotidien de ces joueuses d’exception. Une invitation à porter un nouveau regard sur la place faite aux femmes dans le sport : un univers où les valeurs de respect et d’ouverture seront les piliers de l’évolution vers l’égalité. 

Pendant que leurs camarades masculins échouent à quelques marches du podium de remporter une Ligue des Champions, l’équipe de football féminine de l’Olympique Lyonnais, elle, rayonne depuis près d’une décennie sur le football féminin européen et international. Un palmarès impressionnant encore agrémenté d’une septième victoire en Ligue des Champions, un exploit retentissant mais qui peine, même en France, à faire la Une des journaux sportifs. Triste ironie, alors même que l’Hexagone porte, sans que le grand public ne le sache, des équipes féminines fortes, intéressantes, et qui mériteraient un meilleur éclairage. Cela tombe à pic, alors, que de découvrir le documentaire Les Joueuses #PasLàPourDanser de Stéphanie Gillard, qui revient dans l’intimité des joueuses de l’OL le temps des derniers mois de la saison 2018/2019, où elles ont remporté 3 trophées : championnat national, coupe de France et Ligue des Champions. De quoi laisser songeur et admiratifs.



Débutant sur la fameuse cérémonie des Ballons d’Or 2018 où la joueuse Ada Hegerberg avait reçu le premier Ballon d’Or récompensant la meilleure joueuse de l’année, avant de se voir demander si elle savait twerker (no comment), le documentaire retrace l’intimité des joueuses, leurs combats sportifs comme humains et féministes. Stéphanie Gillard ne se cache pas absolument pas d’avoir voulu donner un angle par moments militant au documentaire, et il est bien normal de se questionner sur les écarts de salaire entre hommes et femmes du même secteur, ou encore sur leur manque de moyens. Il est bon de rappeler que sans l’appui de Jean-Michel Aulas, l’équipe telle qu’on la connaît aujourd’hui n’aurait jamais pu avoir ses infrastructures, et ses moyens titanesques. Une époque pleine de galères dont certaines joueuses interrogées se souviennent et qui fait relativiser bien des choses. Au-delà des coulisses dans les vestiaires et sur les terrains d’entraînement, le documentaire filme aussi quelques matchs de l’équipe, appuyant davantage sur l’aspect sonore que visuel. Le doc atteint ses limites (pour autant compréhensibles et excusables) sur la mise en scène et le montage des séquences sportives. C’est donc du côté du son, des bruits captés et privilégiés au montage sonore, que l’on se tournera. L’inspiration de Gillard étant le Zidane, un portrait du 21ème siècle qui était une réussite à ce niveau-là, inutile de dire que l’immersion est réussie. On aura en revanche quelques réserves sur les matchs évoqués dans la dernière demi-heure : passer d’une captation intense à un écran noir indiquant le score, en raison des droits télé devenus trop chers notamment pour la Ligue des Champions, c’est dommage voire frustrant d’être privés d’une partie des images même si l’on devine bien que ce n’est pas volontaire.


Cela étant, le documentaire vaut tout de même le déplacement. Ne serait-ce que pour les personnalités attachantes des joueuses que l’on découvre, au-delà des plus connues comme Wendie Renard, Ada Hegerberg, ou encore Eugénie le Sommer. Il est très touchant de les voir toutes protectrices des plus jeunes joueuses destinées à les remplacer et à les coacher pour les aider à combattre leurs doutes et hésitations. Une dimension presque maternelle qui renforce la cohésion d’une équipe sans pareille et qui aura réussi à se renouveler avec la crème de la crème du football féminin international. En conclusion, si l’aspect sportif peut décevoir, Les Joueuses reste tout de même une belle galerie de portraits de femmes qui luttent autant sur le terrain qu’en dehors pour obtenir le respect et la validation qu’elles méritent. Le travail de Stéphanie Gillard, on l’espère, pourra ouvrir la voie à d’autres documentaires de ce genre, afin de réhabiliter même au cinéma la place de sportives qui ont un long chemin à parcourir à côté de leurs confrères masculins.

Titre Original: LES JOUEUSES #PASLAPOURDANSER

Réalisé par:  Stéphanie Gillard

Casting : Ada Hegerberg, Wendie Renard, Eugénie Le Sommer …

Genre: Documentaire, Sport event

Sortie le: 9 Septembre 2020

Distribué par: Rouge Distribution

BIEN

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s