Critiques

THE BOYS SAISON 2 (Critique Épisodes 2×01 – 2×03) Un ennui poli …

SYNOPSIS: Encore plus intense et déjantée, cette saison 2 voit nos Boys chassés par les Super-héros, essayant désespérément de se regrouper et de se battre contre Vought. Contraints à la clandestinité, Hughie (Jack Quaid), La Crème (Laz Alonso), Frenchie (Tomer Capon) et Kimiko (Karen Fukuhara) essaient tant bien que mal de s’adapter à cette vie de cavale, Billy Butcher (Karl Urban) restant pour sa part introuvable. En parallèle, Starlight (Erin Moriarty) peine à trouver sa place parmi les Sept, tandis que le Protecteur (Antony Starr) s’efforce de prendre le contrôle total de la situation. Ses ambitions sont contrariées par l’arrivée de Stormfront (Aya Cash), une nouvelle super-héroïne experte en réseaux sociaux et prête à tout pour arriver à ses desseins. Pour pimenter le tout, la menace des Super-méchants domine l’actualité et fait des vagues tandis que Vought essaie de capitaliser sur la paranoïa qui s’empare du pays.

Sortie l’été dernier, la première saison de The Boys est vite devenue un phénomène culturel dont Prime Video avait bien besoin. Satire du genre super-héroïque remplie d’hémoglobine, de « fuck » à tout bout de champ et d’un mauvais esprit salvateur, l’adaptation par Seth Rogen et Eric Kripke du comics éponyme avait réussi malgré quelques libertés à retranscrire les débuts du long run de l’auteur Garth Ennis, accompagné au dessin par Darrick Robertson. Si la saison 2 était déjà en tournage au moment de la sortie de la saison 1, preuve de la confiance de Prime Video envers la série, l’impact de celle-ci se sera aussi ressenti sur les ventes de la BD, qui se sont retrouvées en rupture de stock dans les librairies spécialisées. Preuve qu’une bonne adaptation donne aussi envie de lire le matériau originel…

Mais en commençant cette saison 2, il y a fort à parier que les nouveaux comme anciens lecteurs de The Boys se retrouveront face à de sacrées surprises, tant la série affirme décidément d’immenses libertés avec le récit original. Cela n’est pas tant un reproche, étant donné que l’esprit mal élevé de la première saison est toujours là. Morts gores et gros mots, politiquement incorrect et satire des derniers films de super-héros en date sont toujours présents. Mais la mixture prend moins, cette fois, l’effet de surprise ayant disparu.

Et c’est là que le bât blesse. En tentant la surenchère de sang (notamment avec cette pauvre baleine transpercée par un bateau), de gros mots et de twists, The Boys verse dans l’ennui poli. Car si l’intrigue de Vault, et des Seven, reste pertinente et celle qui a le plus de choses à dire, la partie Boys elle, vire dans la mollesse totale, à peine sauvée par un Hughie déterminé à bousculer les choses avec l’appui secret de Starlight. En résulte un déséquilibre entre les deux camps fort déplaisant, et que même la présence charismatique de Billy Butcher ne saurait compenser, le personnage étant devenu en ce début de saison (NDLR : 3 épisodes nous ont été montrés) étrangement fade et transparent.

Il faut alors revenir chez Vault pour avoir de quoi se mettre sous la dent. Homelander reste fidèle à sa nature de figure terrifiante, et le moins que l’on puisse dire c’est que son enfant ne le pousse pas forcément à devenir une meilleure personne. Maeve hérite d’une storyline de deux lignes, BlackNoir reste fidèle à lui-même… Il faut également compenser avec les tourments de The Deep, devenu une mascotte humoristique qui ferait presque oublier les agressions sexuelles qu’il a commises en saison 1. Un vrai problème.

Le salut, il vient alors de Stormfront, nouveauté éclatante jouée par Aya Cash. Stormfront est à la base le fruit d’une expérience, mais le personnage était dans le comics un homme nazi, très violent et brutal. La série donne pour le moment un indice sur les idéologies de la version gender-switchée via un aigle placé à sa ceinture ainsi que des remarques racistes, tout est là pour montrer une montée en puissance qui pourrait s’avérer dangereuse mais intéressante à regarder.

Mais il faut bien l’avouer c’est de Stormfront et uniquement d’elle que vient le vent de fraîcheur que ce début de saison 2 de The Boys n’arrive pas à faire revenir. Mise en scène sans grandes idées, photographie de plus en plus à l’abandon, la série semble préférer le choc au vrai traitement de fond des sujets qu’elle aborde. Et si l’idée de voir le plan 100% féminin d‘Avengers Endgame être moqué pour son opportunisme est prévisible, il devient agaçant de voir que ces sujets-là sont majoritairement abordés par une équipe créative masculine (au scénario comme à la mise en scène et à la production). A partir du moment où on pointe l’hypocrisie d’une situation, la moindre des choses serait de ne pas reproduire ces erreurs voire même de faire pire. Et à ce jeu-là, les femmes comme les minorités représentées dans The Boys continuent d’en être les grandes perdantes.

Crédits: Amazon Prive Video France

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